Une utopie? oui, mais réalisable!

   

Le présent texte est librement condensé à partir du TEXTE ORIGINAL de YONA FRIEDMAN - UTOPIES RÉALISABLES -
http://www.lyber-eclat.net/lyber/friedman/utopies.html Préface - 9 chapitres - Conclusion - Annexes

Avertissement de BJP : je n'invente rien ici. J'ai simplement "condensé" et présenté en style télégraphique ces textes qui me semblent convenir à tout projet sociétal alternatif.

L'ensemble est une sorte d'étude technique de ce que doit être une utopie """réalisable""", telle qu'elle ressort du bouquin (vu sur le net) de Yona Friedman qui est un architecte contemporain (je n'en sais pas plus). Ne pas confondre avec Milton Friedman économiste célèbre.

L'esquisse "Mise en oeuvre" (écooprojet) relève aussi de cette base conceptuelle.

L’ambition de ce travail est de contribuer à l’élaboration d’une alternative sociétale.



PRÉFACE


L'analyse de certaines utopies sociales implique
- l'accusation et la critique des deux “méchants”
- l'État mafia
- la Mafia des médias

État mafia
- impossibilité du maintien de l'État démocratique dès que les dimensions dépassent certaines limites.

La mafia des médias
- impossibilité de la bonne communication globale mondiale
- inadaptation humaine fondamentale à la communication généralisée

C’est l’échec des deux utopies généreuses
- démocratie
- communication globale

D’où formation de mafias qui agissent
- en notre nom
- contre nos intérêts

Ne donner ni consentement tacite ni aide à ces deux mafias.
- ce n’est pas une invitation à la révolution
- c’est une invitation à la résistance

Durant la guerre
- un seul soldat ou policier suffit pour imposer un comportement donné à quelques centaines “d'envahis”
- dans certaines régions, ces occupants sont incapables de s'imposer aux occupés

État et médias
- ont une attitude moins brutale et plus adroite
- -> nous convaincre que c'est nous qui voulons ce qu'ils veulent
- leur activité principale est de nous mentir
- il n'est plus guère possible d'être dupe.

La dégradation de l'État et des médias résulte d’impossibilités fondamentales

Les dirigeants
- ne peuvent plus garder le contact avec des masses devenues trop grandes
- ne peuvent se résigner à devenir les gouvernants
- -> de petites organisations au caractère égalitaire
- -> d’un nombre réduit de gouvernés
- les gouvernés, abandonnés, organisent leur survie en petites communautés
- les gouvernements étiquettent comme mouvements marginaux ces tentatives

Les médias sont les critiques dramatiques des gouvernements

Les médias sont plus préoccupés de l'effet à produire que d'informer
- ils ne mentent pas, ils sont aveugles
- ils présentent comme essentiel des événements anodins
- autocensurés, ils souscrivent au mythe entretenu par les gouvernants
- gouvernants et médias sont isolés de ceux qu'ils cherchent à atteindre

Les professions de foi des gouvernants
- -> arriver à une planification bénéfique pour les grandes masses
- sont irréalisables à cause du “groupe critique”

Les professions de foi des médias
- -> arriver à une communication et une information globales
- sont irréalisables à cause du “problème de l'accès”

Aucune réorganisation, aucune idéologie ne peuvent changer cette situation

LA SEULE SOLUTION RESTE CELLE DES PETITS GROUPES

Le rôle des gouvernements et des médias devrait être d'encourager cette attitude
- chaque humain (six milliards) est l'expert unique et l'unique dirigeant qualifié de ses propres affaires
- les crises touchant les grandes collectivités sont de plus en plus graves

Les utopies d'autrefois se réalisent maintenant et sont dépassées avant même d'aboutir

Nos utopies réalisables
- seront déformées et dépassées d'ici quelques décennies
- sont nécessaires et urgentes en tant que médication
- relèvent moins de la futurologie que de la présentologie

Cette introduction a été écrite en 1974
- vingt-cinq ans plus tard, elle n'a rien perdu de son actualité
- nous sommes les victimes de notre incapacité à connaître nos limites
- notre mégalomanie est ridicule devant les moyens réels, non techniques, dont nous disposons

Communication et télécommunication ne sont pas synonymes

En télécommunications
- la distance ne compte pas
- la communication est instantanée
- je mésinterprète un message en communiquant face à face
- je mésinterprète tout autant en le recevant par les moyens techniques sophistiqués
- les moyens techniques apportent la facilité

Une grande partie de nos problèmes tient au fait que nous avons voulu créer une société de la facilité


CHAPITRE 2


II - LES UTOPIES SOCIALES

Une société est une utopie réalisée, un projet accepté par les individus

Le comportement social
- est “inventé” pour faciliter la survie de l'individu et non celle de l’espèce
- c'est l'individu qui a conçu et communiqué cette abstraction nommée “espèce”.

1. Les utopies sociales impliquent un langage

Mécontentement, consentement, moyens mis en œuvre toute utopie est, au moins partiellement, sociale

Pour les décrire
- il faut un langage, un vocabulaire, précis
- pour reconnaître ou comparer les structures par un jugement personnel libre

2. Représentation de la société par des graphes

Nous appelons société un ensemble d'individus entre lesquels existe obligatoirement des relations

Pour l'image d'une société
- je dessine un point pour chaque personne
- puis les lignes reliant les personnes
- -> chaque individu sera relié, en passant par d'autres, à n'importe quel individu de cette société (graphe connexe)
- je dessine la direction d'une relation, suivant l’influence
- -> une flèche part de celui qui exerce l'influence (observable) vers celui qui la reçoit (graphe connexe orienté)

3. Les caractéristiques structurales des sociétés

Certaines propriétés topologiques caractérisent l'organisation d'une société
- influences (directes ou indirectes) exercées par un individu déterminé sur tous les autres
- influences exercées sur lui par les autres

Méthode simple de description de la structure de toute société imaginable.
- alliance ou dépendance
- structure sociale hiérarchique ou égalitaire
- différence entre la situation sociale d'une personne en présence ou après le départ d’un autre membre
- -> les adversaires bénéficient de la défection
- -> les alliés en sont victimes
- -> la hiérarchie se transforme.

4. La société “égalitaire” et la société “hiérarchique”

Deux concepts importants
- Égalitaire
- -> si tous ses membres ont la même situation sociale
- -> sans notables ayant de l'influence
- Une société égalitaire est possible et sera considérée comme stable si la dépendance de chaque membre de cette société au départ de n'importe quel autre membre est la même.

- Hiérarchique
- -> existe en très grand nombre
- -> est représentée par un arbre
- -> la personne racine est la plus puissante
- -> hiérarchie progressive des alliances à partir de la même racine

Deux schémas de propagation des influences diamétralement opposés

- égalitaire
- -> la propagation part de n'importe quel membre
- -> arrive à tous les autres

- hiérarchique
- -> il n'y a qu'un seul membre qui puisse assurer qu'une influence
- -> l’influence arrive à tous les autres

Ces deux types de société ne sont pas les seuls possibles mais leur importance est particulière:
- nos utopies actuelles ont pour but la société égalitaire
- nos organisations techniques sont fondées sur la société hiérarchique

5. La société contient des hommes et des objets

Un système d'influences mixte réunit personnes et objets
- un homme se préoccupe de sa situation dans une société
- un objet, par contre, n'en est pas conscient

Cette définition permet d'imaginer une société
- égalitaire par rapport aux hommes
- hiérarchique par rapport aux objets

6. “Société” et “environnement” sont des synonymes

Cette équivalence est
- ensemble contenant des personnes humaines et des objets
- c'est à dire “les autres”
- l'environnement dépend de celui qui en parle mais s'en exclue lui-même

Les autres sont différents pour chacun de nous


CHAPITRE 3


III - TAILLE CRITIQUE DU GROUPE

La société s'est constituée par la communication
- les abstractions inventées et transmises deviennent des biens en commun
- ce transfert est compliqué et aléatoire mais réussit assez souvent

Ce transfert, à l'intérieur d'un groupe
- devient difficile, lent, sujet à malentendus, jusqu'à une limite
- au-delà, toute communication s'avère impossible

Cette limite est la contrainte la plus fondamentale, la plus naturelle, à la formation des sociétés

1. L'impossibilité de “l'utopie universaliste”

La condition de toute utopie réalisable est
- soit la persuasion, à laquelle doit avoir recours l'auteur de l'utopie pour convaincre les acteurs dans la réalisation du projet.
- soit le commun accord: communication directe entre auteur et acteurs pour comprendre la nécessité de réaliser ce projet.

Au-delà de certaines dimensions, ces groupes ne seraient capables d'arriver à l'accord commun nécessaire à la réalisation d'une utopie que très lentement ou même jamais.

Cette grandeur fonctionnelle du groupe est un seuil très important quant aux utopies sociales
- il induit l'impossibilité des utopies universalistes
- seulement réalisables en fonction d'un consensus universel
- -> la paix mondiale, la croissance zéro, la justice sociale, les grands principes moraux
- mais la paix intérieure à une société de dimension limitée existe un peu partout
- les autres grands principes moraux sont tous réalisables au sein d'un groupe restreint

Les utopies sociales fondées sur les grands principes moraux
- sont réalisables quand elles ne concernent qu'un groupe de dimension réduite
- à l'intérieur duquel la persuasion entraînant le consensus reste possible.
Pour une humanité plus réduite en nombre
- répartie en groupes qui ne savent rien de l'existence les uns des autres
- cette situation de paix généralisée, de justice sociale, etc., semble être plus réalisable

2. Valence et dégradation de l'influence.

L'impossibilité des utopies sociales universalistes est la conséquence
- de certaines propriétés animales de l'homme
- de la structure physiologique de l'être humain
- de son cerveau.

La structure mathématique des sociétés
- -> et la structure sociale, fonction de la structure mathématique
- -> société égalitaire, hiérarchique, etc…
- permettent d’imaginer une société de dix millions d'individus
- -> dans laquelle chacun pourrait influencer directement tout autre
- -> ce qui est impossible dans la réalité

D’autres contraintes d'ordre biologique sont les limitations de l'animal humain

Le premier concept, la valence
- propriété de l'animal homme
- -> définit le nombre de centres d'intérêts
- -> sur lesquels un homme peut concentrer son attention consciente
- limite le nombre de personnes
- -> dont on peut recevoir
- -> ou sur lesquelles on peut exercer une influence.

Autre concept clé
- la dégradation de l'influence au cours de sa transmission
- -> dépend de nos capacités cérébrales
- la capacité de canal est particulière à une espèce ou à une sorte d'objet

La valence et la capacité de canal de l'être humain représentent des seuils naturels
- les organisations sociales ou environnementales
- -> dépendent de la valeur numérique de ces seuils

3. Le «groupe critique»

La connaissance de ces deux seuils
- valence et capacité de canal
- -> limite le nombre d'éléments (hommes et objets)
- -> pouvant appartenir à une société égalitaire ou hiérarchique
- -> sans gêner son bon fonctionnement

Le groupe critique
- est le plus grand ensemble d'éléments (hommes, objets et liens)
- -> avec lequel le bon fonctionnement d'une organisation de structure définie peut être assuré

La comparaison d'une organisation avec son groupe critique
- montre immédiatement si un projet ou une utopie sociale est réalisable ou non.

Souvent, le succès initial attire de nouveaux adhérents
- le groupe s'accroît puis se détruit par sa propre expansion

4. La grandeur du “groupe critique” est une caractéristique de chaque espèce

Le groupe critique résulte
- de deux facteurs biologiques
- -> la valence
- -> la capacité de canal
- et d'un facteur topologique
- -> la structure de la société

Ces facteur invariants ne dépendent que des lois de la nature
- la loi du groupe critique est une loi naturelle
- le groupe critique varie avec l'espèce
- sa grandeur numérique est une caractéristique de cette espèce
   
L'aliénation est une conséquence du dépassement du groupe critique
- nous cohabitons avec plus d'hommes que nous ne pouvons en supporter
- nous utilisons plus d'objets que nous ne pouvons en commander

5. La désintégration des grandes organisations

Ce phénomène du groupe critique dépasse l'hypothèse scientifique
- il s'agit d'un phénomène parapolitique
- -> la viabilité de toute organisation sociale
- -> le caractère réalisable de toute utopie
- -> dépendent des limites inhérentes à toute communication

Exemple
- dix utopistes décident de former un groupe égalitaire
- le groupe fonctionne bien, et d'autres humains veulent s’y joindre
- un des anciens deviendra meneur
- le groupe a dépassé la grandeur critique égalitaire
- il est devenu groupe hiérarchique.
- l'arbre hiérarchique s'installe
- quand le nombre des membres du groupe dépasse 900
- (dimension critique de valence 4 et capacité de canal 6)
- un des sous-groupes devient dissident

Quand le groupe dépasse la dimension critique correspondant à sa structure sociale, il se scinde.

