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N°3 - septembre 2005

Dans la vie il y a deux catégories d'individus: ceux qui regardent le monde tel qu'il est et se demandent pourquoi, et ceux qui imaginent le monde tel qu'il devrait être et se disent: pourquoi pas?
(George-Bernard Shaw)


En France la consommation annuelle d'énergie par habitant est de 4,5 Tep (tonne équivalent pétrole)

A Madagascar, elle est de moins de 0,5 ...

Mais l'augmentation du prix, qui représente déjà actuellement 5% du revenu mensuel moyen PAR LITRE d'essence
(c'est comme s'il coûtait chez nous 60 euros),
va enfoncer cette population dans la misère.

 

 

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Sociétalement

A-J Holbecq et le Mouvement Sociétal


Nous avons le plaisir de vous informer de la sortie du livre "Une alternative de société: l'écosociétalisme"



ISBN : 2 913492 34 7
Prix public : 14,50€
170 pages

Vous pouvez dès à présent le commander
chez votre libraire ou aux éditions Yves Michel, par le site internet: http://www.souffledor.fr (voir dans "boutique" et faire la recherche "écosociétalisme" ou "holbecq" )

ou directement au
Service clients commandes particuliers.
Tél. 33 (0) 4 92 65 10 61
nhammecker(at)souffledor.fr ou contact(at)souffledor.fr

ci dessous, la préface de PATRICK VIVERET


Le livre d'André-Jacques Holbecq appartient à cette littérature bien exprimée par les promoteurs historiques de l’économie sociale et solidaire, les Owen, les Proudhon, les Fourier ou les Godin, celle de l’utopie concrète.

Utopie au sens originel d’un autre lieu permettant un autre regard sur le monde et cet autre regard permettant lui même de penser d’autres solutions à des problèmes vus sous un angle neuf. Mais utopie concrète car la radicalité de cette autre approche est au service de propositions extrêmement précises, détaillées voire chiffrées. Cette méthode a l’avantage de permettre la discussion démocratique : sur la monnaie, le capital, les revenus, les modalités de création d’une nouvelle « societaxe » très originale, cette approche permet d’ouvrir des questionnements, des adhésions souvent, des désaccords parfois. Dans tous les cas on y trouvera un stimulant passionnant pour toutes celles et ceux qui ne se satisfont pas des dégâts écologiques et humains que produit ce que Joseph Stiglitz a nommé le « fondamentalisme marchand » dans son livre « la grande Désillusion ».

Un lecteur qui n’aurait pas lu d’autres textes d’André Jacques Holbecq pourra certes se trouver quelque peu désarçonné par le propos presque technique de l’auteur. C’est en effet que celui ci a choisi dans cet ouvrage de s’affronter aussi précisément que possible à la concrétisation des formes d’alternative à promouvoir au cœur de ce projet qu’il nomme l’écosocietalisme. Le terme renvoie à la dimension tout à la fois écologique et sociétale d’un projet alternatif plus large que la vision trop souvent étroite que nous nous faisons du domaine « social » . L’économie sociale et solidaire l’utilise de plus en plus souvent par exemple par la pratique du « bilan sociétal » qui permet une évaluation de l’activité de l’entreprise sur des critères écologiques et sociaux et pas seulement économiques et financiers ou par l’expérimentation en démarrage, dans le cadre d’un programme Equal européen, d’un projet de monnaie d’utilité écologique et sociale, le "sol".

Si ce type d’ouvrage vient à son heure c’est que nous sommes dans une période historique critique où nous avons besoin de traiter les racines des principaux problèmes auxquels est confrontée l’humanité

Souvenons nous de la phrase d'Antonio Gramsci: l'ancien monde est en train de mourir, un nouveau monde est en train de naître, mais dans cette période intermédiaire, des monstres peuvent apparaître. Nous sommes en train de vivre cette période, et les monstres sont apparus, avec des logiques irrationnelles et de grands dérapages collectifs, comme les guerres, les fondamentalismes et les terrorismes qui y sont associés..

