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N°4 - novembre 2005

Dans la vie il y a deux catégories d'individus: ceux qui regardent le monde tel qu'il est et se demandent pourquoi, et ceux qui imaginent le monde tel qu'il devrait être et se disent: pourquoi pas?
(George-Bernard Shaw)


DESTINATION SOCIÉTALE
LE NOUVEAU DÉFI DÉMOCRATIQUE


 Actionnaire, épargnant, cotisant, contribuable, vous et moi sommes devenus, bon gré mal gré, capitalistes. Ultra-libéral, mondialisé, ce "système établi" est devenu fou; il nous emmène "dans le mur". Le défi démocratique, à la fois politique, socio-économique et culturel consiste à freiner et marginaliser le capitalisme prédateur, à neutraliser le profiteur financier anonyme pour, au contraire, stimuler et remercier le citoyen solidaire producteur de mieux-être collectif. Ce défi oriente "destination sociétale".

 Le pouvoir anonyme est moribond.
Aux mains de décideurs anonymes, le capitalisme ultralibéral mondialisé motive et justifie d'innombrables pratiques amorales. Ce monopole économique est néfaste. Aveuglé, moribond, devenu fou, il nous mène "dans le mur". Au profit des détenteurs de capitaux, d'économies, de parts ou d'actions, le capitalisme gère la planète, manage l'organisation de la production, de la distribution et de la consommation des biens, des services et des monnaies. Au profit de quelques-uns, l'organisation bancaire et boursière crée, en priorité, du profit financier. Au profit de quelques-uns, les contraintes légales mises en oeuvre par les États assujettissent chaque contribuable à la mondialisation capitaliste. Au profit de quelques-uns, le système démocratique convient à la mainmise de la finance sur l'État.

 Les contestations violentes et anonymes s'étendent.
Dans l'histoire de l'humanité, les civilisations successives, venues d'autres contrées, se sont toujours superposées les unes aux autres. Pour la première fois, un système socio-économique, tient lieu de civilisation, régente toute la planète et ne peut plus être attaqué de l'extérieur, sauf apparition conquérante d'extra-terrestres. Comme le capitalisme auquel elle s'attaque, la contestation est devenue anonyme. La violence aveugle se propage. Les groupes terroristes "sans frontières² sont aux ordres d'individus insaisissables malgré la force armée des USA auto érigée gendarme de cet affrontement. En dépit de sa capacité d'auto-restructuration, le capitalisme est fragilisé. Les conséquences catastrophiques des évènements climatiques, de la crise pétrolière, de l'effet de serre, vont naturellement aggraver la situation locale des populations. Désormais soumis à la pression de tensions internes, de circonstances naturelles et de failles structurelles, il implosera inéluctablement comme implosa jadis l'URSS, sans pour autant disparaître du jour au lendemain.

 La contestation civique doit être instaurée.
Depuis son apparition, l'organisation marchande du capitalisme a stimulé la production d'un évident mieux-être collectif. Hélas, seule la création de profit financier est aujourd'hui universellement imposée et tolérée. Il est temps de remettre sur le marché idéologique et économique cette valeur morale indispensable à toute vie en collectivité qui se nomme solidarité humaniste. Et cette solidarité interdit par avance toute radicalisation violente de la confrontation anticapitaliste à venir. Pour instaurer des règles de vie collective rénovées, pour permettre, enfin, une survie globale épanouissante, la confrontation sera pacifique. La contestation éthique imposera une économie qui soit à la fois marchande et solidaire.

 La résistance éthique sera rude!...
Via les forces légales ou mafieuses, le monopole capitaliste a le pouvoir de juguler et de museler toute opposition. Il ne peut tolérer l'apparition d'une alternative contestataire légalement constituée. Face à ce totalitarisme, seule une organisation de résistance civique, populaire et concertée, peut modifier le rapport de forces et imposer une socio-économie différente. Il faut à cette Résistance, une motivation individuelle stimulante, une motivation collective morale, pertinente, planétaire. Pour bousculer et marginaliser le système établi, cette Résistance portera un projet alternatif clairement énoncé, diffusé, un projet crédible, une véritable utopie réalisable.