Ce phénomène est plus complexe car d'autres facteurs entrent en jeu
- la valence dépend aussi de la durée de référence
- -> nombre d'influences assimilables suivant
- - -> la durée de référence: une minute, un siècle
- - -> le langage par lequel l'influence s'exprime
- de la durée nécessaire à un individu pour exprimer et pour assimiler une influence
- si codes très rapides
- -> langage militaire, les codes commerciaux, etc.,
- si codes très lents liés à l'expérience vécue
- -> codes artistiques, religieux, philosophiques, etc.

Autre variable
- la vitesse de réaction admise par le contexte extérieur
- -> un marin conduisant un frêle esquif utilise un gouvernail
- -> il peut le manier avec une certaine vitesse
- -> il ne sombrera pas tant que sa vitesse de réaction sera plus rapide que le rythme des changements du contexte extérieur.

La vitesse de réaction est un élément essentiel pour déterminer la grandeur critique des organisations
- unité militaire à grande vitesse de réaction et grandeur critique réduite
- Église dont la vitesse de réaction peut être mesurée en siècles

La grandeur du groupe critique sera donc une fonction dépendant
- 1) de la structure sociale du groupe
- 2) de la valence spécifique de l'espèce humaine
- 3) de la capacité de canal spécifique à l'espèce humaine
- 4) de la vitesse de réaction imposée par un contexte
- 5) de la vitesse caractéristique du langage utilisé par le groupe

Une organisation qui dépasse la grandeur du groupe critique peut
- 1) changer sa structure sociale
- 2) se scinder en plusieurs groupes qui garderont la structure sociale du groupe originel
- 3) ralentir sa vitesse de réaction

Ces trois réactions sont
- soit une révolution
- soit une sécession
- soit une sclérose

Elles représentent un changement politique
- phénomène parapolitique
- conséquence d'un dépassement de la grandeur critique

Exemples
- désintégration des empires: ingouvernabilité des grands États
- les pouvoirs centraux, États ou entreprises
- -> font de la politique étrangère
- -> sont incapables de faire de la politique intérieure

Les rencontres au sommet sont des clubs de dirigeants essayant de s'entresauver

6. La diversification

Le caractère parapolitique du groupe critique nous ramène à l'impossibilité des utopies universelles

L'utopie unique, l’attitude missionnaire
- héritage des Grecs et de la chrétienté
- est la caractéristique la plus autodestructrice imaginable

La clef des utopies serait la coexistence dans la diversité
- chaque groupe recherche son utopie
- ces utopies seraient particulières à chaque groupe
- la multiplicité d'utopies est une sorte de loi de la nature

Autre conséquence
- l'impossibilité de la communication globale

La désirabilité d’union, de compréhension, de communication entre tous
- s'est manifestée dans toute sa nocivité
- depuis que cette communication est réalisable

L'inadaptation biologique de l'animal humain
- rend impossible la communication générale
- l'Occident se remet difficilement de ce choc

La peur des catastrophes est un exemple
- la pénurie est imminente
- le recours est la création de conseils de sages
- leurs propositions sont inapplicables
- -> elles sont incommunicables
- -> dans le court laps de temps restant
- -> à l'humanité tout entière
- la vitesse de réaction correspondrait à plusieurs siècles
- délai est beaucoup trop long face à l'urgence des problèmes à résoudre

Par contre, les petits groupes sont capables de réussir le sauvetage par l'autodéfense
- les marchés noirs pallient les défections des marchés
- les organisations de quartiers réalisent les service que les gouvernements ne sont plus capables de fournir
- le troc remplace l'argent à l'époque des pénuries

L'isolement volontaire de petits groupes est un phénomène sain
- nous devons encourager leur émergence

7. L'autorégulation sociale

Les utopies sociales réalisables obéissent à la loi naturelle du groupe critique
- nous pouvons élargir le concept aux réseaux entre groupes
- ils sont régis par des lois identiques
- leur vitesse de réaction sera plus lente

Les lois naturelles de la biologie sont des exemples typiques
- l'existence d'une loi limite est le signe de l'autorégulation d'un système
- arrivé à sa limite il commence à se comporter différemment
- nos sociétés sont parfaitement autorégulantes
- l’organisation s'accroît, est obligée de changer sa structure
- changeant sa structure elle change de dimension

C’est un des facteurs les plus importants de la sélection naturelle
- une société qui garde sa structure et s'accroît
- ralentit sa vitesse de réaction
- se rend vulnérable
- se détruit à un rythme accéléré

Survivront ceux qui auront été orientés vers un autre type de structure
- peu nombreux ils constitueront le départ d'une autre lignée génétique

Pour se coucher
- le chien continue de bouger jusqu'à ce qu'il trouve son parfait bien-être

Pour s’asseoir
l'homme suit une image qu'il se fait de la parfaite façon de s'asseoir

Déduction
- les animaux possèdent la liberté individuelle en suivant des lois inviolables
- les hommes n'ont pas de liberté individuelle, mais leur système de lois est violable
- -> les animaux ont une supériorité sociale sur les hommes
- -> elle vient de l'autorégulation régie par des lois strictes et entre autres, celle du groupe critique.

L'utopie réalisable la plus importante consisterait à admettre l'équivalence de toutes les utopies
- ce n'est possible que dans un système de lois naturelles – qui est inviolable – du type des lois limites
- l'utilité et la réalisabilité des utopies s'ensuivraient naturellement

Nous vivons bien actuellement dans un système semblable et nous y avons toujours vécu

Reconnaître le monde dans lequel nous vivons pour ce qu'il est
- “animal” dans le sens noble du terme
- est fort important pour notre survie

L'hypothèse du groupe critique
- point de départ d'une écologie sociale

CHAPITRE 4


IV - L'ENVIRONNEMENT

Notre comportement est façonné pour faire face à un monde réduit
- -> parce que notre imagination est limitée

1. L'idée de l'écologie sociale

Comme un écosystème régule la coexistence des espèces
- groupe critique et impossibilité de survie des grandes organisations
- -> régulent la coexistence des sociétés

D'où l'expression écologie sociale
- un élément concerne la croissance du groupe
- un autre concerne la sélection sociale

Dans un même groupe génétique
- le système de règles est inventé
- -> dans le but de maintenir un certain type de situation
- ce système semble aller de pair avec la sélection naturelle
- -> qui postule la survie des plus aptes.

L'écologie sociale est un système de
- groupe critique : limites quantitatives
- sélection sociale : limites qualitatives

2. L'environnement, c'est "les autres"

En écologie l'équilibre réagit à toute perturbation
- soit en retournant à l'état d'équilibre qui avait précédé
- soit en retrouvant un autre équilibre, très différent

C'est un mécanisme mixte
- personnes et objets

La notion d'environnement remplace celle de société.

L'utopie
- non paternaliste envers les personnes
- paternaliste quant aux objets
- peut-être réalisable en faveur des personnes au détriment des objets.

Par exemple
- une classe égalitariste dirige et exploite des esclaves/objets
- mais dépendance par rapport aux "objets"
- -> en cas de grèves ou de carence : électricité, voiture, chauffage central…

3. "Individus" et "objets"

Objet
- élément qui n'a pas de buts propres, communicables
- -> le paternalisme est admissible

Personne ou individu
- élément pour lequel les propres buts sont importants
- -> le paternalisme est inadmissible.

4. L'infrastructure, c'est le nombre

Sont essentiels :
- le nombre des éléments "personnes et objets",
- leur proportion dans une société ou "environnement"

Ces éléments déterminent
- le répertoire des organisations sociales ou environnementales possibles
- et les utopies réalisables.

5. Le problème de "l'accès"

Partant de l'utopie tout court
- nous parvenons à l'utopie sociale non paternaliste réalisable
- nous avons défini l'infrastructure liée au problème de l'accès.

Exemple
- chercher une personne dans une foule dépend
- -> du nombre de personnes
- -> de la vitesse de l'opération de sélection
- -> du temps dont dispose l'opérateur
- -> du nombre d'informations ou d'influences qu'une personne peut recevoir durant une période déterminée

Les utopies réalisables dépendent de "l'accès" ou propagation de l'influence.

6. L'impossibilité de la communication généralisée

Accès et groupe critique montrent
- l'importance de la persuasion comme critère principal de la réalisabilité des utopies
- syndrome de la Tour de Babel, organisation aux buts démesurés
- l'ordre préexistant attend que la loi du groupe critique fasse son effet.

Exemple
- un message télévisé diffusé mondialement
- -> n'est pas encore une influence
- -> la réaction est imprévisible
- le message devrait être ré-adapté et re-répété
- -> au fur et à mesure des réactions reçues en retour
- -> ce qui est inimaginable

Exemple
- les décisions prises par un gouvernement
- -> au vu d'un rapport quotidien
- -> sur les comportements des gouvernés
- dépendent beaucoup plus des omissions
- -> volontaires ou non
- -> que de la volonté ou du programme des dirigeants

Il en résulte, dans un système social, que
- le comportement marginal de quelques individus peut être plus caractéristique
- -> que le comportement statistique du système entier

Les dirigeants négligent les pays existants
- en faveur de symboles de pays nommés France, Angleterre…
- puis forment un club des porte-parole de ces entités
- dont le nombre de membres est inférieur au groupe critique approprié

Pendant ce temps l'humanité agit en petits groupes
- très faiblement reliés entre eux.

7. Le phénomène Gandhi

L'autoségrégation dans le Japon des Tokugawas
- dresse des rideaux de fer autour du pays
- entre les provinces
- la migration n'était pas autorisée
- la non-communication résultait de la pression policière

L'autoségrégation en Inde
-500 000 villages indépendants
- 50 000 sous-castes compartimentées
- ceci exclut l'illusion d'un gouvernement central

La survie, les décisions sont débattues et réglées
- par village et sous-caste
- ne mettent pas en danger l'ensemble des petits groupes.

Le phénomène Gandhi représente l'exception
- l'individu essaye de propager une idée
- -> via les radios et les journaux
- -> mais les messages n'arrivent pas à la masse

Gandhi donne l'exemple, l'exemple est suivi
- son message parvient - au moins partiellement - à la masse des 300 millions d'Indiens

On peut en déduire que la communication généralisée
- est possible
- -> s'il s'agit de faits, de choses que tout le monde connaît déjà
- n'est pas possible
- -> pour la propagation des idées nouvelles

8. La communication de masse étouffe les idées nouvelles.

La sélection des idées nouvelles ne peut être que mal faite
- la terminologie n'est pas établie et exige un temps de réflexion
- la sélection conservera automatiquement le plus médiocre, le déjà connu

La communication la plus efficace reste celle du face à face
- les petits groupes possèdent chacun leur langage propre
- la mimique et les gestes aident à réduire les malentendus

9. La surproduction de "déchets"

Auparavant, notre relation à la production de déchets était inobservable

Chaque organisme
- sélectionne les composants qui lui sont utiles
- en rejette une quantité très supérieure

Un être vivant est une usine à déchets
- une partie est recyclable
- au delà, la pollution commence

Environ 70 % de l'énergie humaine est consacrée à la production de déchets

10. "Rubbish is beautiful" ou de l'utilisation des déchets

Réduire la surproduction des déchets
- changer l'opération-clé
- changer la sélection des composants qui sont utiles

Changement d'attitude face l’accumulation de déchets au-dessus de la quantité critique
- il est plus facile de changer notre attitude que d'éviter ce dépassement.
- la quantité critique est caractéristique à une espèce
- l'organisation peut changer, une fois la quantité critique dépassée.

11. Le "groupe critique" de la production

Groupe critique des espèces vivantes
- les facteurs ne sont pas facultatifs
- l'homme ne peut rien pour les changer

Groupe critique des déchets
- les facteurs dépendent
- -> presque complètement de l'homme
- -> à peine de l'objet

Le retour des groupes sociaux au-dessous du groupe critique
- résoudrait-il les problèmes de pollution?
- entraînerait-il la disparition du commerce et de l'échange
- -> causes du dépassement du groupe critique?

Il est justifié de supposer
- que le retour à des groupes critiques typiques
- -> pour une structure sociale donnée
- résoudrait la plupart de nos problèmes économiques
- -> c'est à dire les relations entre la production, la propriété et les échanges

CHAPITRE 5


V - L’ORGANISATION DES AUTRES

La plupart des animaux savent s'organiser eux-mêmes

Impulsion irrésistible de l’humain:
- vouloir “organiser” les autres
- -> société, environnement
- vouloir améliorer” le monde

Vouloir rapprocher le monde de l'image du monde que chaque individu façonne pour lui-même

Se changer soi-même ou changer le monde, donc le “conquérir”… Est-ce inévitable?

