("votre scénario")
 
« Je vous propose d'essayer de réfléchir aux premières conséquences du déclin pétrolier : comment le scénario se déroulera-t-il? »
Les grandes crises se déclenchent souvent là où on ne l’attend pas, il convient donc de faire preuve d’imagination et d’extrapoler. Avant d’en revenir au pétrole qui sera certainement l’élément déclencheur de la crise, je me prête au jeu des supputations en posant le jeu de dominos pièce par pièce, ou plutôt acte après acte.


ACTE 1

Scene1 : juin 2005 - Plantons le décor.


La croissance économique mondiale reste soutenue comme en témoigne le déficit croissant des Etats-Unis qui se maintient au-dessus des 60 milliards de $ par mois, encouragé par la consommation des ménages américains qui se réjouissent du prix du baril qui est retombé sous les 50$. Le dow Jones repasse la barre des 11000 points et Greenspan poursuit la hausse modérée des taux qu’il relève à 3%, l’euro fléchit et retombe à 1.25$.
Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.

La bulle immobilière poursuit son gonflement, le prix médian des logements atteint 200.000$.
FannieMae, ou GinnieMae, qui ont repris les contrats hypothécaires des banques et exultent tant les profits générées par les prêts hypothécaires augmentent. Toutefois, les familles américaines ne sont pas endettées seulement en raison de leur logement. Selon les statistiques de la Fed, l’endettement des ménages aux Etats-Unis est actuellement de 35 billions de dollars (35 000 000 000 000$), ce qui porte l’endettement moyen d’une famille de quatre personnes à quelque 450 000 dollars. L’endettement moyen des consommateurs lié aux cartes de crédit, aux automobiles, etc., s’élève à des montants record. Les constructeurs d’automobiles continuent d’offrir des crédits dont la durée peut atteindre de six à sept ans. L’endettement de nombreux Américains ayant acheté une voiture dépasse la valeur de celle-ci. Le taux d’épargne des ménages passe sous la barre des 1%.

Et l’endettement continue d’augmenter. Les plus grands détenteurs de reconnaissances de dette de l’Etat américain sont les banques centrales d’Asie et de la région du Pacifique. A elles seules, celles du Japon et de la Chine possèdent, parmi leurs réserves en monnaies étrangères, des obligations d’Etat américaines se chiffrant à plus de 1 billion de dollars (1000 000 000 000$). Sur toute la planète, les banques centrales étrangères détiennent des bons du Trésor des Etats-Unis pour un montant de quelque 1,3 billion de dollars. Si l’on y ajoute l’endettement privé, l’endettement net total des Etats-Unis vis-à-vis du reste du monde dépasse 4 billions de dollars (4 000 000 000 000$).

La bulle financière sans précédant (la valeur notionnelle des dérivés atteint des sommes se calculant en billions de dollars) et les opérations spéculatives complexes, non contrôlées et à haut risque s’amplifie. Le fossé entre l’économie réelle et celle de la finance spéculative est de dimension presque inimaginable. En plus des chiffres totaux, une autre source d’inquiétude est le taux de croissance exponentiel de ces valeurs.
Rapport officiel de la BRI de Bâle (la "Banque des banques centrales"), intitulé "Le marché des dérivés OTC (hors bourse), premier semestre 2003". « Dans ce rapport daté du 12 novembre 2003, on admet la valeur notionnelle des dérivés OTC, juin 2003 de 169 700 milliards de dollars :
Un chiffre énorme, il convient de souligner que fin juin 2001, selon les rapports officiels de la BRI, les dérivés OTC représentaient 100 000 milliards de dollars. En trois ans donc, on compte un accroissement de 70 000 milliards de dollars, ce qui correspond à près de deux fois le PIB mondial !
Ceux qui parlent aujourd’hui de produits dérivés comme s’il s’agissait de simples opérations de couverture de risque sont certainement égarés : les produits dérivés représentent
« le » risque majeur pour l’ensemble du système financier mondial.
L’on estime que le montant de toute la bulle financière, incluant les titres dérivés et toutes les autres formes de dette existante, s’élève à quelque 400 000 milliards de dollars, pour un PIB mondial d’un peu plus de 40 000 milliards de dollars.
Ce sont des chiffres disproportionnés eu égard au fait que le PIB des Etats-Unis se situe à quelque 11 000 milliards de dollars.
La BRI s’est déclarée très inquiète du fait que les fonds spéculatifs, dits hedge funds, pèsent de plus en plus lourd dans ces opérations.

La bulle obligataire des OAT : quatre années de taux d'intérêt à des niveaux historiquement bas n'ont pas créé dans les principales économies mondiales une bulle obligataire ?
Le mois dernier, le président de la Réserve fédérale américaine Alan Greenspan a déclaré que cette situation restait pour lui "une énigme" alors que la Fed a engagé depuis juin dernier un cycle de hausse des taux courts.
Habituellement, les taux d'intérêt à moyen ou long termes remontent plus on avance dans un cycle économique et lorsque la demande est forte, les cours du pétrole élevés et quand un resserrement monétaire est engagé. Or le rendement de l'emprunt à dix ans du Trésor américain n'a cessé de baisser depuis le début du cycle actuel de resserrement de la Fed. La dette publique américaine totale devrait exploser d’ici à 2013, passant de 6300 milliards de dollars actuellement à 9500 milliard. Ceci posera d’autant plus problème que le montant de la charge d’intérêt va augmenter de manière très rapide, passant de 155 milliards de dollars en 2003 à près de 225 milliards en 2008 dans l’hypothèse la plus favorable du CBO. Le financement par l’emprunt risque donc d’être plus massif et plus coûteux pour les États-Unis, ce qui aura aussi un impact important sur le budget. Les taux d’intérêt sur le bons du trésor devraient ainsi passer à 3.5 % en 2005 contre 1.4 % en 2004.

