N° 1 - Mai 2005

Dans la vie il y a deux catégories d'individus: ceux qui regardent le monde tel qu'il est et se demandent pourquoi, et ceux qui imaginent le monde tel qu'il devrait être et se disent: pourquoi pas? (George-Bernard Shaw)


Dernière minute

Si vous hésitez encore, si vous avez encore quelques doutes sur votre vote du 29 mai, allez voir la page:
" Non au référendum "

.. et téléchargez la "Lettre ouverte à mes ami(e)s qui s'apprêtent à voter oui..."

Car voilà, chose inouïe, qu'on nous pose LA QUESTION: "Voulez-vous en reprendre pour cinquante ans?..."

C'est la dernière fois que vous pouvez dire "NON ce n'est pas de cette Europe que je veux, ce n'est pas de cette politique libérale !"

C'est la dernière fois que vous pouvez dire "Ce que je veux c'est d'une Europe plus démocratique, plus sociale, dont les valeurs ne soient pas seulement celles d'une économie libérale de marché "

Car des Traités, ça peut se renégocier, que ce soient ceux qui nous lient aux autres pays européens ou ceux qui nous engagent au niveau mondial comme à l'Organisation Mondiale du Commerce, mais ce sera quasiment impossible si cette constitution - particulièrement anti-démocratique -est adoptée, car l'unanimité directe ou indirecte est de rigueur pour la moindre modification (art IV - 443, 444, 445).

 

 

"Qui sommes nous ?"

Bonjour

C'est la première fois que vous recevez ce BULLETIN du SOCIETALISME par courriel.

Ceci n'est pas un spam: suite à un précédent contact, ou bien de la part de l'un(e) ou l'autre de vos connaissances, nous vous adressons ce BULLETIN du SOCIETALISME N°1 par courriel. La fréquence d'envoi ne dépassera sans doute pas plus de un par mois.

Si la lecture de ce bulletin vous indispose, n'hésitez pas à vous désabonner par un simple clic en bas de cette page

Sociétalement

A-J Holbecq et le Mouvement Sociétal


"Que propose le sociétalisme ? "

Nous souhaitons vous présenter les grandes idées qui "se cachent" derrière ce mot "SOCIÉTALISME" !

Le sociétalisme est un mouvement citoyen mondial qui préconise:
- l'instauration d'un système économique et politique basé sur les Droits de l'Homme et le respect de l'environnement,
- la ré appropriation de la création monétaire par la collectivité,
- la gestion planétaire des biens communs non renouvelables ou nécessaires à la vie,
- la répartition des enrichissements collectifs nationaux sous forme de dividendes distribués équitablement à chaque citoyen,
- la démocratie participative locale et régionale dans un cadre de subsidiarité.

La finalité du SOCIÉTALISME est l'existence de "la société humaine" au travers de son épanouissement, ce qui conditionne réciproquement l'épanouissement de chacun des individus la composant.

C'est donc la théorie d'un système économique alternatif et de ses implications sociales et monétaires.

Le sociétalisme considère que toute production de biens ou de service est, en tout et pour tout, la somme du travail des hommes, des machines ou des robots, aussi loin en amont qu'est analysée la production.

Le rôle principal de la monnaie est de permettre l'échange des biens et services produits par les différents acteurs de la société.

Si l'on veut pouvoir échanger les productions, il faut donc qu'à tout moment il y ait une quantité de monnaie disponible correspondant à la valeur des biens et des services à vendre.

Et ainsi le Sociétalisme considère que chaque acte de travail *doit* être suivi d'une création monétaire équivalente, ce qui garanti la future vente du dit travail.

Puisque c'est le travail qui induit la création de la monnaie, un entrepreneur n'a plus besoin d'un capital financier préalable à la production ou de trésorerie.

Et ainsi une entreprise commande ce dont elle a besoin auprès d'un fabricant amont, sans avoir à l'acheter. Le fabricant amont sera rémunéré pour son travail (qui induit la création de la monnaie correspondante) et non pas par l'entreprise cliente.

L'investissement financier ainsi que la propriété du capital productif ne sont donc pas une nécessité économique, mais une conséquence de notre système de fonctionnement

Et dans cette logique sociétale, si la production crée la monnaie, alors la consommation détruit la monnaie.

En effet une production représente un montant de monnaie. Il est donc logique que la somme représentant le produit ou le service disparaisse quand le produit ou le service est consommé (plus de pomme, plus d'argent pour la représenter).

Nous avons donc un nouveau schéma :
- Les salaires (et donc la monnaie correspondante) sont créés par le travail lui-même.
- Une vente est une destruction de monnaie.
- Les outils de productions ne sont pas vendus ni propriété d'un quelconque producteur

Pas évident au premier abord, ce système a ceci de formidable qu'il intègre en lui-même le "financement" des services publics et autres productions non commercialisables (non vendables, et donc ne générant pas de destruction de monnaie) par la simple introduction d'une contribution lors de chaque vente.

En effet, en simplifiant, si un producteur a été payé 10 euros pour une production et si le prix de vente est de 15 euros, c'est bien 5 euros de plus qui seront détruit sur le compte de l'acheteur au moment de l'achat de la production. Il manquerait donc 5 euro dans notre économie. C'est donc ces 5 euros, destinés à rémunérer les producteurs de biens ou services publics non commercialisés, qui seront créés lors de cette vente.