1. Une axiomatique des liaisons entre personnes et objets

Société et environnement sont une même entité
- “les autres” sont un ensemble différent pour chacun
- cet ensemble possède un mécanisme

L'utopie non paternaliste
- vaut pour les ensembles petits et organisés
- si un système s'accroît
- -> il doit s'organiser
- -> ou se désintégrer pour former des sous-ensembles

Ces organisations, utopiques et réalisables, sont le sujet de ce chapitre.

Liaisons entre personnes et objets
- 1. un objet n'appartient à un environnement que s'il fixe l'attention d'un individu
- 2. un objet nécessaire à la survie d'un individu fixe son attention
- 3. cette attention se fixe également sur les liens existants entre cet objet et les autres personnes ou objets

Corollaires:
- a. l'environnement peut être différent pour des individus différents en fonction de leur faculté d'attention
- b. l'opération génératrice des liens et de la construction du langage est donc l'attention
- c. la survie, sans cette attention, n'est pas possible
- d. la différence entre individus et objets est une différence d'attention
- e. les limites d'attention comportent des seuils différents selon les individus ou les objets

Essentiel des chapitres précédents:
- 1. l'attention est fixée par une situation insatisfaisante
- 2. il est nécessaire de changer cette situation pour survivre
- 3. l'attention est fixée sur les liens entre cette situation et les autres

2. Une axiomatique de l'organisation

Le mécanisme mixte individus et objets comporte trois types de relations
- entre personnes et personnes
- entre personnes et objets
- entre objets et objets

Les deux premiers types concernent cette relation fondamentale
- la propriété

La propriété, au sens général, n'est qu'une fiction
- je sais qu'un objet est ma propriété
- cet objet, lui, ne le sait pas

La propriété se réduit
- à une relation passive personne-objet
- à une relation de convention personne-personne
- ne concernant que l'utilisation de l'objet

- 1. Un individu ne peut faire autre chose avec un objet que de l'utiliser
- 2. l'utilisation d'un objet implique le consentement des autres
- 3. le consentement et l'utilisation sont transférables d'un individu à l'autre

1. Un individu peut utiliser un objet
- a. en exclusivité
- b. simultanément avec d'autres

2. Le consentement permettant cette utilisation
- a. requiert l'attention des autres
- b. échappe à l'attention des autres

3. Le droit d'utilisation d'un objet est transférable
- a. avec le consentement des autres
- b. sans le consentement des autres
   
Toutes les organisations de la propriété représentent une réponse, consacrée par l'habitude, à certaines conséquences du problème de l'accès propre à la variété actuelle de l'espèce humaine.

3. Une théorie de “stockage-réglage”: aspects de l'utilisation

La plus grande partie de la propriété de chaque individu
- est représentée par des objets (souliers, chambres à coucher, etc.)
- est réservée à son usage exclusif
- est rarement utilisée vingt-quatre heures sur vingt-quatre

Pendant leur non-utilisation par leur propriétaire
- les objets sont stockés
- personne ne peut les utiliser

L'utilisation n'occupe qu'une infime fraction de la durée d'existence
- -> ce qui représente un gaspillage
- les objets occupent une place de stockage
- -> autre gaspillage

Autre manière de poser le problème
- -> un homme n'occupe jamais un volume de plus de quelques 40 m3
- pour un million d'habitants
- -> ce volume réellement utilisé correspond à 2 km x 2 km x 10 m
- donc à Paris
- -> dix-huit arrondissements sur vingt
- -> ne servent qu'au stockage

Objets à la disposition de tous
- le métro, le réseau d'électricité
- ils n'ont pas la capacité de servir tous les individus simultanément
- pour éviter le désordre
- un système de réglage
- -> enregistrant les priorités est nécessaire

Ces deux organisations sont proches
- elles concernent l'attente

Dans le cas du stockage
- c'est l'objet qui attend

Dans le cas du réglage
- c'est la personne qui attend

Ce qui rend ces systèmes coûteux est l'infrastructure du stockage ou du réglage
- le prix d'une armoire est souvent plus élevé que celui de tout ce qu'elle contient

D'autres objets ne sont pas soumis au stockage ou au réglage
- ce sont les moyens de subsistance élémentaire
- -> économiquement les plus faciles à obtenir

cas I - Dans le cas du “stockage”
- 1. l'objet est réservé à un seul individu
- 2. cet usage exclusif est consenti par les autres
- 3. l'objet est transférable sans consentement

cas II - Dans le cas du “réglage”
- 1. l'objet est utilisable, simultanément ou à tour de rôle, par plusieurs personnes
- 2. cet usage est accepté par les autres
- 3. le droit d'usage est transférable avec consentement

cas III - autre cas
- 1. l'usage de l'objet est réservé à un seul individu
- 2. cet usage ne nécessite pas de consentement des autres
- 3. mais ce consentement est nécessaire pour le transfert

Ce cas pourra représenter
- la propriété de notre propre corps
- de notre propre capacité de travail

Une personne ne peut se louer (louer son travail)
- donc transférer cette propriété (son travail)
- qu'avec le consentement des autres
- mais la nécessité de ce consentement n'entraîne pas une contestation de cette propriété

cas IV:
- 1. l'objet est réservé à un seul individu
- 2. le consentement est nécessaire
- 3. l'objet est transférable avec consentement
- Ce cas représente tout système de privilège de type héréditaire: noblesse, nom, etc.

cas V:
- 1. l'objet appartient à une seule personne
- 2. sans nécessité de consentement des autres
- 3. il est transférable sans consentement des autres

Ce cas concerne toute propriété immatérielle (software)
- connaissances, informations, etc.
- obtenue et distribuée sans avoir à demander le consentement des autres.

Cas VI.
- 1. l'objet est utilisé par plusieurs personnes
- 2. un consentement n'est pas nécessaire pour avoir l'objet
- 3. cet objet n'est transférable qu'avec le consentement des autres

Il s'agit d'un droit de jouissance
- assister à un spectacle, à une réunion
- lié à une invitation particulière

Cas VII :
- 1. l'objet est utilisé par plusieurs personnes
- 2. un consentement est nécessaire pouvoir l'utiliser
- 3. l'utilisation de l'objet est transférable sans le consentement des autres

Ce cas correspond à l'utilisation d'une infrastructure
- réseau routier, réseau de distribution d'eau, électricité, etc.

Enfin, le cas VIII :
1. l'objet est utilisable simultanément par plusieurs personnes
2. l'utilisation n'implique pas le consentement des autres
3. le transfert n'implique pas le consentement des autres

Ce cas est tout simplement le cas de notre biosphère
- la surface de la terre, la mer, l'air à respirer
- but de toute utopie idyllique de retour à la nature
- de toute utopie d'abondance, produite par une technologie
- utopies nobles par excellence
- impliquent toutes un système de réglage poussé jusqu'à ce degré extrême

4. Conclusions sur la théorie de “stockage-réglage”

La première constatation est que tous ces systèmes sont réalisables
- toutes ces possibilités existent déjà partiellement
- chaque société ou environnement en contient parallèlement plusieurs
- qui ne sont jamais suffisamment raccordés

Une société ou un environnement ne peuvent comprendre qu'un seul de ces systèmes de propriété

Conformément au modèle non paternaliste
- les membres d'une société doivent savoir à laquelle de ces huit organisations ils ont affaire
- le passage d'une organisation à une autre est toujours possible avec un simple accord ou consentement
- à chacun de remodeler société ou environnement dans le sens de l'une ou l'autre de ces organisations
- cette remarque contredit beaucoup de théories politiques ou pseudo-politiques

Éviter tout jugement de valeur à propos des organisations de la liste
- évaluer le coût de la transformation d'une organisation en une autre

Cette liste des organisations possibles des relations personnes-objets est exhaustive
- résulte du seul examen de la modalité d'utilisation des objets

L’erreur est une réification de cette utilisation
- Propriété, avec un P majuscule
- Objet, avec un O majuscule
remplacent l'idée de modalité d'utilisation de cet objet

La théorie du “stockage-réglage”: quelques autres aspects

Cette théorie du stockage-réglage comporte encore d'autres aspects
- le gaspillage de l'espace
- les pertes de temps

Neuf dixièmes de la surface de la ville servent uniquement au stockage
- le système de réglage, moins encombrant, nécessite de l’espace
- stockage des objets qui sont à la disposition de tous
- très grande perte de temps d'attente, lié au problème de l'accès

Dans un système de réglage bien organisé
- l'encombrement des objets peut être réduit

Encombrement de la surface terrestre mais aussi dans le temps de la durée de la vie.

Une grande partie des utopies a pour but
- augmenter la durée de vie humaine
- augmenter l'efficacité d'utilisation de cette durée
- -> grâce à des inventions technologiques, comme l'avion, la voiture, le téléphone, etc.

Comparer
- un vol de 45 minutes
- demande environ 4 heures
- attentes émiettées inutilisables

- parcours en train
- durée 6 heures
- pas été émietté
- possibilité de lire, écrire, dormir, etc.

Aspect des systèmes de stockage et de réglage
- l'utilisation du temps

- les organisations de stockage émiettent le temps
- les organisations fondées sur le réglage
--> comportent plus d'attente, mais celle-ci est utilisable.

Selon le modèle de l'utopie non paternaliste
- signaler les propriétés des organisations principales
- en référence aux capacités préétablies et immuables
- -> de la surface terrestre
- -> de la durée de la vie humaine


 

CHAPITRE 6


VI - LA SOCIÉTÉ SANS COMPÉTITION

Vouloir organiser les “autres”
- c'est vouloir être supérieur
- devenir le-plus-fort, par la lutte ou par la compétition

Est-il possible de réglementer la compétition ou de réduire la nécessité de la concurrence?

1. La “lutte pour la vie” est-elle indispensable?

Deux chiens en présence d'un os se battent
- le vainqueur emporte l'os

Deux chiens et deux os
- les chiens se battent
- le plus fort prend les deux os

Alternative possible
- chaque chien prend un os, sans combat

Deux chiens et deux cents os
- bataille pour la préséance
- lequel sera le premier à avoir droit au festin?

- soit l'abondance des moyens de survie
- soit la réduction de l'ensemble d'individus
- peuvent mener à un équilibre
- la manipulation de cet équilibre importe pour la survie d'un ensemble d'individus

Quatre schémas possibles:
- a. abondance naturelle, donc équilibre.
- b. abondance naturelle et provocation d'une rareté artificielle, outil de puissance.
- c. rareté naturelle et lutte pour la vie: réduction du nombre des individus.
- d. rareté naturelle et réponse technologique qui augmente la quantité de la denrée

On ne peut éviter la lutte que si les moyens d'utiliser la technologie sont connus de tous et appartiennent à tous.
  
2. La lutte pour la domination, la préséance.

La rareté, artificielle ou naturelle
- génératrice d'inégalité
- outil pour conquérir la puissance

L'équilibre naturel
- seule organisation ou non-organisation égalitaire
- sujet à la lutte pour la préséance

La rareté fictive par invention d'une distinction
- rare par définition
- résulte d'un consentement tacite
- est un des pires fléaux de l'humanité

Exemple
- les timbres rares, objets inutilisables

L'abondance inattendue
- enlève toute valeur à cette chose rare
- -> car elle n’est pas nécessaire à la survie

La rareté fictive concerne la situation sociale élevée
- par définition, rare, désirable
- outil de puissance qui introduit la compétition
- obstacle tenace à la réalisation des utopies sociales égalitaires

La société de non-compétition
- -> organisation sociale qui supprime la rareté fictive

3. La “société de non-compétition”

Utopie sociale la plus importante, en théorie et en pratique
- théorie: constater sa nécessité ou prévoir son imminence
- pratique: constater son apparition, ou son émergence latente

- pas de lutte intérieure pour la survie ou la préséance
- peut résulter de l'indifférence individuelle
- agressivité naturelle canalisée vers l'extérieur, envers les autres groupes
- En interne, une mythologie, théorie intuitive, impose l'attitude anti-lutte

Un groupe de non-compétition

- A) ne se forme que s'il existe un équilibre naturel ou artificiel de moyens de survie abondants
- en fonction de conditions naturelles particulières pour les utopies idylliques
- quand les futurs membres de ce groupe viennent de sociétés possédant une technologie très développée

- B) est égalitaire
- aucun des membres n'exerce ou ne subit d'influence supérieure à tout autre membre du groupe
- communication déterminée par égalitarité et valence spécifiques à l'espèce humaine

- C) est soumis automatiquement aux conditions de seuil
- il ne peut contenir un nombre de personnes supérieur au groupe critique
- il ne peut posséder un nombre d'objets supérieur à la grandeur critique
- C’est une société de petits groupes

- D) organise la propriété, mais surtout l'utilisation des objets
- utilisables simultanément par tous
- l'utilisation n'implique pas le consentement des uns ou des autres
- le transfert n'implique pas non plus le consentement des autres
- fait de la pauvreté une vertu
- est communautaire et opposant de tout système fondé sur la rareté fictive

- E) se forme facilement mais reste fragile
- par manque de langage objectif qui permette l’information interne
- par son langage intuitif né d'une mythologie et trop insuffisant
- sans langage objectif, ils est paternaliste

Le premier danger vient du succès
- plus il grandit, plus ils dépasse le seuil critique
- plus il s'enrichit et plus le nombre d'objets possédés dépasse, à son tour, la grandeur critique.