La dette publique française s'élève à 1066 milliards d'euros pour 2004 soit 67 % du PIB et le déficit annuel 3.7 %. Cette dette est surtout remarquable par l'incapacité de l'état français à la rembourser. Certains économistes estiment qu'en intégrant les dettes des entreprises publiques, régulièrement épongées par l'état, la dette totale de la France s'élèverait à 1650 milliards d'euros, somme abyssale s'il en est.
La dette publique : plus de 1000 milliards d’euros, soit 15 000 euros (100 000 francs) par Français : 500 000 francs pour une famille de trois enfants ! Nous avons déjà donné ces chiffres. Mais la Cour des Comptes fait observer que la dette publique a augmenté en trois ans de 22%, deux fois plus vite que celle de l’Allemagne, pourtant très déficitaire. Comment rembourser et qui pourra le faire ? Le courbe de l’endettement devient exponentielle…
Sans même parler du remboursement en capital, les charges d’intérêts à elles seules deviennent explosives. Elles représentaient 5% des dépenses de l’Etat en 1980, 10% en 1986, 16% en 2003. Pour comprendre ce que cela signifie, il faut savoir que la seule charge des intérêts représente les trois quarts des recettes fournies par l’impôt sur le revenu… C’est devenu le deuxième poste budgétaire, juste après l’Education Nationale, et devant la défense.

FIN DE L’ACTE 1
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ACTE 2

Scene2 : - 3 août 2005:
Craignant une crise du dollar, la Chine et le Japon ont commencé en août à acheter des matières premières, surtout du pétrole pour se constituer une réserve stratégique, de fer, du cuivre et de l’or. Ils placent les dollars acquis par leurs exportations en biens réels plutôt qu’en reconnaissances de dette des Etats-Unis, qui ne sont rien d’autre que du papier. Ces achats de pétrole par une Chine désireuse de constituer des réserves stratégiques sont un des facteurs principaux qui fait paniquer les marchés et remonter en flèche le cours du pétrole au-dessus de 60 dollars le baril.

- 6 août 2005 : Les « papiers » chinois ne trouvent plus preneur, le dollar chute de 2% au forex à 1.33$ pour 1 euro, Bush intervient au près de ses « amis » du golf, afin qu’ils reprennent les tombereaux de dollars chinois et japonais. Les koweïtiens s’exécutent immédiatement mais les rois du golf traînent des pieds les nerfs déjà chauffés à blanc par la politique américaine en Irak et leur soutient inconditionnel à Israël. Le dollar chute encore de 2% à 1.35$, le Forex panique, des dizaines de milliards de $ s’évaporent sur les marchés de change. Greenspan intervient, la réserve fédérale remonte ses taux de 0.5%, le marché obligataire vibre mais tient le coup, le dollar remonte à 1.33$. sous la pression américaine les pays du golf prennent le relais des chinois et japonais en ramassant les charrettes de dollars qu’ils jettent sur le marché. Un fond d’investissement chinois lance une OPA sur Rio Tinto, Anglogold gagne 8% en une séance, les marchés se calment.

- 11 août 2005: Une dépêche sur Aljazeera annonce : « Paul Wolfowitz à la tête de la banque mondiale accorde une ligne de crédit de 7 milliards de $ à l’Azerbaïdjan et au Turkménistan, qui acceptent en contre partie de nouvelles bases américaines sur leurs territoires.
L’intégration du Caucase dans le projet du Grand Moyen Orient américain progresse. Alors que la pression américaine s'accentue sur l'Iran désormais totalement encerclé, il convient de rappeler son intérêt stratégique majeur. Second producteur de pétrole de l'Opep, second en termes de réserves mondiales de gaz, l'Iran est aussi une route énergétique majeure. »

- 17 août 2005 : Un drone américain est abattu par la défense iranienne près de la centrale nucléaire de Bushehr, dans la même journée deux agents du renseignement américain sont capturés au Centre de recherche nucléaire d'Esfahan. L’Iran proteste énergiquement auprès des Etats-Unis contre ce qu’elle appelle des actes de guerre.

- 18 août 2005 : Condoleezza Rice exige la restitution des deux espions, citoyens américains. Menaçant l’Iran d’une intervention militaire si elle n’obtempérait pas. Arguant du fait qu’il était légitime que les Etats-Unis s’assure que ce pays ne possède pas la bombe atomique. L’Iran refuse et menace en cas d’attaque de détruire les terminaux pétroliers de Bassora. La Russie intervient en signalant que l’Iran est signataire du traité de non-prolifération et que l'Iran a affirmé n'avoir ni le besoin, ni le désir de conserver l'uranium irradié que produira le réacteur une fois en service, et aurait l'intention de le renvoyer en Russie.
Condoleezza Rice intervient à nouveau en traitant l’Iran de pays de l’axe du mal et du mensonge, et exige la restitution des espions américains, ceci est un ultimatum qui si il n’est pas exécuté dans les heures qui suivent, engagera une action préventive et armée contre les installations nucléaires iraniennes.
La Chine intervient à l’ONU et menace de veto toute résolution américaine allant dans le sens d’une intervention armée en Iran. John Bolton ambassadeur des Etats-Unis auprès des Nations unies déclare que les Etats-Unis se passeront des recommandations de l’ONU et agiront si elles le jugent nécessaire.
La France et la ligue arabe ulcérée protestent énergiquement. John Bolton méprisant se moque de la vieille France qui ne sait que toujours dire non comme au référendum et renvoie les roitelets arabes à leurs tentes et chameaux. Blanche de rage la Ligue Arabe se retire en claquant la porte.
A chaque heure qui passe le baril augmente de 1$ ; Il est désormais à 66$.

