SOCIETAL(E): Relatif à une certaine société, à ses valeurs et à ses institutions. La finalité d'un groupe (la société humaine) au travers de son épanouissement conditionne réciproquement l'épanouissement de chacun des individus composant le groupe.
 

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Collectif " MADA ENERGIE"

 

 

Ce site est réservé à l'action qu'entreprends ACS afin d'aider Madagascar (et par la même occasion d'autres pays en développement) à "gérer" au mieux la crise de l'énergie.

Plus largement, le but du "collectif" est bien de diffuser de l'information et des techniques permettant aux communautés malgaches (et plus largement des Pays Pauvres) d'acquérir une certaine indépendance énergétique par la transformation des graines de jatropha (ou d'une autre plante) cultivé localement, en Huile Végétale Pure utilisable sans transformation onéreuse dans des moteurs dièsels produisant force et électricité, ou pour la cuisson des aliments. Il est aussi de centraliser les compétences de chacun (personnes physiques ou morales) et de créer des réseaux.

Vous pouvez participer à l'élaboration des documents lesquels seront réunis dans un ou plusieurs fascicules distribués dans les villages ( en général il s'agit du regroupement de 10 à 20 "maisons")... soit en participant aux débats sur le forum "sociétal" (section "association"), soit en m'envoyant directement sous word ou htm le résultat de vos cogitations
[ à: ajholbecq(at)alicemail.fr ]

Ce projet tient compte des informations qui m'ont été fournies par des agriculteurs locaux ou différents contacts. Néanmoins je ne suis pas agronome mais économiste et c'est d'abord sous cet angle que j'ai réfléchi à ce qui suit. J'avais d'abord pensé à proposer la culture de tournesol, qui est un bon producteur d'Huiles Végétales Pures, mais de nombreux échanges avec David Sanchez qui gère le Comité Jean Pain Madagascar à Fianarantsoa m'ont convaincu que nos efforts devaient se porter vers la production d'huile issues des graines du jatropha curcas plus adapté à la production locale. Voir le site internet http://www.jatropha.de et un autre document complet sur les "HVB" téléchargeable en "pdf" (800 ko) :

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INTRODUCTION

Tous les économistes sont d'accord.

Le "peak oil" a lieu en ce moment et compte tenu de la demande cumulée de produits pétroliers et surtout de l'augmentation prévisible de cette demande (Chine et Inde) le prix du baril ne peut que continuer à augmenter car la production ne peut plus que modérément croître. On peut tabler sur un baril augmentant au minimum de 20% chaque année jusqu'à probablement 200 USD même si se produisent des "rémissions" à certaines périodes de ralentissement de consommation.

L'énergie va être le problème numéro un.

Des pays à faible capacité d'exportation permettant d'engranger des devises nécessaires à l'achat de "l'or noir" vont particulièrement souffrir. La récession de l'économie, malheureusement prévisible alors que la population ne cesse d'augmenter pour dans 20 ans atteindre sans doute plus de 8 milliards d'habitants, rendra plus difficile aux pays en développement l'accès aux financements et crédits  internationaux pour compenser le manque de devises. Et qui voudra échanger du pétrole contre de la vanille ou des litchies? Qui peut faire, compte tenu de ce qui précède, des "plans de développement de tourisme" alors que le coût des transports va considérablement augmenter?

Au cours de mon 3° périple à Madagascar en fin août/début septembre 2005, j'ai beaucoup réfléchi à la situation que va créer pour ce pays l'augmentation forte du coût de l'énergie et suis arrivé à de nombreuses conclusions pessimistes qui ont motivé ma proposition développée dans ce document.

LES BASES DE LA RÉFLEXION

1 – Le  jatropha est une culture dont les graines pressées produisent un excellent rendement d'huile (35 à 40%) qui peut être utilisé comme carburant.  [pour utilisation dans les moteurs diesels les huiles végétales sont d'abord décantées et filtrées pour être soit utilisées pures (on modifie légèrement certains moteur au niveau du tarage des injecteurs) ou en mélange avec du gasole, soit on les traite pour en faire du diester (biodiesel qui est un ester alcoolique d'huile végétale )  qui est mélangé au gasole et vendu comme tel,  pour les utiliser dans les moteurs qui ne nécessitent donc dans ce cas aucune adaptation..]