Rappelons-nous les analyses prophétiques des années Trente, applicables à notre crise actuelle. Keynes avait parlé non pas d'une crise économique mais d'une crise de l'économique, car nos sociétés sont structurées autour de la lutte contre la pénurie et la rareté, alors que le problème actuel est souvent celui d’une abondance, qu'on ne sait pas gérer et qui génère ce que Keynes osait nommer , dans ses « Essais sur l’économie et la monnaie » une dépression nerveuse collective.
Les symptômes de la crise sont particulièrement visibles dans nos sociétés matériellement sur-développées, mais en voie de sous-développement sur le plan affectif, éthique et spirituel. En effet, nos sociétés, de plus en plus fascinées par les technologies de communication souffrent en réalité d'une triple rupture de communication : avec le cosmos et la nature, dans le rapport avec nous-mêmes (intériorité, sagesse, méditation) et dans le rapport à autrui.

Il faut entendre les grands dérèglements actuels, et y voir la nécessité de changer de paradigmes, de paramètres sociaux et économiques. Par exemple, l'essentiel de l'activité humaine est pensé autour de l'activité économique, une économie réduite à sa composante productiviste et industrielle, dont les effets destructeurs - sur l'environnement, et le tissu social - sont avérés. Ce modèle n'offre aux hommes qu'une seule perspective, devenir un producteur compétitif, l'autre étant un rival dans cette compétition. C'est la logique guerrière de la domination, de la captation des savoirs et du sens, de la possession des biens, et de l'autre. Dans ce modèle, on compense la pauvreté du projet d vie par une excitation dans l'ordre de l'avoir (consommer, posséder, dominer) et par le divertissement au sens pascalien du terme.
A cette logique en impasse s'oppose une autre logique, celle de ce que Pierre Rahbi nomme la « sobriété heureuse » ou Majid Rahnema « la simplicité volontaire ». C’est une logique de l’art de vivre et du bien être en entendant pleinement le terme " être " dans ce terme trop souvent banalisé.

La logique de l'avoir est illustrée par cette phrase de Gandhi : Il y a suffisamment de ressources sur cette planète pour répondre aux besoins de tous, mais pas assez pour satisfaire le désir de possession de chacun. Cette logique a une limite écologique évidente. En termes d'empreinte écologique, on a mesuré que si les pays en développement adoptent le mode de vie des pays riches, il faudrait l’équivalent de plusieurs planètes en 2050. !On comprend bien que le vieux monde ne peut plus continuer sur de telles bases.

En matière de climat, au lieu des petits pas du protocole de Kyoto -que l’on n'applique pas alors qu'il est déjà insuffisant - il faut des politiques publiques qui disent la vérité, et mettent en place les conditions démocratiques et culturelles pour examiner ensemble ce qu'il faut faire, si nous voulons éviter le désastre.

Nous parlons là d'une cure de désintoxication radicale : il ne s'agit pas de " verdir " le mode de développement actuel, mais d'en changer totalement la nature.
Il faut aussi changer nos modes de comptabilité nationale, car nos calculs des richesses sont en grande partie contre-productifs. C’est une erreur de penser qu'il y a d'une part des entreprises productrices de richesses, et d'autre part des activités qui ponctionnent ou prélèvent les richesses. Une entreprise serait impuissante dans un monde où l'eau serait devenue inconsommable, la terre empoisonnée et l'air irrespirable. Le non sens est le même si la population est illettrée et en mauvaise santé, du fait du démantèlement des services publics, ou si l'incivilité se développe. Ce qui veut dire que les biens communs essentiels (environnement, santé publique, morale civique...) sont aussi fondamentaux que la création et la transformation de richesses réalisée au sein de l’entreprise.