-19 août 2005 : deux F16 pénètrent dans l’espace aérien iranien, les radars de la défense anti-aérienne iranienne « accrochent » les deux appareils qui ripostent en détruisant les radars, puis se retirent. En réplique deux missiles sol-sol de courtes portées sont tirés sur le terminal de Bassora, qu’ils ratent et tombent dans la mer. Américain et Iranien s’accuse mutuellement d’avoir commencé les premières hostilités. Le prix du baril monte encore à 69$.
En Europe les opinions se mobilisent, 1 million de personnes défilent à Rome et 2 millions à Londres, les manifestants de ces deux pays refusent que leurs pays soit engagés dans une nouvelle guerre au côté des Etats-Unis. Dans les pays arabes la fureurs des manifestants est à son comble, partout des drapeaux américains brûlent et la foule voue aux gémonies le grand Satan américain.
Jérusalem Est. Un groupe d’extrémistes ultra-orthodoxes juifs, profitant des tensions internationales investit l’esplanade des mosquées. Des centaines de palestiniens convergent vers l’esplanade des mosquées afin de chasser les intrus juifs. Des heurs violents opposent juifs et palestiniens, Ariel Sharon envoie l’armée séparer les belligérants sur l’esplanade, l’armée israélienne entre jusque dans la mosquée Al-Aqsa haut lieu de l’islam, pour déloger les belligérants. Les musulmans du monde entier crient leur indignation. L’armée se retire, il y aura 26 morts chez les juifs et 51 morts chez les palestiniens.
G.W.Bush intervient à la télévision regrettant les événements de la journée en Iran et à Jérusalem en condamnant l’attitude des musulmans extrémistes et en réaffirmant tout son soutient à Israël.
Les chiites irakiens ulcérés par l’attitude américaine exige par la voix du grand ayatollah Ali Al-Sistani le départ immédiat des troupes américaines d’Irak. La population chiite irakienne en ébullition défile en arme à Nadjaf, particulièrement les milices armées d’Al-Sadr, connues sous le nom des Brigades du Mahdi (le messie occulté qui va revenir). Le grand ayatollah Ali Al-Sistani nomme Al-Sadr ouléma et demande qu’on l’intègre au Conseil gouvernemental irakien. Al-Sadr est désormais soutenu par les autres guides chiites irakiens et déclare aussitôt la création d’un Etat islamique en Irak.
Les sunites refusent et déclarent la guerre aux chiites. Les kurdes au nord se désolidarisent des deux autres ethnies et proclament leur indépendance en proclament Kirkouk comme capitale du Kurdistan libre. Les troupes américaines massées sur la frontière Iranienne ne bougent pas. Les alliés des Etats-Unis décident le rappel des troupes dans leurs pays. Les Etats-Unis sont isolés.

-20 août 2005 : Condoleezza Rice accuse l’Iran d’avoir fomenté les troubles en Irak et menace ouvertement le gouvernement iranien d’entrer en guerre si les troubles en Irak continuent.
L’aviation américaine investit massivement l’espace aérien iranien. Immédiatement l’Iran décide de suspendre ses livraisons de brut. Le baril passe brutalement la barre des 100$. L’Opep réunit à Vienne déclare par la voix du représentant saoudien qu’en réponse à l’agression américaine en Iran le marché du pétrole ne serait plus négocié en dollars, ce qui reviendrait à financer la guerre américaine, mais en euros.
Dans la minute qui suit des centaines de milliards de dollars sont vendus dans le monde, le Forex et le Matif suspendent leurs activités. Le dollar n’est plus côté, les valeurs américaines plongent à la bourse de New York, le Dow Jones passe de 11000 à 7700 points, les bourses mondiales suspendent les cotations.

FIN DE L’ACTE 2
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ACTE 3 :
 
Le nouvel ordre monétaire international ou le principe du Caducée selon Lilith.

Juillet 2005. Une attaque sur l’Iran n’étant plus qu’une affaire de semaines voire de mois, il convient d’analyser de manière macro économique les inévitables conséquences qu’engendrera le chaos monétaire qui inévitablement suivra ce conflit.

Samedi 16 avril 2005 se termine à Washington l’assemblée de printemps de la Banque mondiale et du FMI. Paul Wolfowitz, le nouveau président de la BM à partir du 1er juin 2005, entre en scène. Bien connu comme secrétaire adjoint à la défense américaine du gouvernement Bush, chef de file et idéologue des néo-conservateurs, théoricien de la guerre préventive et de la nouvelle politique étrangère américaine, stratège de la guerre en Irak, il l’est moins sur ses grandes orientations économiques. Il peut donc se payer le luxe de déclarer, le cœur sur la main, qu’il poursuivra et amplifiera la lutte contre la pauvreté dans le monde, dans la lignée de son prédécesseur James Wolfensohn. La Banque Mondiale devient un repaire de loup.