Le deuxième danger tient au paternalisme des mythologies
- Scissions et luttes idéologiques pour la préséance d'une idée sont à peu près toujours fatales

- En 2000, la “non-compétitivité” est encore plus utopique que jamais
- L'humanité est-elle axée sur la compétition
- -> pour raisons biologiques
- -> ou par un long conditionnement?

Pour nuancer “l’utopie de la non-compétitivité”, différencier
- compétition “intra-groupe”, inévitable
- compétition “inter-groupe”, plus dangereuse
- -> pourrait être réduite, ou éliminée, ou sublimée

4. Une condition technique de non-compétition “l'économie des réservoirs’

La société de non-compétition est une utopie réalisable
- on peut la découvrir, l’enseigner et l’appliquer

Sortir d'une situation insatisfaisante
- se manifeste par la contestation
- -> devenue affirmation de soi
- -> plutôt que volonté de changement

Rien ne change. Pourquoi?
- L’abondance artificielle va de pair avec rareté fictive

Les régions d’abondance se raréfient par
- accroissement du nombre de ceux qui y affluent
- accroissement des naissances qui fait disparaître l'abondance naturelle

L'abondance artificielle
- est assurée le système des primes
- la prééminence sert de stimulant

L'inflation s'abat inévitablement sur l'abondance artificielle
- une personne rend un service, travaille
- elle est rémunérée en obtenant
- -> une distinction, une prime: salaire, puissance, statut, etc.
- les autres veulent la même prime, ou plus
- soit ils participent à la surproduction
- -> d’où dévalorisation des primes
- soit ils établissent la rareté fictive

Historiquement toute organisation politique et économique tend à retomber dans ce scénario.

Esquisse d’un contre-projet.

L'abondance naturelle
- existe si tous les biens nécessaires à la survie se trouvent sans effort

L'abondance artificielle
- commence avec l’animal qui se fait une réserve

L'attitude humaine est identique
- se construire une réserve au moyen de greniers
- qui assurent l'abondance naturelle pendant les périodes difficiles
- qui sont source de rareté fictive: ils permettent au gardien du grenier d'établir sa puissance
- un système de grenier centralisé permet une dictature centralisée
- un grand nombre de greniers spécialisés entraîne une certaine apparence de liberté

Remplaçons grenier-réservoir par Trésor public
- alimenté en argent par les contributions de chacun
- n'empêche pas l'introduction de la rareté fictive

Sous la pression que tous exercent sur les gardiens du réservoir
- l'argent doit être de plus en plus largement distribué
- phénomène d'inflation généralement bien exploité par les gardiens du réservoir

En contre-projet
- à la place d'un réservoir généralisé-Trésor public
- grand nombre de réservoirs spécialisés contenant les biens eux-mêmes
- -> inflation impossible pour les biens de survie
- -> inflation admise pour les biens superflus

Les groupes de non-compétition
- essayent d'organiser une sorte de trésor public
- sous forme de réservoirs des produits nécessaires à leur survie

5. Conclusions concernant la société de non-compétition

Dans un système d'abondance naturelle ou artificielle
- une société égalitaire est possible
- mais habituellement empêchée par la compétition

La contestation idéologique de la rareté fictive
- sépare rareté fictive et rareté réelle
- déplace la frontière entre les deux raretés

La société de non-compétition n’est pas l'unique utopie réalisable


CHAPITRE 7


VII - LA NOTION D’IMPORTANCE

Nous recherchons la compétition
- pour avoir une importance toujours croissante
- pour tirer un plaisir inné de la lutte pour l'obtenir

L'individu est important, unique et irremplaçable
- nos sociétés rendent remplaçable n'importe quel individu

L'importance de l'individu vient de son propre jugement personnel
- qui ne dépend d'aucune compétition
- qui peut être en contradiction avec le jugement des autres

L'importance est donc fondée sur le jugement des autres
- elle est conditionnée par certaines “règles tacites”

Afin d'être jugé “important”, l'individu doit
- soit se soumettre à ces règles
- soit établir d'autres règles

Toute société tend vers une stabilité par la durabilité de ses règles
- une société stable et flexible est imaginable, réalisable

1. La chose inacceptable: ne pas être important

Des gens très intelligents se trouvent très importants
- je suis quelqu'un d'important
- les autres n’en sont pas pour autant convaincus

Regardons les utopies à travers les yeux d'un Martien
- il ne se considère pas comme important.
- il comprendra les utopies
- -> comme tentatives imaginées par certaines personnes
- -> pour rétablir leur propre importance par rapport aux autres

Autre aspect de l’importance pour l'organisation sociale

Un solitaire ne peut pas s'attribuer d'importance par rapport aux autres
- il mourra fou, en cherchant à se construire une importance fictive par rapport aux autres
- seuls les autres peuvent apporter l’importance à quelqu'un
- tout individu dont l'importance n'est pas reconnue fera tout son possible pour s'en inventer une

Autre exemple de ce phénomène
- l'humanité s'assigne de l’importance par rapport aux autres êtres vivants

Pour institutionnaliser leur propre importance
- les dirigeants refusent l’importance de certains individus ou groupes

L'importance de chacun est assurée dans une organisation non paternaliste
 
Nous avons vu
- la «rareté fictive» est produite par un goulot de contrôle unique, tout-puissant.
- chacun peut attribuer ou refuser d'attribuer de l'importance à qui le méprise
- tout goulot de contrôle peut être évité car réversible

La reconnaissance de l'importance ne peut être imposée de l’extérieur du système

Tout individu appartenant au système fabrique sa propre liste des importances qu'il reconnaît aux autres

La contestation de l'importance existe depuis que le monde est monde

L'espoir de la liberté est associé à cette contestation

2. L'importance «positive» et l'importance «négative»

Personne ne peut vivre sans se considérer comme important

Deux interprétations co-existent

1) Importance positive
- chacun crée une hiérarchie dans laquelle il soit suffisamment haut placé
- suivant un critère arbitrairement choisi
- sans se soucier de l'accord des autres

- un tel système de critères peut être considéré comme une utopie réalisée
- il assure cette satisfaction à tous les échelons d'une société
- il repose sur les critères de l'importance positive de chacun par rapport aux autres
 
2) Importance négative
- réduire l'importance des autres par rapport à sa propre importance

3. La société de l'anonymat

L'importance, facteur poussant vers le non-paternalisme est favorable à l'égalitarité
- une autre intention de la plupart des grandes utopies est celle de l'anonymat

Les produits, les actes, les œuvres non signés n'influencent pas l'importance individuelle dans la société
- une telle société rendrait égales les importances individuelles
- elle n'encourage pas à fournir le moindre effort

4. «Importance» et «situation sociale»

Conclusions à propos de l'importance

La situation sociale est le résultat d'une comptabilité des influences
- évaluation faite de l'extérieur par un observateur qui ne fait pas partie du système
- évalué de l'intérieur, la personne attribuera à ce rôle une importance arbitraire

L'importance est le résultat de la situation sociale
- évaluée suivant les critères arbitraires choisis par un seul individu
- selon ses critères et sa situation sociale dans la hiérarchie

L'importance dépend
- des valeurs personnelles
- de l'importance que j’attribue à l'importance que les autres m’attribuent

En réalité (et heureusement)
- l'importance d'une influence n'est ni observable ni mesurable
- car elle n'est pas communicable

D’où un répertoire de quatre alternatives:

1) - “égalité objective/égalité subjective”
- une idéologie ou une morale est nécessaire, généralement imposée de l'extérieur, le plus souvent considérées comme d'essence divine, données par un dieu ou par un surhomme.

2) - “égalité objective/inégalité subjective”
- non paternaliste, fonction de la diversité des gammes de valeurs individuelles, permet chacun d'assurer son importance, implique, en même temps, une limitation numérique quant au nombre des membres

3 ) - “inégalité objective/égalité subjective”
4) - “inégalité objective/inégalité subjective”
- la société ne pouvant plus être égalitaire, il ne peut plus être question d'utopies réalisables

1 & 2 sont des utopies parfaitement réalisables

Les individus de ces sociétés égalitaires
- ou l'importance individuelle est satisfaite
- -> sont plutôt heureux
- -> désireront perpétuer cette situation

5. La grande utopie de l'immobilisme

Le plus grand nombre de toutes les utopies
- réalisées ou imaginées
- -> ont été du type immobiliste

La perpétuation d'une situation satisfaisante, répond à trois axiomes:
- elle naît de la peur d'une insatisfaction qui résulterait de la perte de la satisfaction momentanée
- elle fait usage d'une technique existante
- elle dépend d'un consentement collectif

Exemple: la pratique de l'agriculture
- déboisement, disparition d'espèces animales, érosion, etc.
- ce fut un des pires déséquilibres écologiques jamais produit l
- nous sommes les descendants de l'homme agraire
- nous ne nous en portons pas plus mal, ayant oublié l'homme préagraire

Le bouleversement actuel peut devenir le point de départ d'une nouvelle espèce
- la peur du changement est une utopie immobiliste de notre génération
- cette utopie d'immobilisme est la dernière phase d'une utopie réalisée, la révolution agraire

Pour notre ancêtre amphibie
- nous avons réalisé son utopie
- puis nous avons immobilisé son utopie…
- …vivre sur la terre ferme

L'immobilisme est un but difficile à atteindre
- il exige d'être à l'abri des perturbations extérieures
- il représente la situation rêvée par tout gouvernement, toute législation, toute technologie et toute science

Les sociétés immobiles se caractérisent par
- leur isolation (vase clos)
- leur taux de croissance démographique extrêmement bas

- Le contenu de l'immobilisme n'est pas une utopie
- Le contenu de l'immobilisme peut être le résultat d'une utopie

Quelle organisation sociale n'est, ou n'a pas été, le résultat d'une utopie qui l'a précédée?

6. Du “ratage” des utopies réalisables

Si tant d'utopies sociales sont réalisables
- si l'immobilisme lui-même est aussi une utopie réalisable
- pourquoi la plupart des tentatives d'utopies ratent?

Toutes les utopies sociales réalisables qu'on a tenté
- de Platon à Jésus, de la Constitution américaine à Marx
- ont été des utopies ratées

Le mot utopie a pris une résonance péjorative ou ironique
- pas de remède miracle à ce ratage
- essayons un diagnostic sans la banale accusation de la nature humaine

Récapitulons:

1. les conditions d'émergence
- insatisfaction
- technique utilisable
- consentement collectif
  
2. la proposition vient
- soit de l'extérieur
- soit de ceux qui supporteront les risques de la proposition
- -> implique l'existence d'un feed-back continu en langage compréhensible par tous

3. la description en un langage objectif

4. dans ce langage, société et environnement sont des synonymes

5. les utopies recherchées sont la société égalitaire, de non-compétition

6. la limite numérique respectée (conditions de seuils)

Cette récapitulation donne le diagnostic des ratages
- nous ne voyons plus les utopies qui ont réussi
- elles nous semblent banales et évidentes
- le succès d'une utopie réalisable transforme cette utopie même

La raison de cette transformation

a. l'adhésion des masses à l'utopie qui a réussi
- le dépassement du seuil numérique entraîne la désintégration de l'organisation qui était à la base de l'utopie

b. l'immobilisme au moment de la réussite
- l’institutionalisation change tacitement une organisation non paternaliste en une autre, paternaliste

c. l'introduction des gammes de valeurs individuelles, de “l'importance”
- le feed-back continu est la clé de l'autopréservation des utopies réalisées
- les utopies non paternalistes ont la meilleure chance de survivre

Il existe un très grand nombre de réussites dans la réalisation d'utopies
- toutes font usage d'une autorégulation

L'aide d'un système de feed-back continu empêche la dégradation
- par le surnombre
- par l'institutionnalisation
- par le changement des gammes de valeurs personnelles


CHAPITRE 8


VIII - LA VILLE

La ville est “l'ossature matérielle” d'une société
- réseau -chemins, enclos, frontières
- réseau matériel, relativement immobile, peu ouvert aux changements
- détermine “l’utilisation”, les règles du jeu

Et un autre réseau, immatériel, flexible, celui des communications

La “société à faible communication” des villes
- est celle de la démocratie urbaine
- sans centre
- dont les membres sont chacun un centre
- -> la technique contemporaine accentue cette tendance
- -> les anciennes barrières continuent d'exister

- le vrai réseau de la communication c'est le “téléphone arabe”
- -> Internet ne sert qu'à le faire sonner....