Voilà quelques unes des raisons qui nous poussent à écouter ceux qui, comme André-Jacques Holbecq et les membres de son collectif , le "GRESSO", cherchent à donner un contenu concret aux projets alternatifs . C’est le mérite de ce livre que d’y contribuer avec force.

Patrick Viveret


Philosophe, Magistrat à la Cours des Comptes
Auteur, entre autres, du rapport "Reconsidérer la Richesse" (éditions de l'Aube) et de " Pourquoi ça ne va pas plus mal ?" (Editions Fayard)

Voir particulièrement : " Vous ne pourrez pas dire ..." , " Changer de paradigme " , " Trente ans de perdus " (650 ko)


L'Association de Coopération Sociétale et le site "e-dons",

démonstrateurs d'un système écosociétal.

(pré-ouverture du site e-dons http://www.e-dons.org : vous pouvez déjà vous inscrire)

Notre hypothèse est que le capitalisme ultra-libéral, système totalement destructeur de l'homme et de la planète, vit ses dernières années. Les "rustines" ne permettront pas d'éviter son éclatement, une crise majeure imposera de le remettre en question. Cette analyse est partagée par beaucoup, qu'ils soient économistes, politiques ou même banquiers, et même des banquiers Suisses, c'est tout dire :-) (j'écris cela parce que j'en ai vraiment rencontrés, qui m'ont fait part de cette même analyse...).

Pouvons nous aider à accèlérer le mouvement, si ce n'est par les explications que nous essayons de donner, ce changement de paradigme nécessaire pour admettre que le système capitaliste n'est pas "le moins mauvais" ? La réponse est "oui, il nous semble".

L' alternative complète au système économique et monétaire actuel est issu d'une question: quel système monétaire, économique et social mettrions nous en place si nous en avions le pouvoir ou si nous avions à conseiller les dirigeants ?
Notre proposition "l'Eco-sociétalisme" est présenté sous forme d’un modèle/description qui pourrait (peut être) inspirer les instances dirigeantes lorsqu’elles devront remettre à plat le système actuel, puisqu'un système économique, quel qu'il soit, ne peut fonctionner indépendamment à une échelle trop restreinte. Il est nécessaire que la zone englobante soit au moins relativement autonome en ce qui concerne la production de biens et de services, et, si elle ne l'est pas, qu'elle soit capable d'exporter ce que d'autres ne peuvent ou ne savent pas produire.

Malgré la difficulté d'envisager la coexistence du système capitaliste (ultra) libéral et de l'écosociétalisme au sein d'une même zone géographique nous avons cherché le moyen de créer une " coopérative sociétale ", fonctionnant au plus proche possible du modèle théorique de l'écosociétalisme. Bien que limitée dans son application du fait qu'il doit avoir "un pied dans le système mondial" nous avons décidé de créer un "démonstrateur" à qui nous avons assigné au moins quatre buts:
Au départ ce sera surement une goutte d'eau mais l'idée est que chacun augmente régulièrement son pourcentage de fonctionnement "écosociétal" par rapport à son activité dans la "société libérale", en basculant progressivement du capitalisme au sociétalisme, en mettant en oeuvre des notions de solidarité, de partage, d'optimisation des moyens de chacun au profit de tous les participants.

Ce démonstrateur qui réunira (nous l'espérons) de nombreux acteurs, personnes physiques et morales, voit le jour en août 2005 sous forme d'une association "organisatrice" (un "hub"). Son siège est à Aix en Provence (Maison de la vie associative)

L'objet statutaire de l'Association de Coopération Sociétale est:
- de permettre les échanges entre des personnes de sensibilité sociétaliste.
- de soutenir moralement ou financièrement des projets sociétaux.
- et plus généralement d'effectuer toutes opérations pouvant se rattacher à l'objet ci-dessus défini.