2 – La canne à sucre peut, elle, fournir une production de bioethanol [ L'éthanol hydraté ’est la solution qu’a retenue le Brésil qui utilise beaucoup ce biocarburant ou l'éthanol anhydre en mélange 25% avec de l'essence conventionnelle ]

3 - Quelque soient les variations de change Ariary/Euro (ou dollars), ces carburant resteront produits pour des prix qui ne varieront que peu. Les cultivateurs ne manqueront évidemment pas de débouchés, outre le confort énergétique dont ils pourront disposer eux mêmes et leur village. Mieux: leur production  prendra de la valeur avec le temps, et les tourteaux résiduels sont également utisables en guise d'engrais ou de combustible.

4 – Il m'a été plusieurs fois confirmé qu'un agriculteur (ou une association / coopérative agricole) pouvait exploiter les zones non revendiquées et non cultivées antérieurement… or, il existe de très nombreux terrains peu productifs autour de chaque village lesquels seraient tout à fait adaptés à la culture du jatropha. 1, 2 ou 3 hectares cultivés localement permettraient à chaque village  de bénéficier d'une énergie dont les coûts finaux ne devraient pas dépasser 400 à 500 Ar le litre.

Nous avons donc créé le "Collectif Mada-Energie "

 


ANNEXES

  1 - David Sanchez, de l'institut Jean Pain de Madagascar, m'écrit:

  "Je milite vraiment pour un projet local qui permettrait aux paysans d’avoir un débouché de plus (même s’il ne sera jamais très conséquent) et surtout pour une utilisation LOCALE du carburant. Je rêve de petites surfaces à proximité de villages enclavés avec de petites unités de production d’huile leur permettant de faire tourner des machines de transformation de leurs produits (décorticage du riz par exemple) et même d’avoir l’électricité !   Mais il ne faut pas mentir aux paysans, ce ne sera jamais une culture majeure qui rapporte aussi bien que le girofle, la vanille ou même le riz." [C'est le seul point où je ne suis pas d'accord avec David Sanchez, compte tenu de l'augmentation prévisible du prix du pétrole brut et donc du gasole (je pari sur au moins 3000 Ar à la fin 2006), du fait que l'exploitation d'un hectare de jatropha nécessite moins de 300 h de travail et du rendement qu'on peut estimer dans les cas les plus mauvais à 600 litres par an. Si la valorisation de cette huile est simplement de 60% du prix du gasole, elle est donc à ce jour de pratiquement 1000 Ar le litre, soit 600 000 Ar (150 euros) pour ces 600 litres … mais combien sera t-elle dans 2 ans!]

  En résumé,

Il semble possible d’installer le Jatropha même sur des terrains de mauvaise qualité. Les rendements seront évidemment plus faibles, mais quelle importance si la surface de terrain n'est pas limitée et ne doit pas être achetée, mais seulement exploitée.   La mise en place est vraiment assez simple (par rapport à d’autres cultures) :

1. récolter des graines (semences)

2. Fauchage de l’herbe sur terrain prévu (indispensable pour contrôler les feux)

3. Trouaison à 30 x 30 x 40 cm soit 2500 à 4000 / Ha

4. Attendre que la saison des pluies soit installée (novembre - décembre)

5. semis direct : 2 graines par trou avec quelques grammes de NPK (permet d’apporter une énergie de départ pour que les cycles se mettent en place.)

6. paillage avec les déchets de fauche

7. remplacement des manquants

8. démariage (suppression du plant le plus faible par trou)

9. attendre que cela pousse

10. fauchage si nécessaire avec application systématique des déchets autour des arbustes (c’est la seule nourriture dispo pour la culture !!)

11. Première petite récolte en avril (16 mois après semis)  

Pour l'implantation, on peut estimer moins de 600 000 Ariary (150 euros) par Ha  (hors supervision), mais ensuite un coût d'exploitation correspondant à environ 2 mois de travail, soit environ 400 000 Ar par an/ha (100 euros).  

Le semis sera direct car les essais de germination montrent que c’est très facile. La pépinière en pots plastiques revient beaucoup trop cher. De plus, les graines ne coûtent pas cher et même si on rate un semis, il est toujours possible de recommencer quelques semaines après.  

Il est envisageable de planter d’autres espèces enrichissantes aux interlignes (flemingia, siratro, etc) qui seront nécessaires à ce qu’un cercle vertueux de fertilité s’installe (le bilan fertilité doit impérativement s’améliorer pour espérer des récoltes satisfaisantes sur les terrains envisagés).  