1. La ville représente l'utopie par excellence.

La ville comme modèle de démonstration
- au sens géographique, organisé, du terme
- Platon, Thomas More, Rabelais ou Fourier
- ville-État, micro-ville, abbaye, phalanstère
   
Nous avons vu
- l'utopie: projet “augmenter la satisfaction d'êtres humains”
- l'utopie réalisable “a obtenu le consentement du groupe”
- -> nait à l'intérieur d'un groupe organisé
- -> rassemblé sur un même territoire
- -> c'est-à-dire dans une ville
   
ce qui rattache l'utopie à la ville
- la ville, est la première utopie humaine réalisée
- but recherché: l'amélioration de l’organisation/ville
- même sans territoire, la ville existe en tant qu'organisation
- elle est autrechose qu'un agencement d'objets matériels sur un territoire qu'ils occupent

L'utopie-ville est la synthèse de deux aspects
- organisation humaine
- territoire

2. L'utopie réalisée de la révolution agraire

Évolution de l’humanité
- société de cueillette
- organisation de chasseurs
- société pastorale
- société sédentaire des agriculteurs
- nous vivons toujours dans une civilisation agraire

La ville moderne est née avec cette civilisation agraire
- il n'existe pas de ville de cueilleurs, de chasseurs, de bergers
   
Dans la civilisation agraire la ville devient nécessaire:
- l'agriculture entraîne l'industrie, conséquence de la division du travail
- l'agriculteur a besoin
- -> d'outils
- -> de stockage
- il produit des déchets, base de produits industriels
- -> tissus, vêtements de paille, pierres
- la ville naît pour abriter forgerons, tisserands, potiers
- -> qui échangent leurs produits avec ceux de l'agriculteur
- ces artisans peuvent s'entasser
- -> terrain nécessaire pour leurs abris et leurs ateliers
- l'agriculteur, lui, doit habiter près de ses terres
- -> il ne va en ville que pour le marché, et se protéger des attaques

- ville “entrepôt de spécialistes” chacun est indispensable
- chez les paysans chacun est capable de remplir toutes les tâches
   
L'utopie réalisée de la ville primitive
- est un ensemble d'individus égaux
- chacun est indispensable

3. La démocratie directe est une utopie urbaine

Dans la famille ou dans le clan un chef décide

Image de l'utopie urbaine individualiste

Dans la ville primitive décision prise par l'ensemble des égaux
- réunis en assemblée générale
- la ville primitive est fondée sur la démocratie directe

4. La ville dénaturée

À chaque structure sociale
- la dimension de groupe critique dépend
- -> de la structure du groupe
- -> de la vitesse de réaction nécessaire pour la survie du groupe
   
L'utopie urbaine primitive
- décisions prises par l'ensemble des individus
- les dimensions doivent rester très limitées
- la vitesse de réaction doit être presque immédiate
- le délai de décision devant être réduit au maximum

La ville primitive succombe facilement aux attaques venant de l'extérieur
- soit parce qu'elle a dépassé le seuil critique du groupe égalitaire
- soit, par l'accroissement de sa population

Le groupe égalitaire devient hiérarchique
- la ville moderne devient l’organisation tyrannique que nous connaissons

5. Le contre-développement: la ville privée, le village urbain
   
Ce qui reste de la structure égalitaire des villes peut avoir une très grande importance dans un avenir proche.

En ville, le groupe égalitaire n'a pas complètement disparu

Concept de la ville privée
- je vis à Paris, dix millions d'habitants
- 1) deux à trois mille, que je connais, et que je peux identifier
- 2) une vingtaine de mille, anonymes, m'impose des contraintes
- -> je dois rester debout dans le métro, etc
- 3) une centaine de milliers qui garantissent directement mon existence
- -> les techniciens dont je dépends, qui font marcher le métro, etc.
- -> je ne les rencontre jamais

Description exagérée
- je vis dans une ville privée
- de cent vingt mille individus
- si l’un fait la grève ou meurt
- je m'en aperçois tout de suite

Il existe autant de villes privées que de Parisiens à Paris
- chacun de nous peut vivre
- dans une ville privée égalitaire
- au sein d'une ville hiérarchisée.

La ville privée n'est pas nécessairement territoriale, au sens géographique, au contraire
   
Si la ville privée coïncide avec un territoire bien défini, elle est un village urbain

Un village urbain
- peut être égalitaire
- il est la ville égalitaire de notre temps
- il est remarquablement stable
- -> il ne peut pas grandir
- -> son territoire est limité
- il ne se dégrade pas facilement
- il a la plus grande probabilité de survie en cas de crise ou de pénurie

Importance des villages urbains durant les temps de guerre et de crise
- gouvernements centraux impuissants et incapables d'agir
- villages urbains, les quartiers organisent leur survie

6. Le groupe critique non géographique

Différence entre village urbain et ville privée
- dépendance du premier à un territoire délimité
- indépendance géographique de l'autre

Cette différence pourrait disparaître
- ré-examinions la question du groupe critique

Les moyens de transmission définissent la territorialité du groupe
- parole directe, véhicules rapides, réseau téléphonique vulnérable
- les groupes critiques non géographiques sont admissibles

7. La société de “faible communication”

Utopie réalisable
- la ville primitive à l'intérieur de la grande ville
- la désintégration des grandes organisations mène vers la société de faible communication

Cette société est l'intersection multiple d'un nombre de groupes égalitaires
- soit groupes juxtaposés
- -> faiblement reliés entre eux
- soit réseau d'individus
- -> autour de chaque individu, un groupe égalitaire unique

Les villes privées ou les villages urbains sont deux formes de la société de faible communication

8. L'encouragement à l'autoplanification sociale

Soit le double processus:
- dégradation de l'utopie urbaine primitive
- émergence des organisations égalitaires dans la ville globale

Aucune force n’est capable de contrôler l’organisation gigantesque des mégalopoles
- indiscipline civique
- recrudescence de la criminalité sauvage
- résistances politiques urbaines

La société de faible communication est l'organisation d'autodéfense
- les politiciens ne peuvent plus diriger
- la politique se borne à des actes théâtraux
- les porte-parole des masses sont tout juste tolérés
   
Opinion personnelle à ne pas considérer comme un dogme
- indifférence bienveillante plutôt qu'intervention irréfléchie ou manipulée
- la société de faible communication pratique le sens civique
- chacun peut avoir à décider seul, quel parti prendre dans une situation quelconque

Action “d'encouragement” recommandable
- oser interpréter le civisme à sa façon
- oser rester indépendant de la masse

Le civisme n'est possible qu'envers un petit groupe, envers une ville privée

L'autorégulation sociale
- conséquence de lois de la nature
- -> est subie
- garantit une survie à l'espèce
- laisse de nombreuses victimes individuelles

L'autoplanification sociale
- s'appuie sur les mêmes lois de la nature
- l'autoplanificateur ne les subit pas
- -> il s'en sert pour la survie de l'espèce sans faire de victimes
   
La stratégie stupide est de résister à ces lois de la nature.

L’auteur insiste sur l'existence des lois naturelles
- qui gouvernent les sociétés
- contre lesquelles nous ne pouvons rien faire
- auxquelles nous devons chercher à nous adapter

Connaître ces lois de la nature
- éviter les efforts infructueux déployés pour résister aux faits
- écarter les utopies irréalisables
- -> nocives: elles enlèvent tout crédit aux utopies réalisables

CHAPITRE 9


IX - LA VILLE GLOBALE

Les réseaux sont matériels et immatériels
- ils couvrent pratiquement toute la Terre
- ils conduisent à la ville globale

Mais elle n’est pas habitée par une société homogène et uniforme

Elle facilite, par contre, la mobilité matérielle et immatérielle des petits groupes
- au-dessous de la limite du groupe critique
- formant, à leur tour, une société à faible communication

Fait nouveau
- ces groupes qui forment la ville globale
- sont, géographiquement parlant, dispersés

Est apparue la ville-continent
- une centaine de villes qui existent depuis des siècles
- maintenant reliées par un réseau de transport très rapide

La ville-continent, contrairement aux mégalopoles
- satisfait à la croissance démographique et aux fluctuations économiques
- n’entraîne pas la croissance outre mesure des villes qui la composent

L'Europe unie est la première ville continent moderne
- ce n'est pas une entité politique
- c'est une entité de fait

Elle est peut-être le modèle de la ville globale à venir

1. L'astronef Terre

Le Spaceship Earth (Kenneth Boulding, Buckminster Fuller)
- exprime une idée occidentale et puritaine
- -> nous sommes abandonnés sur un navire de l'espace
- -> les réserves sont limitées
- -> nous sommes seuls responsables de notre survie

L'Astronef Terre et la cité globale ne sont pas des utopies
- nous devons vivre ensemble, pour le meilleur et pour le pire
- abandonner cette coexistence est impossible

Le manuel de conduite de cet astronef est une utopie
- l'operating manuel de Buckminster Fuller, entre autres
- nous possédons une multitude de ces manuels
- inutile de les examiner ou de les critiquer
- ce sont des utopies universalistes “irréalisables”

Observons la vie quotidienne sur cet astronef

Première conséquence
- cet astronef est fermé
- il ne contient plus de territoires où échapper
- -> à la civilisation
- -> à la coexistence avec les autres
- il ne reste aucun Wild West où fuir, à conquérir

Deuxième conséquence
- nécessité d'une organisation pour gouverner
- arbitrer les problèmes soulevés par les passagers

Les décisions prises à bord d'un navire sont toujours le fait d'une organisation qui possède un pouvoir absolu et totalitaire

Troisième conséquence
-le nombre des passagers doit être limité
- -> à cause des réserves limitées

La ville globale peut représenter l'organisation des passagers de l'astronef Terre

2. La migration autorégulatrice

Caractéristique de la ville globale
- les frontières sont fixées à jamais
- émigration ou immigration sont impossibles
- reste la migration simple possible
- -> se déplacer, déménager, à l'intérieur de la ville globale

La migration est une des plus importantes utopies réalisables de l'histoire
- un exilé est toujours un utopiste
- son exil est toujours une utopie réalisée
- -> même si elle semble n'être qu'un pis-aller

La migration comme facteur d'autorégulation sociale
- une tension, un conflit, se dénoue par la fuite d'un des protagonistes
- cette fuite produit, à son tour, d'autres conflits

La migration provoque une réaction en chaîne
- après une période de déplacements, nouvel équilibre
- en résulte, à la longue, une certaine sécurité

La migration ne provoque que de petits conflits
- pas nécessairement meurtriers

Nécessité d'une organisation arbitre des conflits
- rôle autorégulateur de la migration

Une organisation centrale pour la ville globale
- est impossible
- dépasserait toute grandeur de groupe critique imaginable
- la vitesse de réaction serait inadmissiblement lente
- c'est une situation qui relève de l'absurde

L'acte d'arbitrage reste la tâche des groupes de la ville globale
- chaque groupe établira ses propres règles d'arbitrage
- -> indépendantes de celles des autres groupes

Chaque groupe possèdant ses propres règles d'arbitrage
- déplacement-migration, à l'intérieur de la ville globale
- l’individu quitte un groupe pour aller dans un autre
- le système admet une coexistence de l'émigré avec le groupe

La migration représente l'autorégulation de la ville globale
- multitude d'arbitrages acceptables
- un système d'arbitrage unique ne pourrait pas fonctionner

Les organisations centralisatrices essayent d'empêcher la migration libre

3. Un scénario de la migration

Autre caractéristique de la ville globale
- limitation du nombre des habitants en fonction des réserves naturelles
- distribution de ces réserves entre les habitants de la ville globale
- en fonction de différents critères
- -> nécessités physiologiques
- -> attitudes psychosociologiques
- -> considérations technologiques, etc.

Exemple, la nourriture
- la quantité nécessaire à la survie est variable
- fonction de considérations arbitraires
- le régime alimentaire correspond à une image qu'une civilisation se fait d'elle-même
- plantes et animaux sont comestibles par certaines civilisations, pas par d'autres
- l'humanité ne consomme pas plus de 20 % de la masse végétale
- une énorme quantité de produits naturels pourrait être rendue comestible
- solutions au problème de l'alimentation dans un nouveau livre de cuisine?...

Nous ne considérons ces possibilités qu'en tant que sujet d'étude

Un autre scénario d'auto-réorganisation de la ville globale
- repose sur la technologie qui existe déjà
- fait ressortir le rôle que la migration pourrait jouer

1) Les céréales, nourriture stockable, sont presque toutes produites en zone tempérée
- dans ces régions les plus fortes concentrations industrielles
- -> occupent une très grande partie des sols
- -> représentent des pertes énormes en terres arables

2) Là où les habitants vivent à l'intérieur de maisons chauffées
- la surface au sol des habitations est grande
- la consommation d'énergie nécessaire au chauffage est importante
  
3) Les zones chaudes peuvent assurer une production agraire
- cultures intensives, produits difficiles à stocker: fruits, légumes, etc.
- l'habitat nécessite beaucoup moins de terrain
- on préfère vivre dehors: dans les rues, dans les cours, sous les arbres
- surface d'habitation réduite et chauffage à peu près inexistant
- -> énorme économie de combustible

Et l'industrie?

