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N°6 - avril 2006

Dans la vie il y a deux catégories d'individus: ceux qui regardent le monde tel qu'il est et se demandent pourquoi, et ceux qui imaginent le monde tel qu'il devrait être et se disent: pourquoi pas?
(George-Bernard Shaw)


 

Après la culpabilité concernant les retraites, celle de la sécurité sociale, voici le dernier: depuis quelques temps vous aurez remarqué qu’il y a une nette volonté de sensibiliser l’opinion sur la dette publique et les dépenses des États, comme si cet héritage du passé était la cause de l’asphyxie dont souffrent les finances publiques. L’opinion, autrement dit nous, semble ne pas trop s’émouvoir, tant que cela ne se traduit pas par un alourdissement de l’impôt, et parce qu’elle ne se sent pas directement concernée.

Vous aurez remarqué aussi que ce sont souvent les canulars les plus gros qui passent. Or, la « pensée unique » qui règne sur le sujet pourrait relever d’un énorme canular et prêter à rire, si elle n’était pas responsable des problèmes les plus graves auxquels se heurte le monde d’aujourd’hui.

Si vous avez la curiosité de lire la page http://tiki.societal.org/tiki-index.php?page=DettePublique , vous prendrez conscience de l’énormité de la couleuvre que l’on nous fait gober et, comme moi, vous aurez peut être envie de faire circuler une « autre pensée » plus porteuse de sens et de bien-être. Cette autre pensée est portée consciemment par une minorité de gens à ce jour, mais je sais que beaucoup de personnes non encore averties y sont sensibles et que si l’on donne à cette pensée la chance d’émerger, bien des choses sur cette terre pourront changer pour le plus grand bien de tous. Alors si cette lettre a du sens pour vous, reprenez la, diffusez-la sans modération par tous les moyens à votre disposition.

Philippe Derudder

 


"Qui sommes nous ?"

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Sociétalement

A-J Holbecq et le Mouvement Sociétal


 

Monnaie rare en Famineland.

Fable:

Monnaie rare en Famineland.

En ce temps-là, nos vaisseaux abordèrent une planète inconnue qui semblait luxuriante, voire paradisiaque, une véritable oasis de fertilité dans l'immensité glacée du ciel.

Pourtant, nous y rencontrâmes surtout des autochtones aux mines ascétiques, voire faméliques. Ils nous apprirent qu'il y avait là fort peu à manger pour beaucoup des habitants, mais tant et plus pour quelques uns seulement. Imaginez donc notre étonnement d'y trouver de grandes étendues de terres fertiles au climat doux et des montagnes de semences de bonne qualité!

Imaginez notre effarement quand nous apprîmes que tous les natifs du lieu étaient de fameux agriculteurs, propriétaires du tout, mais qui restaient ainsi, bras ballants et ventre creux!

Nous leur demandâmes: "Mais pourquoi diable ne plantez-vous pas pour pouvoir manger?"

Leur réponse fût que le Prince de la Tour du Fric, à la fois seigneur des lieux et grand argentier, n'avait pas consenti à créer la monnaie nécessaire au paiement du travail agricole et au commerce des aliments à destination du petit peuple. La raison en était que le Prince ne créait cette monnaie que sur trois bases: l'hypothèque d'un bien existant, la caution d'une valeur existante, ou la confiance dans le travail futur. En sus, il fallait que la monnaie créée ne servit point à produire quoi que ce soit qui vint en concurrence sur les marchés contrôlés par ses plus puissants ministres. En conséquence, la monnaie abondait en Famineland, mais son circuit était si faussé que pratiquement rien n'en parvenait aux agriculteurs, qui avaient à la fois le tort de produire dans un marché stratégique contrôlé par le Prince lui-même, et celui d'être soumis, dans leur production, aux aléas du climat. Quant à hypothéquer leurs terres, ce n'était pas même la peine d'y penser, puisque le marché alimentaire était déjà saturé en ce qui concernait les tranches aisées de la population. Le Prince considérait donc les terres incultes comme une bénédiction, puisque la jachère imposée permettait de maintenir à un bon niveau les cours de ses produits, qu'il vendait donc fort cher aux riches. Pourquoi dès lors s'encombrer de terres supplémentaires pour devoir ensuite payer les taxes foncières associées? Il préférait les laisser aux agriculteurs, et ne leur accorder aucun crédit pour des productions indépendantes.