Ceci est donc une "anti-taxe" (plutôt que de cumuler de la monnaie, elle la détruit). Cette "anti-taxe" (dite Contribution Eco Sociétale) peut être appliqué à des taux différents suivant la "qualité sociétale" d'une production. C'est à la collectivité de décider démocratiquement de l'intérêt plus ou moins sociétal d'une production.

Nous pouvons donc orienter l'économie vers des produits de qualité (moins chers car moins anti-taxé) tout en permettant aux services publics d'exister pleinement et ce, en totale compatibilité avec une économie de libre entreprise.

La notion de marge commerciale n'a plus de sens, puisque c'est le travail du distributeur qui sera rémunéré, non pas un quelconque capital investi pour un achat de stock, du fond ou du local: les prix ne seront donc pas gonflé arbitrairement.

La notion de prêt bancaire avec intérêt n'a également plus de sens: les prix de vente n'auront donc pas à intégrer le remboursement de quelconques intérêts (à ce jour les intérêts bancaires cumulés dans chaque production correspondent en moyenne à 50% du prix de vente H.T.).

En fait, les bases sont si différentes de ce que l'on connaît, que peut-être devrait-on se demander: "De quel bord est le Sociétalisme : Gauche ou Droite ?"
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Ni l'un ni l'autre évidemment. L'argent créé par le travail, c'est du jamais vue depuis .... que le troc n'existe plus.

Voyons cela! Dans tous les systèmes existants :
- La monnaie est créée (plus ou moins) arbitrairement.
- La monnaie est (plus ou moins) échangeable, épargnable et productive d'intérêts.

Dans le troc :
- La monnaie n'existe pas, la production est elle-même la monnaie.
- La "monnaie" est donc directement créée par la production et directement détruite par la consommation.

Dans le sociétalisme :
- La création de la monnaie est en rapport direct avec la production et sa destruction est en rapport direct avec la consommation.

Le sociétalisme c'est donc les avantages de la monnaie, avec les avantages du troc.
Et vu sous cet angle, aucun système ne peut y être comparé !

Le Sociétalisme est bien *le* nouvel axe à prendre.


Pour vous aider à y voir plus clair, à remettre en cause certains paradigmes, voici deux apologues ,

 

La Dame de Condé

 

Nous sommes à Condé-sur-Gartempe. Son hôtel de la Gare est réputé !... Un vendredi après-midi débarque une jeune femme, d’apparence convenable.

Elle réserve une chambre pour la nuit et, comme elle n’a pas de bagage, elle laisse en acompte un billet de 50 euros, tout neuf. Puis, elle s’en va visiter la vieille ville. Le pâtissier qui a vu la scène dit au patron : "Ça fait 6 semaines que vous me devez 50 euros pour la pièce montée que j’ai livrée à l’occasion de la communion de votre fille". Le patron lui donne le billet de bonne grâce. Comme cette scène a été vue par d’autres, elle se reproduisit 5 nouvelles fois car le pâtissier devait aussi 50 euros au minotier.. qui en devait autant au garagiste... lui-même débiteur de cette somme au boucher... qui avait à régler 50 au représentant de la maison Elida... lequel devait à son tour acquitter sa chambre qu'il avait réservé pour la nuit à l’hôtel de la Gare .

Il redonne donc ce billet au patron de l’hôtel.

Notre dame revient de promenade. Elle annonce qu’elle annule sa réservation. Ce qui arrangeait bien l’hôtelier qui, entre temps, avait eu une demande d’un de ses vieux clients. L’hôtelier lui rend donc son billet qu’elle brûle aussitôt. "Il était faux", dit-elle en souriant .

 

=> Vrai ou faux, ce billet a permis d’annuler 300 euros de dettes dans le village.

  

Les dix commerçants

Dans une petite ville, dix commerçants vivaient en bonne intelligence. Tous réalisaient un bénéfice de 25 % sur chaque vente. Un beau matin, l’un d’eux reçoit la visite d’un client qui lui achète un objet de 100 euros contre deux beaux billets de 50 euros tout neufs. Heureux de cette aubaine, notre commerçant décide d’acquérir un objet de même valeur, qu’il convoitait depuis longtemps chez son voisin sans pouvoir l’acheter ; il lui remet les 2 billets. Le deuxième commerçant en use de même avec le troisième ; et ainsi de suite jusqu’au dixième.

Bonne journée pour tous. Ils ont enregistré un honnête gain de 25 %, soit 25 euros chacun. Hélas, le lendemain, il faut déchanter, les billets étaient faux. Nos neuf commerçants, mus par un sentiment de solidarité, s’accordent pour verser au dernier, qui a donc gardé les billets, les 2/5 de leur bénéfice, soit : 10 euros x 9 = 90 euros.

Ainsi, tous sont payés. Et il reste à chacun un bénéfice de 15 euros issu des deux faux billets. Du point de vue comptable, l’opération est impeccable. Tout le monde est satisfait, le percepteur et les volés presque autant que le voleur.

 

=>  L’ensemble des commerçants a été dépossédé d’une valeur matérielle, emportée sans paiement par un escroc ; mais cette opération rapporte de l’argent aux dix commerçants. Le total des bénéfices comptables est bien de 150 euros pour les dix commerçants (ils sont relativement satisfaits), sur lequel le fisc prendra sa part (il est également satisfait, bien qu’il ait perdu une partie).


La bonne adresse: http://tiki.societal.org
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