Pourquoi le Fonds monétaire international conserve-t-il son or?
Le 18 avril 2005 la Neue Zürcher Zeitung écrivait: «Lors de la réunion de printemps du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, […] les représentants du G–7 ont réaffirmé leur volonté, annoncée il y a 2 mois à Londres, d’alléger voire d’annuler les dettes que les pays les plus pauvres ont contractées auprès des organismes multilatéraux.
Toutefois, il n’est question que des dettes auprès de la Banque mondiale et de la Banque africaine de développement dont le montant est d’environ 20 millions de dollars. L’annulation des dettes des pays en développement envers le FMI, estimées à environ 8 milliards de dollars, semble être une affaire réglée.
La raison en est le net refus opposé par différents pays industrialisés, emmenés par les Etats-Unis, à la proposition de la Grande-Bretagne de financer cette opération en vendant l’or du FMI.»
La question se pose de savoir pourquoi le FMI, dominé par les Etats-Unis, conserve son or alors qu’il interdit à d’autres pays, comme la Suisse, d’assurer la couverture de leur monnaie avec leurs propres réserves d’or (Ferdinand Lips: Die Goldverschwörung, 2003). On peut se demander ce que le FMI entend faire de tout cet or. Le FMI possède les plus importantes réserves d'or au monde après les Etats-Unis et l'Allemagne (plus de 3200 tonnes).
Est-ce qu’il veut – après l’inévitable effondrement du dollar suite à l’intervention en Iran et la crise monétaire mondiale qui suivra – avoir une réserve solide pour lui tout seul?

De la monnaie réelle à la monnaie fiduciaire

La manipulation actuelle des systèmes de la monnaie et des changes constitue le scandale le plus important et aux conséquences les plus marquées de notre époque. Pour la première fois, l’escroquerie monétaire atteint des dimensions mondiales, car elle a lieu sur toute la planète, elle ne peut plus être contrôlée, arrêtée ou empêchée par aucun gouvernement et elle a même lieu de manière formellement légale,
Selon la théorie financière, la monnaie est un moyen d’échange légalisé, qui conserve de surplus sa valeur. C’est pourquoi elle était jadis un monopole de l’Etat (droit de battre monnaie). Les pièces d’or, d’argent et de cuivre qui circulaient comme monnaie étaient battues par l’Etat. Celui-ci garantissait aussi la pureté du métal et le poids des monnaies, de sorte que l’on savait à tout moment, dans le pays comme à l’étranger, quelle était la valeur de chaque pièce. Ainsi, les pièces de monnaie étaient simultanément moyen d’échange et valeur durable.
• Mais pour battre monnaie, l’Etat doit avoir de l’or et de l’argent. Il était donc important qu’il disposât de mines d’argent par exemple ce qui lui permettait de battre des monnaies supplémentaires en argent. Inversement, les citoyens savaient que l’Etat ne pouvait battre monnaie que dans la mesure où il disposait des métaux précieux correspondants. L’approvisionnement en métaux précieux était donc la base de la monnaie de métal précieux en circulation (monnaie d’or en circulation).

Cependant, des princes ont toujours tenté de se procurer davantage de monnaie qu’ils n’avaient de métal précieux en réduisant la part des métaux précieux dans l’alliage des pièces. Il en est résulté que les marchands et bourgeois ont cédé la mauvaise monnaie, mais gardé la bonne jusqu’au moment où, tous étant au courant, il a fallu refondre la mauvaise monnaie. Des pièces d’or ont circulé jusqu’à la Première Guerre mondiale.

• Une monnaie d’or en circulation a cependant l’inconvénient que l’augmentation de l’or n’atteint pas la croissance économique, de sorte qu’un manque d’or déflationniste peut empêcher une forte croissance économique. C’est pourquoi de nombreux Etats sont passés à une monnaie d’or indirecte: ils disposaient d’un trésor d’or d’un certain montant en or, à partir duquel ont été émis des billets de banque qu’il était plus aisé de transporter, de compter et de détenir en grande quantité. Leur valeur résultait de la faculté de présenter à tout moment les billets à la banque centrale et de les y échanger contre la quantité correspondante d’or ou d’argent (billets convertibles en métal précieux). De cette manière, l’Etat pouvait émettre davantage de monnaie fiduciaire qu’il ne possédait de métal précieux, peu de détenteurs de monnaie insistant d’habitude sur l’échange de billets en or. Normalement, un volume de moins de 10% d’or suffisait à un volume de billets de 90%.
• Le système fonctionnait dans le monde entier. En effet, des pays dépourvus d’or garantissaient aux détenteurs de leurs billets un cours fixe de change par rapport aux monnaies convertibles en or. Tant que cette garantie de change existait, les bourgeois étaient certains de pouvoir échanger – à vrai dire par le biais d’un double échange (étalon de change-or) – leur monnaie fiduciaire contre des pièces de métal précieux et avaient ainsi tout au moins une garantie indirecte de la valeur de leur monnaie.