De nouvelles sources d'énergie sont nécessaires
- l'énergie solaire est source d'énergie valable
- l'ensoleillement à usage industriel disponible en climats chauds

D'où l'image d'une réorganisation de la ville globale

1) régions tempérées
- faiblement habitées
- culture des céréales
- greniers de la ville globale

2) régions chaudes
- très peuplées
- peu de surface réservée à l'habitat
- peu de combustible employé
- production de nourriture abondante non stockable
- peut faire vivre les nombreux habitants de ces zones
- très forte condensation industrielle basée sur l'énergie solaire
- industrie qui assure l'emploi de cette population

Image étrange à première vue
- Occident paysan, faiblement habité
- Sahara densément peuplé et industrialisé
- -> cette répartition pourrait assurer une vie agréable à cinq ou six fois plus d'êtres humains

Proposition impossible à défendre
- aucun pouvoir suffisant pour la réaliser
- pourrait se faire par lente migration libre
- si disparaîssent les obstacles à cette migration libre

4. Ville-migration, campagne-sédentaire

L'organisation actuelle
- un tissu de villes isolées
- entourées de campagnes
- est valable sous toutes les latitudes

L’image nouvelle de la ville globale
- deux zones de campagne couvrant les latitudes tempérées
- une mégalopole tropicale regroupant
- 70 % de l'habitat, de l'industrie et de l'agriculture quasi industrielle
- forte migration possible dans cette mégalopole
- infrastructure-parapluie
- locaux vacants occupés au fur et à mesure du passage des migrateurs
- -> ville-super-hôtel
- -> les habitats équipés de tout le confort
- -> peuvent être loués, même pour un jour

La ville-Khan correspondrait aux critères
- petits groupes sociaux n'atteignant pas le groupe critique
- organisations et groupes non géographiques
- société de faible communication
- mégalopole de la migration libre

Hypothèse différente pour la campagne tempérée
- région purement agraire
- population fatalement sédentaire

Ces deux images semblent relever de la pure science-fiction
- ces hypothèses ne peuvent être considérées comme utopies
- ce ne sont pas des propositions
- elles illustrent certaines possibilités d'organisations de la ville globale
- les migrations seraient la caractéristique principale

L'organisation serait influencée par
- la rareté des réserves
- les impératifs de la survie
- l’impossible gouvernement par un conseil de sages

L'hypothèse du couple
- ville à migration
- campagne sédentaire
- est un fait observable tout au long de l'histoire

5. La ville globale est composée de villages urbains

La ville globale réseau de villages urbains égalitaires
- est déjà en train d'émerger
- -> accroissement du nombre des humains
- -> affaiblissement des pouvoirs centraux

Description schématique de la ville globale
- réseau faiblement relié de villages urbains
- -> composés d'individus tous égaux entre eux
- -> ouverts à une migration dans les limites du groupe critique

Dans ce réseau
- aucun système ad hoc ne peut fonctionner
- chaque village urbain est au courant des événements
- -> des villages limitrophes au sens non géographique
- -> auxquels il est directement relié

Dans cette ville globale
- migration intérieure provoquée
- par certains motifs politiques ou insatisfactions
- pour motif de survie physique ou autres

L'échange avec la campagne
- est fondé sur le troc
- sans arbitrage central
- les modalités de l'échange sont fixées par les partenaires
- suivant désirs et nécessités
- sans référence avec les échanges effectués par d’autres

Le troc des produits
- de petite industrie locale et d’artisanat
- contre les céréales
- -> est fait directement par les villages urbains
- -> sans passer par des centres d'échange.

L'économie des villages urbains serait une économie des réservoirs, des greniers


CONCLUSIONS


Convergence vers un compromis
- -> environnement
- -> société sans compétition
- -> faible communication
- -> ville globale

Propositions ponctuelles
- dans des domaines limités
- réalisables, une à une

Autre conclusion
Notre monde est plutôt hypercompliqué qu'hypercomplexe

Complexité: se réfère à une structure
- permet d'extrapoler d'un état donné à l'état qui le suivra

Complication: la relation des termes n'est pas directe
- la structure est remplacée par l'arbitraire
- extrapolation d'un état à l'autre impossible

Un monde complexe ou hypercomplexe
- est réglé par la “machine” du cause-à-effet

Un monde compliqué
- est erratique
- la relation de la cause à l'effet ne peut être discernée

Ordre complexe ou compliqué
- il existe, fabriqué par notre intellect
- est l'image du monde située dans notre cerveau

Cette réflexion explique l'erraticité
- de notre histoire
- de nos concepts
- de nos théories

Le caractère réalisable des utopies est soumis à l'erraticité générale de notre univers

Infrastructure mondiale

L'État mondial
- utopie non réalisable tout au long de l'histoire

L'État mondial est une impossibilité
- les États actuels sont déjà trop grands
- la communication interne s'y bloque
– la communication globale est irréalisable
- les décisions sont inapplicables
- le message n'arrive jamais au niveau des citoyens pour exécution les décisions

L’infrastructure mondiale existe déjà
- support matériel des projets, utopies, etc.
- son existence nous semble habituelle
- la terre
- sa biosphère
- le soleil dispensateur d'énergie, etc.

Nous ne sommes pas conscients de cette existence

Nous prêtons attention à l'organisation de cette infrastructure
- la territorialité
- l'idée de frontières
- le droit d'accès

Autre caractéristique: la distribution inégale des réserves naturelles
- quand manquent nourriture, eau, chaleur, etc
- -> les animaux se déplacent
- -> les hommes échangent

L'hypothétique et impossible État mondial
- aurait à arbitrer et imposer ses décisions
- -> en matière de territoires
- -> en matière d'accès
- -> en matière de distribution de réserves

Les règles d'organisation possibles sont
- -> admission de la migration d'un territoire vers un autre
- -> gérance intercommunautaire des voies d'accès
- -> échange-troc direct des moyens de survie inégalement distribués

Une organisation de gérance mondiale est possible
- -> elle concernerait la maintenance des voies d'accès
- - -> reliant les territoires entre eux
- - -> servant à l'échange des moyens de survie

Cette fonction de gérance d'un réseau routier
- était toujours assurée par les anciens grands empires
- se maintient jusqu'à nos jours
- serait étendue au globe terrestre

2 - Multitude de communautés non communicantes 

Dans cette infrastructure de bon fonctionnement des voies d'accès, les sociétés ou communautés
- ne pourraient dépasser les dimensions du groupe critique
- devraient être relativement très petites par rapport à l'infrastructure mondiale
- vont être obligées de conserver leurs limites
- devront surveiller leur propre croissance
- cette tâche incombera à chaque communauté elle-même

Il semble impossible, dans le cadre d'une humanité toujours croissante
- de garantir la migration libre
- de maintenir les dimensions des communautés

Une solution concerne la territorialité
- le territoire réservé à ces communautés sera réduit
- c’est possible: exemple, la Vallée du Nil
- -> 1000 habitants au km2
- -> deux fois plus que tout le Canada
- cette densité ne détruit pas l'indépendance de chaque communauté
- les communautés égyptiennes vivent côte à côte, sans guerres et sans escarmouches
- savoir que sa communauté n'est pas unique rend l'homme tolérant.

En dehors de cette territorialité à surface réduite
- communautés ou groupes non géographiques
- les membres sont en communication constante
- ne vivent pas les uns à côté des autres

La migration devient possible en fonction de ces deux phénomènes
- la territorialité à surface réduite admet l'insertion de nouveaux groupes ou communautés
- le nombre des groupes ou communautés non territoriaux peut être illimité

Une multitude de groupes ou de communautés
- fermés
- non communicants
- peuvent s'installer dans l'infrastructure terrestre

Le côté fermé de ces groupes augmente la tolérance mutuelle
- les communautés ne peuvent pas augmenter le nombre de leurs membres
- elles ne font pas de prosélytisme, première source de conflits entre groupes
- elles ne fonctionnent pas en tant que société secrète, deuxième source habituelle de conflits
- le très grand nombre de ces groupes réduit les sentiments de compétition et d'envie aux quelques groupes limitrophes
- la complexité de ces rapports évite tout conflit généralisé ou généralisable

3. Service civil au lieu d'impôt

Cette organisation,
- multitude de sociétés communiquant peu entre elles
- infrastructure se réduisant à une sorte de voirie
- évite l'impôt, moyen politique de centralisation
- évite l'impôt, contribution à usage non spécifié
- versé au bénéfice d'une organisation de style mafia
- dont l'activité consiste à faire fructifier ces contributions

Activité majeure des États
- investir la majeure partie des impôt
- dans le mécanisme qui sert à les obtenir
- -> bureaucratie fiscale
- -> bureaucratie administrative
- -> force policière et force armée

Les services rendus au citoyen sont minimes
- budgets administratifs
- budgets policiers
- budgets instruction publique et santé
- -> les contributions administrées par le centre sont disproportionnés
- -> impossible pour le citoyen de contrôler l'utilisation des budgets de l’État

Considérons les contributions en nature
- en temps de service public
- en produits du labeur

Ce sont des contributions vraiment civiles
- il ne s'agit pas d'argent anonyme
- elles ne sont pas cumulables
- elles ne sont pas administrables centralement

Le temps fourni à la communauté
- ne peut être stocké
- ne peut être viré ailleurs

Le produit d'un artisanat
- ne peut être accumulé au-delà des besoins

Abus et mauvaise utilisation des fonds publics sont diminués
- le contrôle public est réalisable
- tout le monde est capable de parcourir
- -> la comptabilité en produits ou en heures de travail
- -> d'une communauté de la dimension d'un village ou d'une petite ville

Les réservoirs de travail consenti au service du public pourraient
- représenter le système de décentralisation
- éviter les dégâts causés par les grandes organisations

Cette méthode est appliquée de plus en plus
- dans certains domaines négligés par les gouvernements
- -> de la garde des enfants
- -> à la sécurité des habitants

4. La “corruption honnête” ou achat de services utilisables

Est considéré comme corruption
- tout achat d'un service à un serviteur public
- -> rémunéré par le Trésor Public
- -> dont les services sont gratuits pour tout le monde

La récompense pour service rendu
- est effectuée au bénéfice du Trésor Public

Le serviteur public
- ne peut être payé directement
- est rémunéré par le Trésor Public
- conserve impartialité et indépendance envers le citoyen

Dans la plupart des cas, le système de la rémunération d'un service quelconque est le même que celui qu'on qualifie de corrupteur chez un serviteur public.

Si j'utilise les services d'un cordonnier, d'un chauffeur de taxi, ou d'un porteur
- il est accoutumé à être payé directement pour sa fatigue
- il se sent responsable de son travail

Pour utiliser le même terme qu'avec le serviteur public
- sa rémunération-corruption en dépend et reste honnête

Par contre les serviteurs publics considèrent
- qu'ils vous font une faveur en vous faisant bénéficier de leurs services
- ne se soucient guère, dans la plupart des cas, de savoir si leur travail est bien fait ou non
- ne sont pas rétribués en fonction de la satisfaction de leurs clients
- ne sont pas corrompus mais sont irresponsables

Nous devrions chercher comment
- nous débarrasser de la rétribution de nos services publics par le Trésor Public
- remplacer le système actuel par la corruption honnête
- -> l'achat des services, comme dans le cas du cordonnier

Comme tout système, ce système commercial reconnu peut amener certains abus
- la “corruption honnête” pourrait fonctionner et assurer de meilleurs services que le système actuel
- à condition que les services publics fonctionnent dans le cadre de petits groupes

5. L'antifédération réduit la possibilité des guerres

Petit à petit notre esquisse d'organisation sociale se présenterait ainsi
- une multitude de petits groupes séparés
- -> reliés par un réseau de communication
- -> qui couvrirait la surface terrestre
- -> dont la maintenance serait assurée par une organisation de gérance.

Le bon fonctionnement serait maintenu
- grâce à un système de contribution en nature
- -> travail ou biens

Les services seraient achetés aux serviteurs publics par leurs clients.