Il en allait de même pour tous les corps de métier, sans exception,. Pire encore, toute activité de soutien ou de solidarité était abandonnée à elle même, car il était implicite dans les buts de telles activités qu'aucun bénéfice pécunier n'en pouvait être retiré! Il nous fût par ailleurs précisé que les contrevenants au "Code du Travail" qui auraient travaillé sans avoir au préalable obtenu la sacro-sainte monnaie, et vendu ou consommé leur production, auraient été promis à l'amende et à la prison pour travail dissimulé et commerce illicite.

Nous fuîmes ce monde de fous, non sans avoir dit aux habitants, qui se faisaient appeler " les humains de la Terre", qu'il était tout-à-fait idiot d'accepter un système économique aussi inique qui ne leur promettait à moyen terme que ruine et misère pour tous, excepté les quelques plus riches d'entre eux.

Fin de la fable.

Aujourd'hui, nous vivons exactement cette situation. Il est refusé aux gens compétents d'exploiter au bénéfice de toute la communauté le potentiel qui leur appartient, sous prétexte que la monnaie qui payerait leur travail ne peut être créée avec une chance raisonnable de "retour sur investissement".
Et si quelque courageux passe outre, il est généralement sanctionné par la "justice" d'un Etat ou de son voisin, pour travail au noir, contrefaçon de monnaie ou autre acte "criminel".

C'est cet ordre stupide qu'il faut changer.
Il faut abolir le privilège exhorbitant de la création monétaire abandonné aux banques privées, pour le restituer aux citoyens, aux Etats. La monnaie est l'instrument du développement des peuples, et les peuples doivent être rétablis dans leur droit de créer et utiliser librement la monnaie, qui est le symbole de leur travail.

Depuis très longtemps, beaucoup des initiatives citoyennes (pour ne pas dire toutes) visant à améliorer le sort des plus démunis, ou simplement à se donner mutuellement un peu d'aide, se trouvent confrontées au manque de moyens financiers. On y est habitués, depuis le temps que les instances financières et les médias nous rabachent que ces actions d'ordre humanitaire ou solidaire "ne sont pas rentables", et qu'il est donc impossible de s'engager à les financer.

Seulement, le hic, c'est que depuis quelques années, où que l'on se tourne, c'est le même problème, la même réponse désolée: pas d'argent, pas de fonds, pas de moyens. Justice, santé, recherche, éducation, investissement privé ou public, tous sont concernés par cette désolante vérité: il semble ne plus y avoir aucune bonne raison de créer la monnaie, d'accorder un crédit.

Et pourtant, le monde n'a jamais été aussi riche, la productivité aussi élevée, la croissance mondiale (en volume) aussi énorme. Alors, où est le problème? Le problème, c'est la rareté apparente de la monnaie, qui "impose" qu'elle soit consacrée à des projets "prioritaires" (comprendre "rentables"). Une rareté artificielle, créée et entretenue par un système bancaire et financier hérité des temps où la monnaie était la contrepartie d'une valeur réelle (généralement un métal précieux) qui existait en quantité limitée. Or, aujourd'hui, la monnaie est dématérialisée, électronique, et ne se relie plus à une valeur unique et limitée. La monnaie est devenu le symbole évanescent de la richesse globale. Il serait donc logique que son volume représente cette richesse globale, créée ou à venir (monnaie pour les investissements productifs ou les infrastructures publiques).

Or, ce n'est pas le cas, du fait du système de création de la monnaie par les banques privées dont le but est de faire toujours plus de monnaie. Par suite, elles ne prêtent qu'avec des perspectives de bénéfices rapides, et surtout elles prélèvent un intérêt odieux sur cette création monétaire, intérêt qui réduit progressivement la masse monétaire disponible, essentiellement au détriment des actions publiques, alors même qu'elle devrait augmenter pour représenter le potentiel d'accroissement de la richesse globale.

Le résultat en est que de nos jours, les gouvernements de la planète n'ont d'autre mot à la bouche que "réduction de la dette" et "resserrement des dépenses", tandis que les entreprises ne jurent que par "compression des masses salariales" et "réduction des coûts productifs" (outre le fait que la "dette" d'un Etat n'a absolument pas le même sens que celle d'une entreprise ou celle d'un ménage, voir l'article qui est y est consacré dans ce même bulletin).