 Reconquérir une maîtrise financière.
Abandonnée par le politique aux mains du pouvoir économique, la diversité financière est une étape indispensable au fonctionnement solidaire de l'économie. Pour stimuler les activités "non-rentables" du point de vue capitaliste, la manne financière doit permettre de remercier toutes les contributions volontaires socialement bénéfiques. Cette stratégie de contestation financière implique d'utiliser positivement l'énergie militante au profit de l'économie solidaire pour cesser d'alimenter, autant que faire se peut, l'économie ultra-libérale et doit même cesser de la combattre. Elle organisera le remplacement de l'actuelle accumulation monétaire de précaution et l'accumulation patrimoniale par d'autres formes d'épargne gérées collectivement et, à terme, garanties par l'État. L'épargne-temps déconnectée du système capitaliste et l'utilisation de monnaies locales autogérées sont des opportunités immédiatement disponibles.

 L'action politique démocratique est pervertie.
Au profit de quelques-uns, le système démocratique convient à la mainmise de la Finance sur les États. Ce constat rend nécessaire l'élaboration d'un nouveau contrat social héritier de l'actuel contrat démocratique. La résistance civique et la bataille financière auraient alors pour objectif stratégique de MARGINALISER l'ultra-libéralisme prédateur et suicidaire pour instaurer durablement le POST-CAPITALISME.  L'accès aux responsabilités politiques de volontaires spécialement formés et la délégation par tirage au sort sont des variantes électorales à explorer dans une perspective mondialiste techniquement possible.

 Post-capitaliste et post-démocratique, le défi est ambitieux.
Il implique de transcender les velléités contestataires et de fédérer toutes les énergies socio-économiques solidaires disponibles. La vigueur des mouvements altermondialistes, les ONG, Greenpeace, SEL et AMAP, et tant d'autres résistances citoyennes éparses convergent et se conjuguent. Pour incarner ce défi et porter cette espérance sur le terrain politique mondial, DESTINATION SOCIÉTALE vous invite à constituer un ³pool² novateur inédit, structuré et organisé hors de portée des griffes du système établi.

 DESTINATION SOCIETALE, propose
- l'instauration d'un système économique et politique basé sur les Droits de l'Homme et le respect de l'environnement.
- la participation civique locale et régionale dans un cadre de subsidiarité.
- la réappropriation de la création monétaire par la collectivité,
- la répartition des enrichissements collectifs nationaux distribués équitablement à chaque citoyen,
- la gestion planétaire des biens communs non renouvelables ou nécessaires à la vie.

 


"Qui sommes nous ?"

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Sociétalement

A-J Holbecq et le Mouvement Sociétal


La création monétaire
(L’exposé est évidemment simplificateur)
Vous disposez d'une petite (180 ko) présentation power point, téléchargeable sur http://www.societal.org/docs/pp3-monnaie.ppt

Quelques rappels!

Non, ce n’est pas l'épargne préalable d'un autre client que le banquier va vous prêter en prenant sa commission au passage (l'intérêt)...

Il y a une phrase qu'oublient très souvent les banquiers (le feraient-ils exprès ?), et qui est " Ce ne sont pas les dépôts qui permettent les crédits, mais ce sont les crédits qui permettent les dépôts"

Iln'y a pas de « banque nationale » …et la Banque Centrale Européenne - qui est "garante" des bons fonctionnements des banques privées - est une émanation des Banques Centrales des états membres , ces Banques Centrales étant elles mêmes des "réunions" des banques privées)

L'article 104 du traité de Maastrisch a INTERDIT aux États et aux Collectivités de créer de la monnaie ..c'est réservé au système bancaire sous surveillance de la BCE dont le seul mandat des États est de "limiter l'inflation".