Ce modèle sera considéré comme réactionnaire
- il ne va pas dans le sens d'une croissance et d'une sophistication du mécanisme social
- il tient compte des limitations inhérentes à l'intelligence humaine
- il tient compte de l'existence des groupes critiques

Cependant
- il ne s'agit pas d'un modèle d'utopie, mais d'une réalité
- ce modèle existe, partout aujourd'hui
- ses caractéristiques sont pudiquement cachées derrière une terminologie compliquée
- notre monde fonctionne en partant de petits groupes, territoriaux ou non

Sur toute la terre est maintenu un réseau de communication
- voirie, poste, téléphone, etc.
- maintenance assurée par des organismes de gérance
- différents des autres services gouvernementaux
- ils sont inter et supra-gouvernementaux
- ils continuent à fonctionner indépendamment de la naissance ou de la chute des gouvernements

Des services sont assurés
- par les contributions en nature de certains petits groupes
- services autrefois gratuits et publics
- fonctionnent maintenant avec le système de la corruption honnête

L'image n'est pas réactionnaire
- elle est moins hypocrite que celle de nos modèles politiques courants

Autre objection
- ce modèle va entraîner une multitude de conflits entre les groupes qui constitueront cette société
- toute cette aventure ne mènera qu'à une guerre de tous contre tous

Objection partiellement vraie seulement.
- Imaginons une petite ville de dix mille habitants
- il y a un grand nombre de conflits entre ses habitants
- un très grand nombre de ces habitants n'ont aucune relation entre eux
- dans ce genre d'agglomérations il n'y a à peu près jamais de meurtres
- la plupart des conflits sont résolus par un arbitrage de groupe
- menant soit à une trêve
- soit à l'émigration d'une des parties
- la plupart des habitants ne sont pas impliqués dans tel ou tel conflit
- ils ne participent pas à l'arbitrage localisé

Quand les parties impliquées dans un conflit
- réussissent à intéresser la majorité
- ou la totalité de leurs concitoyens
- ce sont des partis qui se forment
- s’ensuivent d'autres conflits, échauffourées
- la guerre civile fera son apparition

Cet situation n'existe que trop souvent
- la guerre se manifeste quand un certain nombre d'individus se fédèrent autour d'une injustice réelle ou imaginaire
- tant qu'il n'y a pas fédération, l'arbitrage de groupe fonctionne d'une façon satisfaisante

Une institution antifédérationniste, peut garantir la paix
- aucune institution évite la fédération
- beaucoup la rendent difficile
- exemple: le système des sous-castes indiennes
- chacune est imperméable aux autres
- son rôle est irremplaçable

Les interdits limitant le rôle de chaque sous-caste sont probablement la base même du célèbre pacifisme indien
- une très forte tendance à la migration, en Inde, ne réduit pas les effets de ce système

Un autre exemple: les sociétés où l'héritage individuel a été supprimé
- L'héritage déclenche une réaction hautement fédérante
– aucun autre concept humain n'a mené à autant de guerres
- l'adoption d'un système légal excluant l'héritage pourrait garantir une diminution des conflits

6. La migration: l'autodéfense de l'individu contre l'injustice sociale

La migration, la mobilité humaine, est, avec le concept du groupe critique, la pièce maîtresse du système social, fruit de nos réflexions
- migration et groupe critique, sont les deux garanties principales de la liberté

La liberté… idole de notre temps
- les libérateurs convaincus grouillent
- chacun nous libérant du libérateur précédent
- sans nous demander si nous voulons être libérés

La connaissance de la loi naturelle du groupe critique a un effet libérateur
- tout individu peut retrouver la structure de son groupe
- l'influencer ou chercher à le maintenir tel qu'il est
- peut préférer la structure égalitaire
- trouver comment parvenir à cette structure
- en faisant, par exemple, la sourde oreille à certaines influences
- en répondant à certaines autres.
- en s'opposant à l'accroissement de son groupe
- il peut maintenir la structure égalitaire qu'il a choisie
- s’il préfère une structure sociale hiérarchique
- la même loi naturelle indique comment agir

Mais le problème n'est pas résolu aussi simplement

Reste la réaction des autres devant son initiative
- deux éventualités
- soit convaincre les autres et gagner leur consentement
- soit émigrer, quitter son groupe.

Problème depuis longtemps à l'ordre du jour:
- un individu doit-il agir en fonction des idées d'une majorité, ou bien
- les idées de minorités nombreuses peuvent être réalisées, simultanément, sans se porter réciproquement préjudice?

La guerre ou tout conflit politique grave est évitée en empêchant la fédération
- La fédération est une tentative de construire une majorité totalitaire.
- Un système politico-social ne fonctionne bien, du point de vue de l'individu, que s'il est très fragmenté.

La migration qui permet à l'individu de maintenir cette fragmentation
- la migration sociale représente une sorte de grève à perpétuité
- un individu qui quitte un groupe en modifie la structure
- Il est normal, pour un travailleur, d'assurer sa liberté par la grève
- c’est sa défense contre ce qu'il considère comme une injustice
- la migration représente une sorte de grève civile, défense de l'individu contre l'injustice sociale

Les organisations de pouvoir créent le maximum d'obstacles à la migration libre
- nos bureaucraties ont construit d'énormes remparts de paperasse
- la migration en masse casse les pouvoirs

Durant la Seconde Guerre mondiale, affolement devant l'impossibilité de fuir

La première action de chaque conquérant: établir des barrages.
- les libérateurs maintiennent les mêmes barrages
- une grande partie demeure encore

7. Plaidoyer pour les connaissances théoriques
- contre la primauté accordée aux connaissances appliquées

Responsabilité de la science
- des théories politiques, sociales, médicales ou physiques
- une fois appliquées, font des hécatombes

Impossible de conclure que ces théories sont
- soit erronées
- soit dangereuses

Le problème
- les théories manquent de règles qui permettent leur application

Partant de cette constatation
- nos théories parapolitiques concernent
- des lois du type lois de la nature
- des modèles assez généraux pour ne pas être en contradiction avec tout système politique qui fonctionne

Tout système politique qui ne tient pas compte de ces règles ne peut pas fonctionner

La façon d'appliquer ces connaissances
- dépend, suivant leur esprit, de chaque groupe
- de chacun de ceux qui les manieront

C'est le principe du non-paternalisme

Je ne peux donner aucun conseil
- à chacun de trouver sa stratégie personnelle
- ce savoir, qui peut être erroné, n'est pas transférable

J'ai donc plaidé
- pour la primauté des connaissances théoriques
- contre la primauté des connaissances appliquées

Ce qui intéresse l’individu:
- pouvoir appliquer ces connaissances théoriques

C'est toujours l’individu qui souffre de la mauvaise application des connaissances théoriques
- il faut qu'il sache décider comment s'en servir
- pour pouvoir décider, il doit être bien informé
- pour être bien informé il doit apprendre
- l'explication de ces théories, sous une forme facile à comprendre par tous, est primordial.

Si le lecteur se sent encouragé
- à réfléchir
- à résoudre ses propres problèmes
-je n'aurai pas gaspillé mon temps

Y. Friedman ------ Paris, février 1972/juillet 1999


ANNEXES


Semi - Postface

Ces textes traitent de certains problèmes sociaux
- de leurs solutions possibles
- pas tellement utopiques
- applicables, déjà tacitement appliquées ou sur le point de l'être

ANNEXE 1. - SUR LA GRÈVE CIVILE


La crise sociale est due à l'incapacité dees États à s'adapter à de nouvelles dimensions, au nombre élevé de citoyens, au-delà de certaines limites critiques.

L'État est un mécanisme-mafia au sens non-péjoratif
- ce type d'organisation utilise la menace d'une pression
- la menace qui n'est pas exécutée si l'on accepte de payer un impôt

Une mafia vend donc quelque chose de négatif, un non-produit
- elle est payée pour ne pas faire quelque chose
- mais une mafia vous défend contre les autres mafias
- car on ne peut pas tondre un mouton deux fois dans la même semaine.

La faiblesse commence quand elle ne peut plus défendre le client contre les autres organisations
- elle perd sa crédibilité.
- celle des autres organisations semblables augmente

Le mode d'action efficace pour augmenter la crédibilité et faire baisser celle des autres est la grève
- la grève d'un service public nous démontre ce qui arrive quand ce service cesse de nous protéger
- cette pression n'est pas tournée contre vous
- elle est destinée, en tant qu'avertissement, à une autre organisation mafieuse
- vous n'êtes que la victime d'un règlement de comptes

Le problème qui se pose alors au citoyen est de se défendre lui-même contre les mafias.
Existe-t-il une sorte de grève civile qui lui permette de faire pression sur ces organisations?

Imaginons
- le citoyen réel de l'État réel, se lasse du combat des mafias sur son dos.
- il commence, lui aussi, sa grève
- il arrête de travailler.
- l'escalade peut mener à l'écroulement de la société.

Comment prévenir cette grève civile sauvage
- Il suffirait de la légaliser.

Examinons la situation
- les gouvernements perdent leur crédibilité de pression
- rétablir la confiance n'est plus possible
- la communication entre dirigeants et dirigés est rompue
- les dirigés ne suivent plus les instructions des dirigeants.
- les dirigeants ne peuvent plus diriger
- la seule solution est de rendre l'initiative à l'État réel
- donner au citoyen les moyens constitutionnels de faire jouer l'autorégulation sociale

Amendements à la Constitution pour parvenir à cette fin:

1. Admettre l'initiative d'en bas pour les consultations populaires (référendum)
- pour toute proposition soutenue, par exemple, par au moins deux millions
- permet l'arbitrage du différend entre les travailleurs et L'État
- la grève leur coûte réellement plus que les dépenses à assumer pour organiser un référendum

2. Admettre le droit à la sécession
- toute communauté
- géographiquement définissable
- dont le nombre dépasserait, par exemple, deux millions
- obtiendrait l'indépendance politique
- dans un cadre d'État fédéraliste
- la sécession, donne des solutions régionales à tout problème
- la régionalisation des grèves et des négociations éviterait la paralysie complète des services publics.

3. Admettre le contrôle populaire annuel
- sous forme d'instructions précises données, par le contribuable
- au président de la République et au gouvernement
- au moment de sa déclaration de revenus.

La déclaration deviendrait un outil de scrutin
- un volet spécial pourrait servir à indiquer
- les souhaits du contribuable
- les dépenses publiques que le contribuable considérerait devoir être couvertes par ses impôts.

Le contrôle populaire annuel
- augmenterait le sens des responsabilités des hauts fonctionnaires
- ils se soucieraient des affaires publiques par l'insécurité de leur propre emploi.

Ces trois propositions
- feraient disparaître le caractère asymétrique de nos institutions
--> où toutes les initiatives viennent d'en haut
--> où toute initiative venue d'en bas est considérée comme subversive
- sont des garanties de l'initiative d'en bas
- ouvrent une porte à l'autodéfense du citoyen

ANNEXES 2 - La ville comme moyen pour un double développement


1. L'auto-suffisance des villes

Jadis, la ville était autosuffisante par nécessité même en matière de service
- ressources en eau, potagers, vergers, basses-cours
- elle n'importait que bois de chauffage et sel
- elle logeait tous les “spécialistes” nécessaires
--> médecins, artisans, juristes, prêtres.

La ville ancienne pouvait survivre, même isolée du monde extérieur
- son économie était en équilibre durable
- l’équilibre ne pouvait être rompu que
--> par la croissance de sa population
--> par la hausse du niveau de consommation de ses habitants.

Cet état de l'économie urbaine a subsisté
- durant les guerres: siège de Paris/1870 ou Leningrad
- lors de difficultés de transport nécessaire au ravitaillement.
- dans les bidonvilles du Tiers-Monde?

2. L'économie de la ville dans les pays industrialisés

Les villes modernes dans les pays développés ne sont pas autosuffisantes
- l'économie moderne, au contraire
--> vise à installer la dépendance mutuelle des villes et des régions
--> aussi bien que celle de ses habitants.

Dépendance mutuelle des habitants de la ville moderne.
- le citadin moderne vit en vendant son travail pour de l'argent
--> en achetant ses biens de consommation, produits par d'autres
--> en payant avec de l'argent gagné par son travail vendu.
- le citadin moderne est un rouage d'un mécanisme économique complexe

Autosuffisance larvée.
- le citoyen moderne ne produit pas les mêmes biens et services que celui d'autrefois
- il est obligé de les produire faute de pouvoir les acheter.
--> il doit faire son ménage,
--> assembler et entretenir un grande partie de son équipement domestique et autre
--> gérer ses biens et ses comptes
--> être mécanicien de ses machines ménagères
--> être bricoleur, informaticien
--> savoir résoudre mille petits problèmes.
- son travail “d'autosuffisance”
--> coûte 20 à 30 heures par semaine
--> prises sur son temps libre.

L'industrie moderne fournit l'équipement servant à l’autosuffisance
- équipement ménager
- outils de bricolage
- ordinateur personnel.
- cet équipement fait partie de ce qu'il consomme
- le citadin moderne devient encore plus dépendant même en agissant en autosuffisance.