La cueillette est toujours manuelle mais assez facile. Les fruits peuvent tomber par terre en secouant légèrement l'arbuste.   On peut estimer 10 à 20 kg de graines cueillies / transportées / décortiquées par Homme/Jour. Si on a 1000 kg par Ha, c¹est donc entre 50 et 100 Hommes/Jour. C'est un travail peu physique. On peut compter comme cela : si la valeur d'un kg est 100 Ar (j'espère plus pour les paysans), 10 kg, c'est 1000 ariary qui représente le salaire d'un ouvrier agricole en brousse actuellement. Mais je suis sûr que beaucoup pourrait récolter plus de 20 kg par jour.

Il faut 5 kg de graines séchées pour faire un litre d' huile avec des presses simples.   L'implantation initiale ne nécessite pas de mécanisation. Pour ces 2500 à 4000 trous de plantation par ha de 30 x 30 x 40 (indispensable car le sol de telles terres est induré, compacté, latérisé. Sans cette trouaison, la graine germerait mais les jeunes racines n¹arriveraient pas à s¹implanter correctement)  Mais c'est le seul travail du sol nécessaire, on ne laboure pas (contrairement au tournesol). Pour le travail que cela demande, tout dépend de la dureté du sol. Mais on peut imaginer que 50 trous par jour et par ouvrier est un score honorable. 4000 trous = 80 H/J mais c'est aussi une densité que je préconise moi parce que je sais que dans de mauvaises terres les arbres seront plus petits. Normalement, c'est 2000 / Ha. Cela devra faire l'objet d¹une confirmation...  

Si on fait 2000 / 3000 kg de graines à partir de la 4 ème année, soit 400 à 600 litres d'huile par an, le chiffre d'affaire (pour un prix de 2000 ar le litre) à 400 l / an => 800 000 ariary , 600 l  => 1 200 000 ariary qui représente plus que CA moyen d'un Ha de riz à Mada....  

Certaines études parlent même de 1800 litres d'huile par hectare... (avec une production de 1 kg de graines par mètre linéaire de haie et par récolte) sur la base de 20 l par 100 kg de graines.


 

2 - Un article paru dans la presse malagasy le 12/09/05.  

Investissement - La culture de jatropha démarre

Plante sauvage, la jatropha pousse n¹importe où et croît sans aucun entretien.   Développement de la filière jatropha. Une société anglaise D1, qui se spécialise dans la production de biodiesel, est décidée à s'installer à Madagascar pour exploiter du jatropha. Dans ses activités, elle travaille avec le Bamex, les producteurs et opérateurs locaux. La D1 achètera les produits de jatropha sous forme de graines ou d' huile. Elle les transformera ensuite en biodiesel par l'installation d'une raffinerie sur place.  La société vise une production de 24 000 tonnes de graines ou 8 000 tonnes  d'huile Pure en trois ans, sur une surface de 5 000 ha par région de  production. Pour réaliser cet objectif, D1 appuyera les producteurs dans l'exploitation  des plantations, par exemple en distribuant des semences, en les aidant à créer des pépinières, en assurant l'encadrement technique. Un contrat de 10  ans est établi pour garantir l'achat des produits . Des opérateurs et associations de producteurs des régions Alaotra-Mangoro et Vakinankaratra ont manifesté leur intérêt pour la culture du jatropha cette année. Dans cette optique, la société D1 a signé un contrat avec ces derniers pour l'exploitation de terrains de 330 et de 500 ha, appartenant respectivement à la coopérative Koloharena d'Ambatondrazaka et aux opérateurs  Vakinankaratra. Sept tonnes de semences sont disponibles pour cette campagne 2005.  Sally Ross, directeur de la société D1 dans la Grande île, a souligné, au cours d'un atelier pour le lancement du projet, que la société investira aussi dans la région de Boeny, notamment à Mahajanga. Un choix qui repose sur les atouts de cette province: la présence d'infrastructures et d'équipements pour  transformation des graines de jatropha en huile . Nirina Zafimaharo

  Note: - Le biodiesel est le nom utilisé en Europe et en Amérique du Nord pour désigner des esters alcooliques d'huiles végétales. En France, on utilise le terme déposé diester®. Le biodiesel reste un produit industriel, alors que les huiles végétales Pures peuvent, après simple filtrage, être directement injectées dans un moteur diesel (peu sensible au carburant utilisé).