De la monnaie d’Etat à la monnaie privée

L’étape décisive menant à l’abandon de la monnaie d’Etat a été la fondation, en 1913, du Système fédéral de réserve des Etats-Unis. Bien que la constitution américaine ne prévoie que l’or et l’argent comme monnaies légales, un cartel fondé par des banques privées et dirigé par les deux grands groupes financiers Rothschild et Rockefeller a créé une banque centrale privée ayant droit d’émettre sa propre monnaie, devenue moyen légal de paiement et garantie initialement par le gouvernement des Etats-Unis. Après la Première Guerre mondiale, cette banque privée a racheté les réserves d’or mondiales. Il en est résulté que de nombreuses autres monnaies n’ont plus pu maintenir leur étalon-or et ont sombré dans la déflation (première crise économique mondiale).
• A la fin de la Deuxième Guerre mondiale, l’instauration d’un nouvel étalon dollar-or a été donc décidée en 1944 à Bretton Woods. Pendant la guerre mondiale, les Etats-Unis ont exigé des belligérants le paiement d’armements en or. L’or de l’Allemagne a dû être remis comme butin. Ainsi, plus de 30000 tonnes d’or venant du monde entier se sont accumulées aux Etats-Unis, soit davantage que dans tous les autres pays réunis. Cet or a servi de couverture au dollar. Mais comme les banques centrales du monde détenaient une grande partie des dollars à titre de réserves monétaires, les Etats-Unis ont pu émettre davantage de monnaie que leur quantité d’or. L’étranger avait en effet besoin de dollars pour acheter les matières premières traitées uniquement en cette monnaie. Outre l’or, le dollar est donc devenu toujours davantage une réserve monétaire des autres banques centrales. Le règne du dollar sur le monde avait commencé.

• En 1971, le président des Etats-Unis, Richard Nixon, a supprimé l’obligation de convertir le dollar en or (étalon dollar-or) et, simultanément, la responsabilité de l’Etat à propos du cours du dollar. Depuis lors, la devise américaine n’est plus couverte ni par de l’or ni par la garantie de l’Etat, mais demeure la monnaie privée libre du Système fédéral de réserve (la Fed). Le dollar et toutes les autres monnaies du monde ne conservent par conséquent plus de valeur, mais est un simple moyen de paiement imprimé et légalisé.
• Si la loi peut obliger à accepter une monnaie non couverte comme moyen d’échange, il ne peut en faire de même comme moyen de conservation de la valeur. Dans ce cas, la confiance du détenteur de billets que la valeur de sa monnaie est assurée à long terme est nécessaire. A son tour, le cours à long terme – la confiance – d’une monnaie flexible dépend uniquement de la rareté de cette monnaie ou du volume de la masse monétaire. Le problème est que la masse des biens n’a que quadruplé durant les trente dernières années alors que la masse monétaire s’est multipliée par quarante.
• Or, une augmentation de la masse monétaire implique toujours de l’inflation. Et l’inflation entraîne une dévalorisation de la monnaie.
La plupart des Etats ont préféré une monnaie axée sur la quantité. Ils ont obligé leurs banques centrales à déterminer leurs masses monétaires d’après certains objectifs, tels la croissance économique ou le plein-emploi. La politique nationale a profité de cette évolution pour exercer son influence sur la banque centrale et sur la monnaie, ce qui a régulièrement entraîné une inflation de la masse monétaire (exemples: France, Italie, Espagne).
En revanche, la Fed a préféré une «monnaie quantitativement libre», c’est-à-dire une monnaie dont les excès par la politique ou les propriétaires privés du Système de réserve ne sont pas limités par la loi.
• Depuis lors, aucune monnaie du monde n’a plus quelque base de valeur que ce soit, la monnaie mondiale s’est détachée de toute valeur réelle, les billets sont imprimés sans arrêt et leur valeur diminue continuellement en raison de leur augmentation constante. Si les gens croient toujours que le papier-monnaie qu’ils détiennent a une valeur fixe, cela résulte de manipulations habiles des changes donnant l’illusion d’un rapport de valeurs. De fait, les changes sont manipulés par les groupes qui engendrent aussi l’augmentation de la masse monétaire.
• Pratiquement, le Système fédéral de réserve privé guidé par la haute finance des Etats-Unis et appartenant à celle-ci a atteint l’importance d’un système de monnaie mondiale:
Le dollar, monnaie privée de la Fed, domine déjà le monde de par sa masse monétaire. Plus de 75% de la monnaie mondiale sont des dollars.
La haute finance des Etats-Unis a obligé aussi les marchés des matières premières qu’elle contrôle à ne vendre leurs produits qu’en dollars. Qui ne vend pas son pétrole contre des dollars sans valeur est déclaré terroriste (Saddam).
Les banques centrales des autres pays ont été également forcées d’accepter des dollars comme réserves monétaires dans des proportions croissantes (plus de 90% dans le cas de la Banque centrale européenne). La valeur des autres monnaies – tel l’euro – découle donc à raison de plus de 90% de billets en dollars sans valeur, ne reposant que sur la puissance et la volonté de la haute finance américaine.
Les banques centrales étrangères ont été amenées avec ou sans douceur (Suisse) à céder ou à «prêter» leurs réserves d’or contre des dollars. Ainsi, l’or du monde s’est de nouveau concentré, comme avant la première crise économique mondiale, chez les propriétaires de la Fed, de sorte qu’un système de l’étalon-or ne pourrait être réinstauré que conformément à leur volonté et qu’ils feraient l’affaire du siècle du simple fait d’une réforme monétaire entraînant une nouvelle fixation du prix de l’or (Greenspan: «peut-être jusqu’à 6000 dollars»).

La haute finance des Etats-Unis détermine donc par l’intermédiaire de la Fed, qui lui appartient, la monnaie et les changes du monde entier. Le dollar est la monnaie privée de cette haute finance. Il n’est garanti par personne d’autre, mais est maltraité autant que faire se peut, accru et modelé en instrument de sa domination sur le monde et du vol de toutes les matières premières et valeurs réelles importantes.