Voyons donc comment le système bancaire privé crée la monnaie par le "multiplicateur de crédit"...

Un déposant fait un dépôt initial de 1000 € dans la Banque A. Comme il faut un début dans cet exemple, on peut supposer que ce dépôt initial est issu de la Banque Centrale. De ce dépôt, la Banque A peut créer 900 € de crédit si les règles prudentielles (variables suivant les décisions de la Banque Centrale limitent le crédit possible à 90% des dépôts. Ces 900 € de crédits serviront par exemple à payer un fournisseur qui va déposer son chèque dans une banque B.

 

 

A son tour la banque C pourra crer 90% dedit partir du dpt 810 soit 729 € ..Ces 729 € pourront être déposés à leur tour dans une autre banque, lui permettant de ce fait de créer 656 € ... etc,

Si l'on poursuit l'exemple avec 9 crédits en cascade, ceux ci permettront de créer 5513 € de monnaie secondaire et temporaire, productive d'intérêt pour le système bancaire, à partir d'un dépôt initial de 1000 € et sans qu’aucun de ces dépôts soient pour autant indisponibles.

Et enfin…

Ce multiplicateur de crédit nécessite au moins deux banques privées. C'est donc le système bancaire pris dans son ensemble qui est créateur de monnaie.

Dans la réalité, c’est 6,5 fois plus de monnaie de crédit que de monnaie centrale, et les intérêts que l'ensemble des emprunteurs vont devoir payer au système bancaire ne pourront qu'être issus de nouveaux crédits proposés par ce même système bancaire, dans une spirale sans fin.

Allais, "notre" prix Nobel d'économie, écrit d’ailleurs: "Dans son essence la création de monnaie ex nihilo actuelle par le système bancaire est identique … à la création de monnaie par des faux monnayeurs. Concrètement elle aboutit aux mêmes résultats. La seule différence est que ceux qui en profitent sont différents"

 Or, depuis le Traité de Maastricht : "Il est interdit à la Banque centrale européenne et aux banques centrales des États membres, ci-après dénommées "banques centrales nationales", d'accorder des découverts ou tout autre type de crédit aux institutions, organes ou organismes de l'Union, aux administrations centrales, aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publics des États membres [...]" (Article III-181)

Donc, puisque les Banques Centrales n'ont pas le droit de prêter de "monnaie centrale" aux Etats, ceux ci sont tenus de financer leurs déficits par des emprunts sur le marché financier. De ce fait, chacun des citoyens de nos pays doit payer un intérêt au système bancaire privé, pour l'usage de la propre monnaie que la Nation pourrait émettre elle-même sans intérêt!

Thomas Edison écrivait déjà: "Il est absurde de dire que notre pays peut émettre des millions en obligations, et pas des millions en monnaie. Les deux sont des promesses de payer, mais l'un engraisse les usuriers, et l'autre aiderait le peuple. Si l'argent émis par le gouvernement n'était pas bon, alors, les obligations ne seraient pas bonnes non plus. C'est une situation terrible lorsque le gouvernement, pour augmenter la richesse nationale, doit s'endetter et se soumettre à payer des intérêts ruineux."

L'augmentation de la masse monétaire qui nous permet de produire des équipements collectifs d'utilité publique a donc pour seule contrepartie les emprunts émis auprès des banques privées, emprunts chargés d'intérêts conséquents...

Les dettes collectives

Dans une économie dite « moderne » la première étape d’un processus qui se présente comme une cascade de cause à effet est le travail (celui de l'homme ou celui des machines). Sans lui, il ne se passerait rien, ce serait la mort de la civilisation et vraisemblablement celle de l’humanité.

Le travail engendre la production. Celle-ci doit nécessairement être échangée et apparaissent alors les transactions , qui nécessitent l’usage de la monnaie. La monnaie à travers les transactions est échangée contre le travail ou le produit du travail que sont les marchandises. La boucle est bouclée.