Mais observons un instant la situation de notre planète (voir aussi http://tiki.societal.org/tiki-index.php?page=SaviezVous%3F)

*Environ 6,5 milliards d'habitants.
* largement assez de nourriture pour tous, dès maintenant (Source: le rapport de Jean Ziegler, Rapporteur Spécial des Nations Unies pour le droit à l'alimentation, cité dans "L'Empire de la Honte", du même auteur), même si la pression écologique de cette population est sans doute trop élevée pour l'habitabilité à long terme de la planète.
*Environ 800 millions de personnes sont chroniquement sous-alimentées (ibid).
*Un tiers au moins de l'humanité est sans accès à l'eau potable, sans soins de santé, sans éducation, et le plus souvent sans rien de tout cela.
*Des centaines de millions de salariés occupés à produire des biens inutiles pour obtenir un salaire leur permettant de consommer ces mêmes biens inutiles, au prix d'un effroyable gâchis écologique et énergétique.
*Des dizaines de millions de chômeurs, souvent compétents et désireux de participer à la société, mais mis sur la touche pour la simple et très mauvaise raison qu'il n'y aurait pas de "bonne" raison de payer leur travail (dans les pays à fort système social, on préfère donc les payer à ne rien faire, et leur prodiguer en plus des soins psychologiques ou psychotropes pour les aider à supporter leur sentiment de "nullité").

L'équation que nous pourrions écrire serait donc celle-ci:
Bras disponibles + besoins évidents = travail pour tous,
d'où découlerait une amélioration substantielle de la qualité de vie moyenne.

Or, que se passe-t-il en réalité? Rien. Absolument rien, parce que... les banques privées ne voient pas d'intérêt financier à créer de la monnaie pour ces actions indispensables sur le plan humain. Une monnaie dont la création ne coûte rien, et que les Etats pourraient fabriquer en quantité adaptée pour permettre à tous ces bras de combler tous ces besoins!

 

BLF


 

La dette abyssale de la dette publique...

"La France va mal " nous martèle le pouvoir en place, soutenu par les déclinologues de tous bords. Le dernier sujet à la mode, après "la dette abyssale du système de santé" , "la dette abyssale du système de retraite", c'est maintenant "la dette abyssale de la dette publique", sans doute pour tenter bientôt de nous faire avaler quelque nouvelle pilule supplémentaire. De nombreux analystes s'inscrivent en faux contre cette vision d'une dette collective insuportable. Cette dette sera un des sujets importants de la future campagne électorale des élections présidentielles de 2007 . Le rapport Pébereau de janvier 2006 veut nous en donner une vision catastrophique.

Pourtant Jérome Creel et Henry Sterdyniak dans la lettre N°271 de janvier dernier de l’O.F.C.E (Observatoire Français des Conjonctures Économiques), se posent la question suivante: " Faut-il réduire la dette publique?" Oh, bien sur, tout ne va pas pour le mieux, mais il nous reste beaucoup d'atouts. Il nous faut seulement la "volonté politique" pour changer les choses, et ne pas nous laisser entrainer à la "déclinologie" ambiante : d'autres sujets nous semblent beaucoup plus importants, comme la fin de "l'ère du pétrole pas cher" et l'adaptation rapide nécessaire.

Et puis, comparez la France à un individu qui d'une certaine façon est immortel, qui dispose d'un emploi garanti et gagne 18 000 € par an ( # PIB ) qui est propriétaire de sa maison d'une valeur de 100 000 € ( # valeur des actifs France, sans compter le "fond de commerce", c'est-à-dire sa situation et ses atouts ) et qui a une dette qu'il n'est pas tenu de rembourser mais pour lequel il doit payer des intérets (indus au demeurant puisqu'il s'agit à 85% de création monétaire privée) de 1500 € par an ( # "ponction" des intérêts des 3 dettes # 30000 €, à 5%) ... diriez vous que sa situation financière est "tragique" ?


Les bonnes adresses:

Pour vous permettre de débattre des demandes politiques que vous souhaiteriez voir aboutir lors des prochaines élections, législatives et présidentielle, nous avons ouvert une section sur le forum sociétal " Nos souhaits pour 2007 "

Les accès vers les différentes sections du "site sociétal " http://www.societal.org

Le "réseau" du Mouvement sociétal : http://network.societal.org ... faites le connaître.... c'est peut être notre seule chance!

Le "site e-dons " : se voulant un "démonstrateur" de l'écosociétalisme ... il a pris un peu de retard dans son développement, mais vous pouvez dès maintenant vous y inscrire (vous ou votre association): http://www.e-dons.org

Le "Collectif Mada-Energie" sur http://www.societal.org/mada/ .. C'est l'une des "actions pratiques" de l'Association de Coopération Sociétale (ACS) .. vos dons ou simplement votre aide et vos compétences sont les bienvenus

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