• En augmentant sans scrupules la masse des dollars, la haute finance des Etats-Unis s’est procuré des liquidités illimitées, qui lui permettent d’acheter le monde entier. Par cette émission, l’Etat américain peut émettre davantage de dollars qu’il n’en reçoit (endettement débridé). Aussi bien la haute finance dominatrice des Etats-Unis que le gouvernement qu’elle domine profitent donc de l’augmentation de la masse monétaire. Par conséquent, le volume des dollars s’est accru toujours plus vite ces dix dernières années.
• De même, les dettes de l’Etat ont augmenté considérablement envers l’étranger. Le gouvernement des Etats-Unis commande donc de plus en plus de biens réels à l’étranger, qu’il paie par des billets sans valeur – la forme moderne du tribut.
• Il faut attribuer à une mise en scène et à un chantage habiles le fait que cet accroissement sans limite des dollars n’a pas entraîné depuis longtemps la chute de cette monnaie et le refus des clients de l’accepter: la haute finance et le gouvernement des Etats-Unis forcent économiquement et politiquement depuis des années les principales banques centrales du monde (Banque centrale européenne, Banque du Japon, Banque de Chine, etc.) à garder des dollars sans valeur accumulés lors d’exportations ou d’achats de valeurs réelles et à les détenir comme réserves de devises constituant soi-disant de la valeur. Cela signifie pratiquement que les banques centrales de Chine, du Japon et d’Europe accumulent en quantités toujours plus fortes, comme réserves monétaires prétendument de valeur, les dollars sans valeur leur parvenant à la suite des livraisons de biens de leurs ressortissants. La monnaie des Etats satellites est donc déjà garantie par des dollars dont la valeur diminue toujours davantage; elle a aussi perdu pratiquement sa valeur. Ainsi, toutes ces monnaies naviguent sur le même bateau de la dévaluation, les promoteurs de l’augmentation de la masse monétaire à New York et Washington ainsi que leurs aides augmentant la masse monétaire dans les banques centrales des Etats satellites.
• Toutefois, le débiteur que sont les Etats-Unis décide lui-même dans quelle mesure il plumera finalement ses financiers par une dévaluation officielle du dollar et se débarrassera de son endettement à leurs frais. L’étranger, qui détient 80% des dollars, subira surtout les effets de la dévaluation de cette monnaie. Le débiteur a toute latitude pour déterminer dans quelles proportions il dévaluera ses dettes et dépouillera ainsi ses créanciers.
• Cependant, la manipulation des cours fait croire au public que les monnaies manipulées et accrues sans limite ont toujours un cours solide.
Si les détenteurs de monnaies savaient qu’ils n’ont au fond que du papier en mains, mais que tout dépend des manipulations, des abus, de la puissance et des objectifs de la haute finance des Etats-Unis, la vitesse de circulation de la monnaie augmenterait davantage en raison du refus d’accepter la monnaie, une fuite dans les valeurs réelles aurait lieu, il s’ensuivrait une inflation s’accélérant dramatiquement, voire galopant, la dévalorisation accomplie depuis longtemps des investissements en valeur nominale (papiers monétaires, obligations, fonds de placement, etc.) entraînerait un deuxième krach, la dévalorisation entraînerait la ruine du secteur financier, qui devrait faire face à des procès en dommages-intérêts, si bien qu’une réforme monétaire deviendrait inévitable.

Malgré une dévalorisation dramatique, l’illusion de la valeur de la monnaie est encore maintenue artificiellement par l’obligation de considérer les billets comme moyens de paiement légaux. Les profiteurs de ce système sont non seulement la haute finance de Etats-Unis qui, par sa Fed, place dans le monde des masses de dollars toujours plus considérables, mais aussi des banques centrales menant le même jeu, telles la Banque centrale européenne (BCE) et la Banque du Japon. Les directions de ces instituts savent fort bien à quel point le dollar a perdu toute valeur, mais confortent toujours l’illusion du dollar moyen de paiement légal, se sont tues pour des raisons politiques et ont couvert leur propre monnaie par des réserves monétaires libellées en dollars sans valeur. Si une réforme monétaire avait lieu, la BCE notamment serait dépourvue de valeurs. La présence de l’or se limite vraisemblablement à une simple créance et ne consiste donc plus en or réel. La plupart du temps, il est prêté prétendument en nature à la Fed, qui le prête à son tour, si bien qu’il n’est plus saisissable en cas d’effondrement. Le système repose sur le fait qu’un abus n’est ni discuté ni ne fait l’objet d’une publication.

• Fait n°1: Les masses monétaires mondiales ont été tellement accrues et ont une base si fragile (dollars, euros, yens, etc.) que les monnaies correspondantes n’exercent plus de véritable fonction de conservation de la valeur, si importante aux yeux du citoyen.
• Fait n°2: Seules la manipulation et la tromperie à propos d’une valeur de la monnaie qui n’existe plus préservent artificiellement la fonction d’échange des monnaies.
• Fait n°3: Le dollar, monnaie privée de la haute finance américaine, a rompu depuis longtemps tous ses liens avec une valeur réelle (l’or) ou avec une masse monétaire déterminée. Il a donc non seulement perdu sa fonction de conservation de la valeur, mais ne trompe plus le monde, à propos d’une valeur d’échange prétendue de la monnaie privée dévalorisée par une augmentation sans limite, que par des manipulations de cours sur l’ensemble de la planète.
Seules cette tromperie et la puissance de la haute finance des Etats-Unis alimentent encore une «confiance» artificielle dans le dollar. En revanche, si les participants au marché savaient qu’ils n’ont en main, avec la valeur nominale du billet, que la promesse sans valeur de particuliers dans lesquels ont ne peut depuis longtemps plus avoir confiance, qui abusent constamment de leur pouvoir de manipuler la valeur de la monnaie, cette confiance se serait effondrée depuis longtemps.