Autosuffisance et “temps de travail pour soi”.
- activités de ménagères, bricoleurs, les aides volontaires…etc.
- les économistes n’en tiennent pas compte
- ce “secteur quaternaire” n’est pas reconnu par l'économie classique
- il inclut les activités productrices et les services non payés
- ne figure pas dans le PNB

3. Ville et hinterland

Toute grande ville avant de croître, était encore autosuffisante.
- la croissance de la population implique d'augmenter les ressources de la ville
- ou oblige les habitants à réduire leur niveau de vie.
Les nouveaux venus veulent
- réhausser leur niveau de vie, donc celui de leur consommation
- si cela est impossible, ils s'en vont et la ville ne s'agrandit pas.
- une ville qui grandit annexe des territoires extra muros contigus
- ces territoires sont appelés hinterland ou “arrière-pays” de la ville.
- ils apportent les ressources nécessaires à la vie des habitants
- forment un marché protégé pour les biens et services produits dans la ville
Ville et hinterland important sont capables de croître
- jusqu'à la limite des ressources apportées par cet hinterland.
- cette limite est rarement très grande
- au delà d’un certain ordre de grandeur
- la ville doit se trouver dans un hinterland agrandi
- pas nécessairement contigu à la ville, c’est à dire une “colonie”.

La Rome de l'Antiquité a vécu sur le dos de ses colonies
- cet exemple s'est généralisé au XIXe siècle.
- au XXe siècle, le modèle de la colonie hinterland s'est modifié
- les grandes villes se font mutuellement les hinterlands les unes aux autres
- l'agriculteur moderne est un industriel spécialisé

Cette situation de “colonisation mutuelle”
- a renforcé la dépendance de l'individu au mécanisme économique complexe et imprévisible.
- depuis longtemps le citadin était un rouage non indispensable de ce mécanisme
- la colonisation mutuelle fait que les villes entières ne sont plus que de tels rouages
- mène à la formation de villes mégalopoles.

Trouver une alternative viable à la mégalopole.
- l'hypothèse est que cette alternative existe déjà
- elle ne peut être inventée,
- ni résulter d'une politique de planification
- on ne la peut trouver que si elle existe déjà.

4. La «ville-continent»

Une nouvelle forme d'habitat est en émergence
- un ensemble de villes, petites ou moyennes
- reliées entre elles par un réseau de transport très rapide
- réseau de villes assez distantes les unes des autres (100 à 200 km)
- le territoire entre les villes reste agricole et sert d'hinterland
- facilite la relation de “colonisation mutuelle”

Un tel ensemble de villes est une ville en elle-même, la “ville-continent”
- elle contient ses hinterlands et ses propres colonies
- elle forme un réseau
- dont les nœuds sont les villes appartenant à l'ensemble
- dont les mailles sont les hinterlands agricoles.

La mégalopole, développement de l'ancienne grande ville
- est une agglomération de banlieues contiguës
- un tissu urbain continu, de 100 à 200 km de diamètre
- un tissu homogène, non interrompu par des zones agricoles.

La ville-continent, par contre,
- représente un tissu varié, où zones urbaines et agricoles alternent.
- ressemble à un système de métro à plus grande échelle.
- les villes sont à peine plus distantes si on considère le temps de voyage et d'attente

L'Union Européenne est en train d'émerger comme la première ville-continent
- sans empiéter sur les zones agricoles
- les terres agraires font partie de la ville, remplissent ses interstices
- l'agriculture devient citadine.

La ville continent ralentit la formation des mégalopoles
- les villes moyennes deviennent de grandes villes
- développement différent de celui des villes des Amériques et du Tiers-Monde?
--> où la formation de nouvelles mégalopoles est ahurissante.

Les habitants de la ville-continent Europe
- changent moins le lieu de leur résidence
- le déplacement quotidien d'une ville à l'autre devient plus habituel

Terres agricoles, réserves naturelles, ressources naturelles
- font partie de ce nouveau tissu urbain
- la ville-continent est une entité d'habitat auto-suffisant.

5. La capacité de support («camping capacity»)

La ville-continent cohérente et autosuffisante
- conduit à reconsidérer la capacité de support
--> du continent Europe en particulier
--> de la planète Terre en général.
- capacité de support: chiffre indiquant
--> combien d'habitants peuvent coexister
--> avec un certain niveau de vie
--> sur un territoire donné.

La capacité de support du “bateau Terre”
- calculée sur la base de l'hypothèse de l'autosuffisance terrestre.
- autosuffisance nécessairement durable
--> la Terre ne reçoit de l'extérieur que l'énergie solaire.

Une ville comme New York ou Paris n'est pas autosuffisante
- la capacité de support de New York ou de Paris
--> suppose que la nourriture, l'eau, l'énergie etc. arrivent de l'extérieur
- aucune de ces villes ne serait capable de supporter un blocus
- la capacité de support de la ville-continent Europe
--> peut être très vite déterminée
--> contient sur son territoire, toutes les ressources nécessaires à son autosuffisance durable.

Calcul, fondé sur des données de la FAO, estimant la surface minimum moyenne nécessaire pour assurer à une personne toutes les ressources et toute la surface indispensables à ses activités, prenant comme référence la qualité de vie de l'Europe occidentale.
- une surface de 600 à 1000 m2 (variation due aux différents contextes climatiques) suffit pour satisfaire tous les besoins humains
- ceci correspond à une densité d'habitation de 1000 à 1500 habitants par km2
- densité dix fois plus élevée que celle de la France
- cinquante fois plus élevée que celle des États-Unis
- plus de quatre fois celle des Pays-Bas?.
I- nous sommes encore très loin de cette densité de population.

6. Ville et développement durable

La ville ancienne
- était auto-suffisante
- le restait à condition que sa population n'augmente pas
- était un modèle de développement durable, mais fragile.

La ville moderne et particulièrement les mégalopoles
- dépend d'abord d'un hinterland de plus en plus étendu
- puis de colonies de plus en plus éloignées
- ce qui signifie dépendance absolue aux transports,
- exige des entrepôts de stockage,
- un mécanisme de distribution compliqué
- elle est à l'antipode de tout développement durable

une nouvelle forme d'habitat
- réseau de villes moyennes dispersées sur le continent,
- ville-continent en pleine émergence en Europe
- pourrait correspondre à un développement durable
- remplacé par le développement homogène

le développement homogène
- développement durable poursuivi partout en même temps.
- ne peut changer complètement habitudes, mœurs, consommation.
- c'est un changement d'échelle à l'aide des techniques nouvelles
- le réseau de transport est l’agrandissement du métro urbain

changement d'échelle implique changement de structure
- le changement du réseau urbain
- le réseau couvrant un continent
- change l'aménagement du territoire
- change la stratification sociale
- change le fonctionnement de l'économie
- tout cela sans aucune mesure particulière.

ANNEXE 3 - Capitalisme social


1. Capitalisme et socialisme représentent deux organisations de l'économie
- dérivées du même système de base
- la quantification de la valeur ajoutée
- qui se réfère à la valeur comptable du travail investi dans la production de tout bien matériel.
- le «socialisme» n'est que le sous-système correcteur appliqué au «capitalisme».

On peut ainsi dire que le capitalisme le plus outré
- est socialiste sous certains de ses aspects,
- que tout socialisme est une «mutation» du capitalisme
- destinée à tenter de stabiliser le système à travers une redistribution
– estimée nécessaire pour assurer la survie de tous
- et inciter à une consommation plus large

Le “capitalisme social” est une ébauche conçue dans le but d'établir un équilibre acceptable entre capitalisme et socialisme.

2. Le capitalisme social s'appuie sur un petit nombre d'hypothèses fondamentales:

a. Tout citoyen d'un État a le droit inaliénable à un revenu garanti
- revenu qui correspond à un pourcentage déterminé du PNB/habitant
- en France, ce pourcentage peut être estimé à 20 %.
- ce revenu mensuel doit être mis à la disposition de chaque citoyen sans exception.

b. Pour financer cette dépense
- l'État a le droit de retenir une taxe
- sur chaque opération financière
- chaque paiement
- chaque dépôt.
- taxe estimée à 1,5 % de la circulation monétaire globale
- soit à 20-22 % du PNB
- représente l'unique impôt à payer par chaque citoyen
- impôt retenu à la source.

c. Toute prestation de service public
- éducation, santé, assurance vieillesse, etc.
- est fournie par des établissements privés contre paiement
- à l'exception de celle de la sécurité des personnes
- et de la justice

3. Le capitalisme social
- introduit une “subvention indirecte” pour financer les services publics
- laisse décider chaque citoyen du choix des services et des biens qu'il préfère “acheter”
- le revenu garanti est l'instrument de cette subvention indirecte
- est versé directement au compte de chaque citoyen,
- compte établi à sa naissance
- la carte d'identité relevant en même temps de ce compte.

L'avantage du système de la subvention indirecte est double
- il attribue à chaque citoyen la liberté de choisir comme il entend dépenser son revenu
- introduit la concurrence entre les établissements fournisseurs de services.
Le système de la subvention indirecte
- matérialise l'égalité des citoyens
- implique la suppression de toute allocation particulière (familiale, de chômage, etc)
- est calculé de la façon à permettre à chaque personne une existence de base
- pour les ménages, le cumul des revenus des membres permet une existence acceptable.

Le revenu garanti
- est cumulable avec les autres revenus et rémunérations perçus
- ne peut être annulé en aucun cas
- permet l'existence des “inactifs” ou des personnes productives non marchandes (ménagères etc.)
- ne réduit pas l'incitation à exercer d'autres activités productives rémunérées.

4. La taxe unique de 1,5 % sur la circulation monétaire globale est prélevée automatiquement sur chaque somme créditée sur un compte bancaire, sachant que les billets de banque sont retirés de la circulation, ainsi que les pièces de monnaie d'une valeur supérieure à 5 euros.

L'avantage de cette taxe unique sur la circulation monétaire est multiple.
- elle encourage l'investissement et la consommation de biens durables
- l'investissement, car les sommes investies ne figurent pas sur les comptes bancaires
- la consommation des biens durables car achetés plus chers mais moins souvent
- le système produit les avantages d'une inflation, sans en être une et sans dégâts

ANNEXE 4 - Proposition concernant les élections législatives


Le représentant de ces citoyens est désigné par la majorité des votes qu'il a recueilli
- soit une élection à majorité absolue (il est élu au premier tour)
- soit à majorité relative (il est élu après un second tour).
- il s'agit de la majorité des votants et non pas de la majorité des inscrits
- ceux qui sont inscrits mais ne votent pas sont dépourvus d'existence politique
- ils sont punis de n'être d'accord avec aucun des candidats présentés.

Les abstentionnistes constituent un parti d'importance nationale.
- s'abstenir de voter, c'est une opinion politique
- on ne peut imaginer un candidat abstentionniste
- le courant abstentionniste ne peut pas entrer dans le processus électoral.
- cette exclusion n'est ni juste ni inévitable.

Les institutions de la République française reconnaissent la responsabilité de tout citoyen
- pour les assises, le jurés sont désignés par tirage au sort, à partir de la liste des citoyens.
- imaginons ce système appliqué au courant des abstentionnistes
- il serait alors reconnu comme une fraction représentative exprimant son insatisfaction envers les propositions des autres partis.
Supposons
- le Mouvement des abstentionnistes se plaçant en première position du scrutin
- ce mouvement gagnant au deuxième tour des élections
- alors le 'candidat' des abstentionnistes qui serait élu en attribuant à ce mouvement des candidats désignés de la même manière que sont choisis les jurés des assises.
- ce «citoyen tiré au sort» n'est pas forcément au fait des enjeux politiques
- s’il est assez au courant pour disposer du pouvoir d'élire
- n'aurait-il pas la maturité d'esprit nécessaire pour discuter et voter une loi?

Si tout français
- est capable de juger en tant que juré
- est capable d'élire en tant qu'électeur
- est capable de faire la guerre en tant que soldat,
- il est aussi capable de se mettre au fait de la législation.

Un juré est désigné pour un unique procès
- le député élu par tirage au sort ne serait député que pour 6 mois par exemple

Qui serait porte-parole de ce mouvement des abstentionnistes?
- candidats des petits partis qui renoncent à leur présentation au deuxième tour
- représentants des associations, des groupes,
- certains citoyens qui pensent avoir quelque chose à dire

Ce système présente plusieurs avantages.
Avantage institutionnel
- il applique des procédés reconnus par la Constitution
- peut être introduit sans recours à un amendement

Avantage politique
- l'abstention devient l'expression active d'un courant qui, aujourd'hui
- exprime son insatisfaction par des votes inutiles
- vote auprès des mouvements démagogiques et extrémistes
- introduit un facteur de méfiance et de désintérêt envers la vie politique.

Cette proposition, idée lancée à l'opinion
- devrait être soigneusement discutée
- sur laquelle il y a beaucoup à réfléchir
- devance ou arrête une détérioration générale de l'image de la législation
- représente une réponse valable au reproche d'être gouverné par des sondeurs d'opinion