Explications



1 - Les membres (personnes physiques) de l'association sont celles qui estiment pouvoir soutenir moralement ou financièrement les projets sociétaux, et, dans ce dernier cas, par un engagement consistant à apporter trimestriellement à l'Association une partie de leurs revenus (1% à 3% sont suggèrés). Cet apport trimestriel (appelé "ECOT") est fiscalement considéré comme un "don aux œuvres". Les dons et les cotisations sont éligibles au bénéfice de l'avantage fiscal concernant les œuvres d'intérêt général. (Déductibilité de 60 % des versements dans la limite de 20 % du revenu avec possibilité de report sur 5 ans).
La cotisation des personnes physiques est fixée à 12 euros par an, payable au prorata des mois à courrir en cas d'adhésion en cours d'année. C'est cet "écot" qui va permettre à ACS de soutenir financièrement des projets sociétaux. On peut donc dire que c'est un "impôt volontaire" à la "société sociétale" que nous tentons de former.
Les membres de l'ACS ne pourront évidement pas être bénéficiaires d'un soutien financier de la part de l'association.

2 - Les membres (personnes morales) de l'association sont les Associations, les Coopératives ou des Sociétés Commerciales dont l'objet permet de favoriser le développement du sociétalisme. L'acceptation de leur adhésion et le montant de leur cotisation sont déterminés par accord mutuel lors de chaque demande d'adhésion. Néanmoins, une association adhérente et recevant des dons s'engage à utiliser ceux ci pour 40% en "projets sociétaux " au choix du Conseil d'Administration de ACS (éventuellement en cofinancement de projets), et elle reversera à ACS, outre sa cotisation négociée, 10% des dons annuels reçus.

3 - L'Association est en train de mettre en place (devrait être opérationnel fin octobre 2005) un site d'échange en ligne (site de "e-dons"), ouvert à tous. Sur ce site d'échange (sur lequel pourront également être proposé des biens de seconde main):
- Toutes les personnes motivées par la "philosophie sociétale" (appelées "coopérateurs") pourront proposer leurs productions de biens ou services qui feront l'objet de reMERCIEments par ceux qui souhaiteront les recevoir.
La valeur des productions de biens ou services proposées sont basées sur 10 MERCIS par heure nécessaire à leur production (modulé par un Coefficient d'Utilité Sociétale).
- Les autres personnes (appelées "participants") pourront proposer leurs productions de biens ou services en monnaies nationales.

4 - Le site "e-dons" (géré par l'ACS) ne pourra être de toute façon considéré que comme un support de mise en relation entre vendeurs et acheteurs (l'ACS ne fait pas de commerce).

Notre première action sera surement celle que nous allons entreprendre au bénéfice d'un des pays les plus pauvres de la planète, Madagascar. Voir cette page.



Pour éviter le risque d'avoir des documents comportant (même) de légères différences de formulation, les seuls documents "officiels" concernant l' Association de Coopération Sociétale sont ceux se trouvant sur le site aux adresses suivantes:

1 – Les statuts
2 – La Charte de Fonctionnement Interne
3 - Le Bulletin d'Adhésion membre actif (personne physique)
4 – L'Accord d'Adhésion d'une Personne Morale correspondant au "contrat" entre l' ACS et les éventuelles associations ou coopératives qui souhaiteraient rejoindre ce "démonstrateur".

Adresse de l'Association de Coopération Sociétale:
A.C.S.
Maison de la vie associative Lou Ligoures
Place Romée de Villeneuve
13090 - Aix en Provence

Parution au J.O.
Parue au J.O. N°33, sous le numéro 13-134 (page 3951) du 13 Août 2005

Banque
Crédit Coopératif Aix en Provence
150 ave G. Pompidou
BP 10325
13617 Aix en Provence

RIB: 42559 00038 21028249907 58

Au 10/09/2005
Président: André-Jacques Holbecq
Trésoriere: Nadia Mathelin
Secrétaire: Didier Talmone

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La bonne adresse: http://tiki.societal.org

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