• Il en va des actions comme de la monnaie. La plupart de ces titres n’ont plus de substance et ne recèlent que de l’espoir. Celui qui a cru avoir beaucoup gagné lors de la hausse fulgurante des actions a appris par le krach que l’action ne comporte, outre la valeur du papier, que de l’espoir, mais que celui-ci peut disparaître facilement. Le gain ou la perte dans le jeu de la Bourse sont de simples espérances et non des valeurs réelles. Tel est aussi le cas de la monnaie. La seule valeur réelle est celle du papier. Le reste est une confiance dans des puissances financières mondiales corrompues, mais fortes.
La mainmise sur les valeurs réelles au moyen d’une monnaie-fiction
Si les participants au marché savaient que notre système monétaire repose finalement sur la monnaie privée qu’est le dollar et que cette monnaie dépend uniquement des souhaits de manipulation et d’abus de l’oligarchie financière, ils perdraient confiance dans la monnaie, ne considéreraient plus celle-ci comme moyen de conservation de la valeur, mais tenteraient d’échapper à la dévalorisation constante de la monnaie en se réfugiant dans les valeurs réelles.
• Or telle est l’action de ceux qui, cachés derrière la Fed, procèdent à la plus forte augmentation de la masse monétaire de tous les temps. Depuis des décennies, ils achètent avec une monnaie perdant de plus en plus de sa valeur toutes les valeurs réelles qu’ils trouvent: stocks de matières premières, complexes industriels, immeubles et presque chaque société financière étrangère à peu près intacte par une reprise amicale ou hostile, à presque n’importe quel prix. Non seulement la haute finance des Etats-Unis accumule les valeurs réelles mondiales, mais aussi l’Etat importe depuis des années, contre de la monnaie de papier au fond sans valeur, davantage de valeurs réelles du monde qu’il n’en peut payer et s’endette ainsi sans limite envers l’étranger – tant que les créanciers étrangers croient encore à la valeur du dollar ou peuvent être obligés, par chantage politique, de prendre comme réserves monétaires ces dollars pourris.

Monopoles formés grâce aux valeurs réelles

De cette manière, la haute finance qui se cache derrière la Fed a acquis contre ses dollars pourris, grâce à une politique ciblée de valeurs réelles, des secteurs entiers du marché et a constitué ainsi des monopoles ou oligopoles dans les domaines suivants: diamants, or, cuivre, zinc, uranium, télécommunications, presse et télévision, denrées alimentaires (Nestlé, Coca-Cola), de grandes parties de l’industrie de l’armement et de l’espace, etc.

La réforme monétaire et les valeurs réelles

Une interprétation correcte des plans de la haute finance mondiale aboutit à la conclusion que la masse monétaire doit être accrue et dévalorisée jusqu’à ce que toutes les valeurs réelles importantes du monde soient achetées et monopolisées. La haute finance sait bien que son accroissement de la masse monétaire ne saurait passer inaperçu et que, à un moment donné, la confiance en un dollar inflationniste disparaîtra. L’éclatement d’une crise de confiance fera de l’inflation encore contrôlée une inflation galopante, qui aboutira forcément à une réforme monétaire.

• Or, il s’agit d’un avantage dont bénéficiera aussi bien la haute finance que les Etats-Unis:
Préalablement, la haute finance a acheté assez de valeurs réelles avec des dollars pourris, et ces valeurs réelles ne seront pas touchées par la réforme. La haute finance aura ainsi converti à temps de l’argent pourri en patrimoine de valeur. Comme elle a constitué des monopoles mondiaux dans de nombreux domaines, elle peut imposer des prélèvements à tout moment au monde, grâce à des prix de monopole.

Les dominateurs du monde auront donc comme revenu non plus des impôts, mais des revenus de monopoles. Personne ne pourra empêcher la haute finance de relever de 10, 20 ou 30% les prix de l’or, des diamants, du cuivre, du zinc, de l’eau, des semences ou de l’énergie et d’imposer ainsi des prélèvements spéciaux à l’ensemble de la population mondiale. Il n’y a encore jamais eu de telle puissance financière dans le monde ayant constitué un tel péril pour l’ensemble de la population.

Rusée, la haute finance des Etats-Unis a principalement déversé ses dollars pourris à l’étranger. Plus des trois quarts des dollars ne sont plus aux Etats-Unis, mais se trouvent dans les Etats créanciers de ce pays.

En effet, les Etats-Unis se sont de plus en plus endettés envers l’étranger ces dernières années. L’étranger a livré des produits et reçu en échange des dollars sans valeur. Toutes les banques centrales étrangères sont remplies de dollars pourris. Si ceux-ci sont subitement dévalués, plus des trois quarts du dommage toucheront les banques centrales, les banques, les Etats et les opérateurs hors des Etats-Unis. Les banques centrales européennes pourront alors regretter d’avoir échangé leur or contre des dollars pourris et d’avoir constitué de la monnaie formelle comme base (réserves monétaires) de leur propre monnaie, tels le yen et l’euro.
Si le cours de la monnaie-clé, le dollar, s’effondre, celui des monnaies satellites subira le même sort, sa seule base étant un montant en dollars pourris.