Or il faut savoir que la quantité de monnaie mise en circulation par l’Institut d’émission pour payer le travail est égale à zéro, et si la monnaie circule quand même, c’est parce que nous l’empruntons au banquier qui s’est arrogé le droit de la créer par jeu d’écriture. La conséquence est que tant qu’elle circule, la monnaie reste due au banquier et donne lieu au paiement des intérêts.

Mais qui paie les intérêts ?

- Si l’emprunteur est l’Etat, il fait payer les intérêts par le contribuable, à travers les impôts directs ou indirects.
- Si l’emprunteur est une entreprise, elle fait payer les intérêts par le consommateur en alourdissant les prix. Si elle n’y parvient pas il ne lui reste qu’à déposer son bilan.
- Si l’emprunteur est un particulier, il paie les intérêts deux fois. Une première fois en participant comme tout le monde au paiement des intérêts dus par l’Etat et les entreprises et une seconde fois à l’échéance en payant les intérêts de son propre emprunt.

Nous le voyons, personne ne peut échapper au paiement des intérêts.
L'économiste Margrit Kennedy analyse même que dans toute production c'est en moyenne 50% du prix hors taxe que chacun paye, car les intérêts sont cumulés tout au long de la chaîne de production .

En avril 2004, la dette se l’Etat s’élevait à 998 milliards d’euros. A la même date, les dettes des entreprises et des particuliers s’élevaient respectivement à 1114 et 612 milliards d’euros. La monnaie ne pouvant être obtenue que par l’emprunt, la nature du système veut que ces chiffres ne puissent qu’augmenter inexorablement et l’on reste sidéré de constater l’aveuglement (pour ne pas employer d’autres mots mieux adaptés) de nos « dirigeants » à vouloir résorber la dette par des économies car même si nous réduisions nos dépenses à zéro, nous serions tous morts et notre dette ne serait remboursée qu’à hauteur de 25%.

En avril 2004 l’épargne des français s’élevait à 737 milliards d’euros. Ce que les uns ont épargné a été emprunté par d’autres. L’endettement intérieur total devrait donc s’élever à 737 milliards, or il s’élève à 2724 milliards d’euros.

La différence (1987 M€) vient de la monnaie crée par les banques et nous devons leur rembourser avec le cumul des intérêts depuis des décennies.

Ce remboursement est moralement injustifié parce que la monnaie mise en circulation pour payer le travail ou le produit du travail ne devrait en aucun cas entrer dans le cadre de l’endettement, c’est à dire être remboursée et donner lieu au versement d’intérêts.

Il est aussi mathématiquement impossible.

Il est temps de dire que nous ne voulons plus de monnaie bancaire, que nous voulons la remplacer par une monnaie sans intérêts. Celle qui nous est due !


 

Nous avons le plaisir de vous informer de la sortie du livre
"Une alternative de société: l'écosociétalisme"



ISBN : 2 913492 34 7
Prix public : 14,50€
170 pages

Pour plus d'informations, voir le bulletin N°3 de septembre 2005


Les bonnes adresses:

Les accès vers les différentes sections du "site sociétal " http://www.societal.org

Le "réseau" du Mouvement sociétal : http://network.societal.org ... faites le connaître.... c'est peut être notre seule chance!

Le "site e-dons " : se voulant un "démonstrateur" de l'écosociétalisme ... il a pris un peu de retard dans son développement, mais vous pouvez dès maintenant vous y inscrire: http://www.e-dons.org

Le "Collectif Mada-Energie" sur http://www.societal.org/mada/ .. C'est la première action pratique de l'Association de Coopération Sociétale (ACS) .. vos dons ou votre aide sont les bienvenus

Retrouver les bulletins antérieurs (1, 2 et 3): http://www.societal.org/bulletin/