En d’autres termes: la réforme monétaire qui se prépare déclenchera forcément une réforme de toutes les monnaies mondiales, dont le dollar pourri constitue encore la principale réserve monétaire.
Le fait que tout accroissement continuel d’une monnaie privée – le dollar – par le Système fédéral de réserve appartenant à la haute finance des Etats-Unis doive forcément entraîner un pourrissement du dollar, une inflation de plus en plus forte et, finalement, une réforme monétaire est une certitude fondamentale de la science financière, et même Greenspan et ses collaborateurs devraient en être conscients.

De la réforme monétaire au nouveau ordre mondiale monétaire.

Imprudemment, Greenspan a indiqué dans un discours «qu’une correction fondamentale du dollar aurait lieu d’ici 2007 et que l’on pourrait fondre à cette fin le dollar et l’euro en euro-dollar, une nouvelle monnaie mondiale.»
Cette vue est conforme aux besoins de la haute finance américaine, car l’abus du dollar ne peut se poursuivre que jusqu’en 2007 au pire. En effet, la confiance du monde dans cette monnaie privée accrue sans trêve, perdant de plus en plus de sa valeur et maintenue artificiellement devrait avoir disparu jusqu’alors. Le dollar subira donc une transformation ces prochains temps. Si une fusion avec l’euro avait lieu, la haute finance des Etats-Unis atteindrait des objectifs importants:
Une nouvelle monnaie permettrait de dévaloriser les anciennes dettes monétaires et, partant, de spolier les créanciers détenant encore de cette monnaie. Si le nouvel euro-dollar vaut 20 anciens dollars ou 15 euros, les anciennes monnaies sont dévaluées en conséquence, les créanciers détenteurs d’ancienne monnaie spoliés, le jeu a profité aux émetteurs de monnaie privée.
L’Etat fédéral américain surtout se débarrasserait ainsi de ses dettes: l’endettement envers l’étranger, qui atteint actuellement 5200 milliards de dollars, ne se chiffrerait alors qu’à 2600 milliards d’euro-dollars, soit une dévaluation de 50%.
Les détenteurs d’anciens dollars seraient les principales victimes, les montants qu’ils détiennent étant dévalués de 50, voire de 90%. Les banques centrales de Chine, du Japon et d’Europe, qui détiennent d’importantes réserves monétaires en dollars, en pâtiraient particulièrement.

Toutefois, le but principal de la haute finance américaine est d’établir ainsi une monnaie mondiale qu’elle contrôlerait. Sous un régime d’euro-dollars, le Système fédéral de réserve appartenant à la haute finance des Etats-Unis aurait forcément une majorité. Cette haute finance contrôlerait alors la majorité du système.

A cette fin, la haute finance des Etats-Unis a choisi la BRI (Banque des règlements internationaux), une organisation privée dont elle a déjà acquis secrètement la majorité des parts.
Si la BRI devenait la banque centrale émettant les euro-dollars, les mêmes propriétaires privés seraient, par hasard, les principaux propriétaires de la nouvelle banque centrale, qui étaient auparavant les propriétaires de la Fed. Ils

pourraient jouer le jeu consistant à émettre de la monnaie à leur gré, à un niveau supérieur, qu’ils ont joué jusqu’à maintenant avec le Système fédéral de réserve – et bénéficier de surcroît de la diminution de leur endettement due à la réforme monétaire.

L’augmentation de la masse monétaire mondiale qui a eu lieu jusqu’à maintenant, cette grande escroquerie monétaire, serait effacée par la réforme monétaire. Les vieux malfaiteurs bénéficieraient d’un nouveau système, d’une nouvelle monnaie, qui leur permettrait d’utiliser aux mêmes fins la monnaie mondiale euro-dollar durant les 20 à 30 prochaines années.

Ce faisant, la haute finance des Etats-Unis aurait donc monopolisé par escroquerie les valeurs réelles mondiales – parmi lesquelles figurent des biens aussi essentiels que les semences, les denrées alimentaires, l’eau, l’énergie et les métaux, mais aurait aussi bâti de nouveau un monopole monétaire à sa disposition, qu’elle pourrait utiliser à son gré – une machine d’accroissement monétaire, tel l’âne aux ducats de la légende.

• Même la publication de ce système d’escroquerie ne provoquera pas de cris dans le monde. On parlera de «théorie du complot», d’«antiaméricanisme», voire d’«antisémitisme» (Rothschild) ou s’efforcera d’empêcher de telles publications, une partie essentielle des médias imprimés et électroniques mondiaux appartenant à la haute finance des Etats-Unis.

• Les perdants du grand jeu de l’oligarchie financière sont les participants au marché mondial qui accordent trop de confiance à la monnaie, qui croient toujours que celle-ci n’a pas une simple fonction d’échange, mais qu’elle sert encore de préservateur de la valeur.

Les hommes n’ont visiblement pas tiré de leçon de la dévalorisation constante de la monnaie de ces 40 dernières années. Celle-ci s’accélérera ces prochaines années avant la catastrophe finale, car elle sert uniquement aux manipulateurs. Celui qui attache donc de l’importance au maintien de la valeur à long terme de son patrimoine ne peut pas continuer à avoir des placements en valeurs monétaires, en polices d’assurances, en obligations ou en espèces, il doit investir en valeurs réelles, comme la haute finance lui en donne l’exemple.


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